SINEAD O'CONNOR - Pope incident, Saturday Night Live & Bob Dylan concert
Une reprise a capella de "War" de Bob Marley, dans l'émission de télévision Saturday Night Live, le 3 octobre 1992, devant 50 millions d'Américains.
Sinéad déchire la photo du Pape Jean-Paul II et modifie les paroles de la chanson pour faire référence aux abus sexuels sur les enfants, dont elle-même fut victime.
«Je suis intelligente et parfaitement saine d'esprit, et c'est cela qui leur fout la trouille. Je n'ai jamais ressemblé à ce que l'on attendait de moi. Je n'ai jamais fait ce que l'on attendait de moi. Je n'ai jamais montré ma peur, et c'est une chose qui les effraie. Cela ne concerne pas seulement Sinéad O'Connor. Cela concerne toutes les femmes, et pourquoi les femmes sont considérées comme insolentes...»
(Sinéad O'Connor)
"Ne pas considérer le féminin comme divin: c'est ce qui tue le monde.
La compassion, les larmes, l'émotion, la passion, la colère, la Grâce Divine. Il y a trop d'agression parce que les hommes croient que c'est stupide d'agir avec douceur."
(Sinéad O'Connor, "Mother Bernadette Mary", Lettre au Pape)
--> suite : L'ordination de Sinéad O'Connor, devenue Mère Bernadette Marie
Plus récemment:
"En fait, j’ai grandi dans un pays qui a une expérience du catholicisme très différente de n’importe quel autre pays. On peut dire que c’était véritablement une dictature théocratique d’une nature assez ‘perverse’… Il y avait pratiquement des pointes de nazisme dans tout cela. Donc, mon expérience en tant que petite fille issue de ce catholicisme irlandais autoritaire m’a poussée, depuis mon plus jeune âge, à vouloir sauver Dieu de la religion. Ça me bouleversait réellement de réaliser la contradiction de cette religion qui, d’un côté, te dit que Dieu est comme un oiseau, qu’il est un esprit libre, et qui, d’un autre côté, enferme cet esprit dans un enseignement aussi rigide, et va jusqu’à enfermer ‘son corps’ (l’hostie) dans une armoire (tabernacle) bouclée à double tour. Tout cela peut être très déroutant pour un enfant. Et donc, il m’a paru très vite évident qu’il fallait libérer Dieu de tout cela. Par ailleurs, j’avais une conscience politique assez développée pour mon âge car mes parents travaillaient beaucoup et donc je regardais énormément la télévision ; les infos, les émissions géopolitiques, etc… Et je me souviens avoir été vraiment choquée de voir toutes les horreurs et les injustices qui se passaient dans le monde; la ségrégation raciale aux Etats-Unis, la misère et l’oppression en Afrique, les attentats et la ‘guerre religieuse’ qui se passait dans mon propre pays, etc… Je m’intéressais particulièrement aux mouvements des droits civils aux USA et j’étais extrêmement inspirée par Mohammed Ali, car, encore une fois, en tant qu’enfant catholique et sexuellement abusée, j’avais tendance à avoir une très basse opinion de moi-même. Donc, quand je voyais Mohammed Ali danser et se sentir si bien malgré la situation merdique dans son pays, ça a été une sorte de révélation pour moi. A partir de là, je me suis encore plus intéressée aux mouvements des droits civils aux USA et en Afrique du Sud, et j’ai remarqué qu’à chaque fois que ces gens protestaient ou manifestaient, ils se mettaient toujours à chanter. C’était souvent des chants religieux qui exprimaient leur intime conviction que Dieu était de leur côté et qu’ils finiraient par vaincre. Donc, depuis toute jeune, j’ai réalisé que dans un sens, chanter était une façon de sauver Dieu de la religion… Car au fond, le plus terrible c’est que les gens qui oppressaient ces peuples étaient ceux qui se disaient être de bons religieux !"
(--> suite)


