DARCEY BUSSELL - GUSTAV MAHLER





"The Farewell" of Kenneth Macmillan's "Song of the Earth",
taken from Darcey Bussell's farewell performance
at the Royal Opera House Covent Garden on 8 June 2007




La ballerine Darcey Bussell,
dans Le Chant de la Terre de Gustav Mahler
(Das Lied von der Erde), "L'Adieu".




C'est avec ce spectacle que Darcey Bussell
fit ses adieux à la scène le 8 juin 2007
au Royal Opera House de Londres (Covent Garden).



6. DER ABSCHIED

Die Sonne scheidet hinter dem Gebirge.
In alle Täler steigt der Abend nieder
Mit seinen Schatten, die voll Kühlung sind.
O sieh! Wie eine Silberbarke schwebt
Der Mond am blauen Himmelssee herauf.
Ich spüre eines feinen Windes Wehn
Hinter den dunklen Fichten!
Der Bach singt voller Wohllaut durch das Dunkel.
Die Blumen blassen im Dämmerschein.
Die Erde atmet voll von Ruhʼ und Schlaf.
Alle Sehnsucht will nun träumen,
Die müden Menschen gehn heimwärts,
Um im Schlaf vergessnes Glück
Und Jugend neu zu lernen!
Die Vögel hocken still in ihren Zweigen.
Die Welt schläft ein...
Es wehet kühl im Schatten meiner Fichten.
Ich stehe hier und harre eines Freundes;
Ich harre sein zum letzten Lebewohl.
Ich sehne mich, o Freund, an deiner Seite
Die Schönheit dieses Abends zu genießen.
Wo bleibst du? Du läßt mich lang allein!
Ich wandle auf und nieder mit meiner Laute
Auf Wegen, die von weichem Grase schwellen.
O Schönheit! O ewigen Liebens, Lebens trunkʼne Welt!
(nach Wang-Sei)
Er stieg vom Pferd und reichte ihm den Trunk des Abschieds dar.
Er fragte ihn, wohin er führe
Und auch warum es müßte sein.
Er sprach, seine Stimme war umflort :
Du, mein Freund,
Mir war auf dieser Welt das Glück nicht hold!
Wohin ich geh? Ich geh, ich wandre in die Berge.
Ich suche Ruhe für mein einsam Herz!
Ich wandle nach der Heimat, meiner Stätte.
Ich werde niemals in die Ferne schweifen.
Still ist mein Herz und harret seiner Stunde!
Die liebe Erde allüberall
Blüht auf im Lenz und grünt aufs neu!
Allüberall und ewig blauen licht die Fernen!
Ewig... ewig...

6. LʼADIEU

Le soleil disparaît derrière les montagnes.
Sur toutes les vallées tombe le soir,
Avec ses ombres pleines de fraîcheur.
O vois! Comme une barque dʼargent flotte
La lune sur la mer bleue du ciel.
Je sens une tendre brise souffler
Derrière les pins sombres!
Le ruisseau chante à voix plus haute dans lʼombre,
Les fleurs pâlissent dans la lueur du crépuscule.
La terre respire pleinement de repos et de sommeil.
Tous les désirs vont maintenant rêver,
Les gens fatigués rentrent chez eux,
Pour apprendre dans le sommeil un bonheur oublié
Et la jeunesse, à nouveau!
Les oiseaux sont blottis, silencieux, sur leurs branches.
Le monde sʼendort...
Il souffle une brise fraîche à lʼombre de mes pins.
Je suis là et jʼattends un ami;
Je lʼattends pour un dernier adieu.
Jʼai tant envie, ami, à tes côtés
De jouir de la beauté de ce soir.
Où es-tu? Tu mʼas laissé seul si longtemps!
Jʼerre ici et là, avec mon luth,
Sur des sentiers riches dʼune herbe douce.
O beauté! O monde à jamais ivre dʼamour et de vie!
(dʼaprès Wang-Sei)
Il descendit de cheval et lui tendit le breuvage de lʼadieu.
Il lui demanda où il irait
Et aussi pourquoi cela devait être.
Il parla, sa voix était voilée :
Toi, mon ami,
Sur cette terre, le bonheur ne mʼa pas été donné!
Où je vais ? Je vais, jʼerre dans les montagnes.
Je cherche le repos pour mon coeur solitaire.
Je vais vers mon pays, mon refuge.
Jamais je nʼerrerai plus au loin.
Calme est mon coeur et il attend son heure.
Partout, la terre bien-aimée
Fleurit au printemps et verdit à nouveau!
Partout et éternellement, les lointains bleuissent de lumière!
Eternellement... éternellement...