REALISME

Tolkien assigne trois buts à la fantasy : le rétablissement, l'évasion, la consolation, trois choses dont les adultes ont plus besoin que les enfants. Pour que cela opère, il faut que le lecteur puisse faire preuve de créance secondaire

Bertrand Bonello à Laurent Lucas : Toute la difficulté repose sur quel principe de réalité adopter ? Trop près, on devient malin. Trop loin, on devient théâtral et théorique. (Myopie, presbytie... toujours, la même question, le même problème...)

Michel Ciment : Les grands cinéastes de l'imaginaire ont tout le temps été attaqués. Un cinéma de l'imaginaire où on nous demande de pénétrer dans la tête de quelqu'un. Or chacun a des rêves différents

Anne-Cécile Vandalem : On s'obstine à vouloir gagner, alors que dans la réalité, la plupart du temps, on perd. Pour moi, regarder la perte en face et la sublimer, c'est se redonner de la puissance

Michel Ciment : Le goût de l'imaginaire et du fantastique. La grande rupture entre Freud et Jung se joue là-dessus. David Cronenberg l'a remarquablement montré dans A DANGEROUS METHOD

Michel Ciment : J'en avais discuté avec Cronenberg. Chez les cinéastes d'origine juive (comme Kubrick, Polanski, ou lui), c'est la rationalité qui l'emporte. Alors que les cinéastes de formation chrétienne, c'est jungien, et l'imaginaire l'emporte