PROPOS DE CINEASTES

Bertrand Bonello à Laurent Lucas : Toute la difficulté repose sur quel principe de réalité adopter ? Trop près, on devient malin. Trop loin, on devient théâtral et théorique. (Myopie, presbytie... toujours, la même question, le même problème...)

Anna Karina : Chaque acteur devrait réaliser un court-métrage, et tous les réalisateurs devraient interpréter un rôle comme acteur, pour comprendre que c'est pas toujours aussi facile que ça

Wim Wenders : Paris, Texas. Peu à peu l'endroit même a introduit l'idée de ce décalage. C'était magique, on avait besoin d'un endroit et cet endroit nous donne une justification pour notre histoire

Jacques Doillon : Une des grandes réussites de Cassavetes, dans Une femme sous influence, c'était comment ça durait insupportablement entre sa femme, lui rentrant, les enfants. Quand on veut réduire la scène de ménage ça ne marche pas

Olivier Assayas : A l'écart des tristes excès du cinéma subventionné post-post-auteuriste, le film publicitaire a profité le premier d'une conviction porteuse dans le renouveau de la recherche en matière visuelle

Roman Polanski : Je ne veux pas que le spectateur pense ceci ou cela : je veux simplement qu’il ne soit sûr de rien. C’est cela le plus intéressant : l'incertitude

Andy Warhol : Je préférerais rester un mystère, je n'aime jamais livrer mon « background » et, de toute façon, je l'invente différemment chaque fois que l'on m’interroge

Jim Jarmusch : les personnages arrivent au point d'éprouver une certaine émotion les uns envers les autres, mais quand ils parviennent à ce point-là, ils se séparent toujours

Abd al Malik : Pour moi, il y a Kubrick d'un côté et Terrence Malick de l'autre. Terrence Malick va magnifier la lumière même dans les moments difficiles. Alors que Kubrick, même dans les moments détendus, va magnifier l'obscurité

Bernard Zitzermann, directeur de la photographie : Le Mépris c'était Matisse au cinéma. Coutard avec Godard ont inventé quelque chose qui n'a, hélas, pas fait école. J'aime les tons chauds que je préfère à la vogue actuelle du bleu HMI

Patty Jenkins, Twitter, James Cameron, Wonder Woman, Gal Gadot : Women can and should be EVERYTHING. If women always have to be hard, tough, troubled to be strong, and we aren’t free to be multidimensional, celebrate an icon, attractive and loving, then we haven’t come very far

Eisenstein : On dira : "le spectateur n'y fait pas attention", "le spectateur ne remarque pas", "le spectateur ne crie pas". Parfaitement exact

John Cassavetes : Si nous avions fait Shadows à Hollywood, nos comédiens n’auraient pas eu la moindre chance de révéler leur immense talent

Song to Song | Terrence Malick

Natalie Portman / Xavier Dolan / The Death and Life Of John F. Donovan

Jeanne Moreau : Moi, j'aime bien le verbe "être habité", on n'emploie plus des expressions comme ça. Etre habité par une émotion, par une pensée

Eric Rohmer : J'ai toujours fait des films pour qu'ils prennent tout leur intérêt lorsqu'on y repense, pas seulement pour l'impression immédiate. Il faut que j'aie pu en rêver

Michelangelo Antonioni / Maria Schneider / Jack Nicholson

Jean-Louis Comolli : le début d'un film, c'est une sorte de moment de grâce, où le spectateur est disponible à toute une série de coups de force, d'actes d'écriture apparemment arbitraires, dont il aura après la possibilité de comprendre la nécessité

Godard : Je dois représenter encore la possibilité de dire : on peut encore faire le film qu'on veut en dehors des sentiers habituels. Ce qui est difficile, ce n'est pas de trouver de l'argent, c'est de faire le film qu'on doit faire, à sa manière

Tarkovski : Pour le montage, mon principe est le suivant : le film est comme un fleuve : le montage doit être infiniment spontané, comme la nature même

Sight&Sound : SIGNS AND WONDERS / the late works of Terrence Malick | 'Knight of Cups' improves on repeated viewings, which allow for a better acquaintance with the emotional dilemmas of its characters

Peter Greenaway : J'allais voir des films commerciaux comme tout le monde. Un jour un ami m'emmena voir Le Septième Sceau de Bergman. C'est alors que je me suis rendu compte des possibilités du cinéma

Terrence Malick : Kit pense qu'il est un personnage d'un poids historique. Mais la fille, sa meilleure historienne, vit une autre vie, si bien que son histoire coule à pic, sans laisser de traces

Jane Campion : Explorer plusieurs niveaux. Il suffit de le vouloir, comme David Lynch. C'est une chose courante en littérature  et je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas au cinéma

Maurice Pialat : Ma déception vient surtout de là. Je fais trop confiance au public et je place la barre trop haut. En fait, les gens aiment ce qui est facile. Et qu'on le veuille ou non, le cinéma a besoin de succès

Alan Schneider, à propos des critiques : A mesure que l'on monte les nouvelles pièces, les anciennes s'améliorent (à leurs yeux) tandis que la pièce en cours est détestable

David Fincher : A l’inverse de la télévision, le cinéma a perdu de sa richesse. Quand vous allez au cinéma, vous allez au spectacle, et quand vous regardez une série, vous allez à la bibliothèque

Christophe Honoré : Ne plus vouloir entendre parler du théâtre n'est pas si éloigné de ne plus vouloir entendre parler du vivant. L'idée que le théâtre pue, comme le vivant sent mauvais, est de plus en plus commune dans le milieu cinématographique

John Cassavetes : Tous les acteurs de valeur sont lunatiques, impossibles à vivre. Il est bien qu'il en soit ainsi. Pour jouer vous voulez quelqu'un qui soit en colère. Ce qu'il faut, c'est une compréhension des problèmes humains

Satyajit Ray : L'idée au coeur de tous les arts : j'ai voyagé à travers le monde entier, vu des montagnes et des mers, tout. La seule chose que j'ai manquée, c'est d'avoir franchi le pas de ma porte pour voir une goutte de rosée sur une feuille d'herbe

Robert Bresson : On m'accuse maintenant de traîner à la fin d'une scène parce que dans les films actuels, dès que le dialogue s'arrête, ou il faut de la musique ou il faut passer à un autre dialogue. On considère, sinon, qu'il y a un trou !

Lars von Trier : Si les choses existent dans l'esprit des gens comme dans la réalité, elles doivent être montrées. C'est une obligation

Philippe Garrel : Le cinéma idéal ça serait des couples qui tournent pour le bonheur de tourner, c'est tout; le montrer, c'est malgré tout. Ou alors le montrer à son amour pour qui on a fait le film, ou à son meilleur ami

Werner Herzog : Au cinéma, il y a plusieurs niveaux de vérité et le soi-disant cinéma-vérité représente la vérité la plus primaire et la plus ennuyeuse. Aguirre, ce qui m'intriguait, me fascinait, c'était cette fièvre qui possédait gens et paysages

Proust / Bresson / Dostoïevski : les cent masques qu'il convient d'attacher à un même visage ; faire varier aussi la lumière du ciel moral selon les différences de pression de notre sensibilité ; des courants et des contre-courants

John Cassavetes : moi-même, je suis à moitié fou. Et je pense que tout le monde est au bord de la folie mais ne veut pas l'admettre et prétend que c'est l'autre qui a tort

Martin Scorsese annonce trois projets de films, "si tout va bien"

Terrence Malick à l'American Film Institute : Aujourd'hui, je ne serais sans doute pas accepté, mais à l'époque ce n'était pas connu et ils prenaient presque n'importe qui. Pendant que j'étais à l'Institut, j'ai écrit et surtout réécrit des scripts

Robert Bresson : l'imagination de nos yeux est moins vaste, moins variée, moins profonde que l'imagination de nos oreilles ; j'apprivoise plutôt l'image au son que le son à l'image

Michel Ciment : Maurice Pialat disait qu'il apprenait beaucoup plus de choses des gens qui disaient du mal de lui que de ceux qui en disaient du bien

Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle

Laetitia Masson : comme en amour, on choisit un acteur par l'extérieur. Impossible, le temps d'un casting, d'aller en profondeur. On succombe à un inconnu, au mystère de ce détail qui nous retient, on construit autour de cette pierre angulaire

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