"...Une chose qui nous frappe d’entrée devant un film de Bresson, c’est l’intemporalité du jeu des comédiens. Car de fait, c’est vers la disparition de ce jeu que tend le cinéma de Bresson.
Si l’on peut être choqué, gêné par la diction des modèles, c’est à la singularité de la vision du cinéaste qu’on le doit et non au fait que le jeu des acteurs soit démodé. Ainsi ses films sont aussi "dérangeants" maintenant qu’ils l'étaient à leur sortie, aussi actuels. Le temps n’a pas prise sur son œuvre et c’est l'un des premiers miracles auquel est parvenu le cinéaste.
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« Ce qui me frappe dans tous les films c’est la fausseté. Je sais que le public aime ce qui est faux. Mais quand on lui donne la vérité, il est stupéfait devant elle. » (Bresson)
« Les films se démodent avec une rapidité terrible, et ils se démodent presque toujours par le jeu. Et la solution n’est pas d’aplanir la voix ou de supprimer tous les gestes, ce qui est encore pire. » (Bresson)
« Il faut faire des exercices où il apprend (le modèle) d’abord à ne pas se connaître, ce qui est très difficile s’il se connaît déjà, et il faut que l’interprète soit absolument ignorant de lui-même. » (Bresson)
« Quand je me trouve devant un interprète, plus sa puissance d’expression augmente, plus la mienne diminue. Or ce qui m’importe, c’est de m’exprimer, et non pas ce qu’il exprime. Pour moi, l’acteur idéal de cinéma, c’est la personne qui n’exprime rien. Il faut découvrir dans la vie de la personne, non pas le visage ou les cheveux blonds que vous cherchez, mais la ressemblance morale de la personne, et la faire travailler mécaniquement afin qu’elle arrive, sans s’en rendre compte, à ne pas parler ou à parler plus, par exemple. » (Bresson)
« Tout ce qui est dans la personne que j’ai choisie, doit se révéler absolument sans que nous nous en doutions ni lui, ni moi. » (Bresson)
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Dès sa première expérience avec des acteurs (ou plutôt des actrices, c’était pour Les Anges du péché), Bresson reçoit un choc devant ce qu’ils lui proposent :
« dès la première seconde les actrices n’étaient plus des personnes, et il ne restait rien de ce que j’avais imaginé. »
Dès lors, plus jamais il ne tournera avec des comédiens professionnels.
Désormais il cherche des modèles, à partir d’une voix, d’une expression, des modèles qui portent déjà en eux des bribes du personnage.
Au tournage, il va ensuite mécaniser le jeu de ses modèles, les faire répéter inlassablement les mêmes phrases, les mêmes gestes jusqu’à ce qu’ils oublient qu’ils jouent, qu’ils perdent des automatismes de jeu qu’ils ont en eux malgré leur statut de non professionnels. C’est alors que Bresson capte la vérité profonde des personnages, innervée par ce que le modèle a de vrai en lui.
Le cinématographe est pour Bresson un moyen unique d’investigation psychologique."
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Pickpocket / Le Procès de Jeanne d'Arc / L'Argent - Robert Bresson - Test DVD Z2 - Dvdclassik




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