PENSER LE MAL - RENE GIRARD - ALAIN FINKIELKRAUT - JEAN-PIERRE DUPUY

René Girard et Jean-Pierre Dupuy : Penser le mal

Emission Répliques (France Culture), avec Alain Finkielkraut 23-11-2002

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"L'amour-propre, le mal, c'est lorsque les passions, détournées de leur objet par l'obstacle, s'occupent plus de l'obstacle pour l'écarter, que de l'objet pour l'atteindre."

Jean-Pierre Dupuy : "Je ne connais pas de meilleure définition du mal".

René Girard : "Les projets qu'on peut accomplir n'existent pas. Seul l'obstacle compte".

Alain Finkielkraut :

"Tous deux professeurs, René Girard et Jean-Pierre Dupuy, ont ceci de commun qu'ils prennent les comédies, les tragédies, et les romans, au sérieux.
Autrement dit, ils ne regardent pas les oeuvres artistiques de haut. Ils n'en savent pas plus que la littérature.
Celle-ci n'est pas une distraction, un supplément d'âme..."

Le livre essentiel de René Girard, "Mensonge romantique et vérité romanesque" :

Jean-Pierre Dupuy :







René Girard

amazon.fr, Latour07 :

René Girard, cet immense théoricien du désir mimétique (cf. commentaires sur "Mensonge romantique et vérité romanesque", "Le Bouc émissaire") développe plus avant l'analyse du mal et nous en révèle sa nature mimétique.

Si le mimétisme du désir humain "est le grand responsable des violences qui nous accablent", il est cependant "intrinsèquement bon" ; car "sans désir mimétique il n'y aurait ni liberté ni humanité". C'est ce désir qui nous distingue des animaux, qui une fois le leur assouvi, n'en change pas. "Pour désirer vraiment, nous devons recourir aux hommes qui nous entourent, nous devons leur emprunter leurs désirs".

René Girard s'attache ensuite à démontrer pourquoi et comment le "mimétisme qui divise et fragmente les communautés se transforme soudain en un mimétisme qui les rassemble et les réunifie contre une victime unique." Les désirs des hommes sont mutuellement exaspérés par l'obstacle vivant, le scandale, que chaque homme est l'un pour l'autre. Il existe un mimétisme du scandale allant du plus faible au plus puissant, mesuré par "le nombre et le prestige de ceux qu'ils réussissent à scandaliser." C'est pourquoi, "la victime d'un emballement mimétique est choisie par le mimétisme lui-même, elle est substituée à toutes les autres victimes que la foule aurait pu choisir".

René Girard plonge au coeur des Evangiles pour y dénoncer le cycle mimétique et le mécanisme victimaire. "Le diable est forcément mensonger car, si les persécuteurs appréhendaient la vérité, à savoir l'innocence de leur victime, ils ne pourraient se soulager de leur violence à leurs dépens."