PROPOS DE CINEASTES

Christophe Honoré : Ne plus vouloir entendre parler du théâtre n'est pas si éloigné de ne plus vouloir entendre parler du vivant. L'idée que le théâtre pue, comme le vivant sent mauvais, est de plus en plus commune dans le milieu cinématographique

John Cassavetes : Tous les acteurs de valeur sont lunatiques, impossibles à vivre. Il est bien qu'il en soit ainsi. Pour jouer vous voulez quelqu'un qui soit en colère. Ce qu'il faut, c'est une compréhension des problèmes humains

Satyajit Ray : L'idée au coeur de tous les arts : j'ai voyagé à travers le monde entier, vu des montagnes et des mers, tout. La seule chose que j'ai manquée, c'est d'avoir franchi le pas de ma porte pour voir une goutte de rosée sur une feuille d'herbe

Robert Bresson : On m'accuse maintenant de traîner à la fin d'une scène parce que dans les films actuels, dès que le dialogue s'arrête, ou il faut de la musique ou il faut passer à un autre dialogue. On considère, sinon, qu'il y a un trou !

Lars von Trier : Si les choses existent dans l'esprit des gens comme dans la réalité, elles doivent être montrées. C'est une obligation

Philippe Garrel : Le cinéma idéal ça serait des couples qui tournent pour le bonheur de tourner, c'est tout; le montrer, c'est malgré tout. Ou alors le montrer à son amour pour qui on a fait le film, ou à son meilleur ami

Werner Herzog : Au cinéma, il y a plusieurs niveaux de vérité et le soi-disant cinéma-vérité représente la vérité la plus primaire et la plus ennuyeuse. Aguirre, ce qui m'intriguait, me fascinait, c'était cette fièvre qui possédait gens et paysages

Proust / Bresson / Dostoïevski : les cent masques qu'il convient d'attacher à un même visage ; faire varier aussi la lumière du ciel moral selon les différences de pression de notre sensibilité ; des courants et des contre-courants

John Cassavetes : moi-même, je suis à moitié fou. Et je pense que tout le monde est au bord de la folie mais ne veut pas l'admettre et prétend que c'est l'autre qui a tort

Martin Scorsese annonce trois projets de films, "si tout va bien"

Terrence Malick à l'American Film Institute : Aujourd'hui, je ne serais sans doute pas accepté, mais à l'époque ce n'était pas connu et ils prenaient presque n'importe qui. Pendant que j'étais à l'Institut, j'ai écrit et surtout réécrit des scripts

Robert Bresson : l'imagination de nos yeux est moins vaste, moins variée, moins profonde que l'imagination de nos oreilles ; j'apprivoise plutôt l'image au son que le son à l'image

Michel Ciment : Maurice Pialat disait qu'il apprenait beaucoup plus de choses des gens qui disaient du mal de lui que de ceux qui en disaient du bien

Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle

Laetitia Masson : comme en amour, on choisit un acteur par l'extérieur. Impossible, le temps d'un casting, d'aller en profondeur. On succombe à un inconnu, au mystère de ce détail qui nous retient, on construit autour de cette pierre angulaire

Natalie Portman / Xavier Dolan / The Death and Life Of John F. Donovan

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