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ROBERT BRESSON : dès la première seconde les actrices n’étaient plus des personnes, et il ne restait rien de ce que j’avais imaginé

(Cf Robert Bresson et ses modèles non professionnels.)

"...Une chose qui nous frappe d’entrée devant un film de Bresson, c’est l’intemporalité du jeu des comédiens. Car de fait, c’est vers la disparition de ce jeu que tend le cinéma de Bresson.

Si l’on peut être choqué, gêné par la diction des modèles, c’est à la singularité de la vision du cinéaste qu’on le doit et non au fait que le jeu des acteurs soit démodé. Ainsi ses films sont aussi "dérangeants" maintenant qu’ils l'étaient à leur sortie, aussi actuels. Le temps n’a pas prise sur son œuvre et c’est l'un des premiers miracles auquel est parvenu le cinéaste.

...

« Ce qui me frappe dans tous les films c’est la fausseté. Je sais que le public aime ce qui est faux. Mais quand on lui donne la vérité, il est stupéfait devant elle. » (Bresson)

« Les films se démodent avec une rapidité terrible, et ils se démodent presque toujours par le jeu. Et la solution n’est pas d’aplanir la voix ou de supprimer tous les gestes, ce qui est encore pire. » (Bresson)

« Il faut faire des exercices où il apprend (le modèle) d’abord à ne pas se connaître, ce qui est très difficile s’il se connaît déjà, et il faut que l’interprète soit absolument ignorant de lui-même. » (Bresson)

PHOTO MARIKA GREEN - ROBERT BRESSON PICKPOCKET« Quand je me trouve devant un interprète, plus sa puissance d’expression augmente, plus la mienne diminue. Or ce qui m’importe, c’est de m’exprimer, et non pas ce qu’il exprime. Pour moi, l’acteur idéal de cinéma, c’est la personne qui n’exprime rien. Il faut découvrir dans la vie de la personne, non pas le visage ou les cheveux blonds que vous cherchez, mais la ressemblance morale de la personne, et la faire travailler mécaniquement afin qu’elle arrive, sans s’en rendre compte, à ne pas parler ou à parler plus, par exemple. » (Bresson)

« Tout ce qui est dans la personne que j’ai choisie, doit se révéler absolument sans que nous nous en doutions ni lui, ni moi. » (Bresson)

...

Dès sa première expérience avec des acteurs (ou plutôt des actrices, c’était pour Les Anges du péché), Bresson reçoit un choc devant ce qu’ils lui proposent :

« dès la première seconde les actrices n’étaient plus des personnes, et il ne restait rien de ce que j’avais imaginé. »

Dès lors, plus jamais il ne tournera avec des comédiens professionnels.

Désormais il cherche des modèles, à partir d’une voix, d’une expression, des modèles qui portent déjà en eux des bribes du personnage.

Au tournage, il va ensuite mécaniser le jeu de ses modèles, les faire répéter inlassablement les mêmes phrases, les mêmes gestes jusqu’à ce qu’ils oublient qu’ils jouent, qu’ils perdent des automatismes de jeu qu’ils ont en eux malgré leur statut de non professionnels. C’est alors que Bresson capte la vérité profonde des personnages, innervée par ce que le modèle a de vrai en lui.

Le cinématographe est pour Bresson un moyen unique d’investigation psychologique."

Lire l'article complet sur DVD Classik:

Pickpocket / Le Procès de Jeanne d'Arc / L'Argent - Robert Bresson - Test DVD Z2 - Dvdclassik

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Salomé Legrand : La lecture sur scène : théâtre au rabais ou art qui renaît ?

Extrait d'un article de Salomé Legrand paru sur CultureKub.

[La rédaction de CultureKub est composée d'étudiants de l'Ecole de Journalisme de SciencesPo, sous la direction de Pierre Assouline]

Salomé Legrand : La lecture sur scène : théâtre au rabais ou art qui renaît ?

"Pas de décors ni de costumes et très peu d’éclairages. Peu de mise en scène et encore moins de répétitions. Une chose est sûre, faire lire un texte, quel qu’il soit, par un acteur sur scène ne coûte pas cher. Tentant pour des directeurs de théâtre qui disposent de moins en moins de moyens pour produire des spectacles. Tentant, aussi, pour les gestionnaires, qui voient dans la programmation d’une lecture par un acteur connu le moyen d’attirer un public en nombre à moindre frais.

Mais bien au delà des questions financières la question de la lecture sur scène divise le monde du théâtre. Si certains la rejettent, nombreux sont les professionnels [de] la scène qui se réjouissent de la renaissance de cet art à part qu’est la lecture."

...

"Pour Patrice Martinet, directeur de l’Athénée Théâtre Louis Jouvet, la lecture représente la facilité. Pour des raisons financières, les théâtres français programment de moins en moins de pièces appelant un nombre important d’acteurs sur les planches.

« Si l’on descend d’un cran, il n’y a plus qu’une seule personne sur scène, et si l’on descend encore d’un cran, il n’y a plus de mise en scène, c’est de la lecture » assène Patrice Martinet."

...

"Pour Daniel Mesguish, directeur du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris, la lecture sur scène et le théâtre sont bien différents mais tous deux méritent d’exister et d’être valorisés. Selon lui, la lecture a sa raison d’être car « dans toute écriture il y a une voix, au fond de l’encrier il y a une voix,  et lire un texte à voix haute, c’est l’oxygéner, la ressusciter. »"

Article complet de Salomé Legrand à lire sur CultureKub:

 La lecture sur scène : théâtre au rabais ou art qui renaît ? | theatre sur Culture³

Illustrations Films7 :
Sara Forestier dit Proust sur scène, et Proust lu à la Comédie des Champs-Elysées.

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CANDY - La fiction d'Igarashi et de Mizuki repose sur une véritable économie de la séparation et de la réminiscence. Candy passe son temps à se souvenir

"Paru originellement à partir d'avril 1975 dans Nakayoshi, Candy Candy dessiné par Yumiko Igarashi et écrit par Kyoko Mizuki, fut l'un des grands succès de la bande dessinée sentimentalo-mélodramatique japonaise.

La série ayant été popularisée en France par l'entremise des 115 épisodes du dessin animé télévisé.

Fondamentalement, Candy Candy relève du roman d'apprentissage.

...

Loin des yeux, près du coeur

Candy ne perdra jamais, au long des neuf volumes, l'habitude de grimper aux arbres. Assise sur une branche, elle passe des heures à rêvasser et à méditer. Le proverbe japonais : saru mono hibi ni utoshi (celui qui s'en va est ignoré de jour en jour) : c'est à peu près notre "loin des yeux, loin du coeur", est pris à contre-pied par Candy. Avec elle, ce serait plutôt loin des yeux, près du coeur.

La fiction d'Igarashi et de Mizuki repose sur une véritable économie de la séparation et de la réminiscence. Candy passe son temps à se souvenir des gens qu'elle a connus, se remémore les joies et les peines de son existence, s'interroge sur ses sentiments. Elle se place ainsi, d'arbre en arbre, en marge du récit de sa propre histoire et en fait l'inventaire. Toute la fiction est recyclée périodiquement, sur un mode quasi incantatoire.

Il est pertinent de noter que les "hors-d'oeuvre" des ouvrages (pages de garde, appendices), présentent sous forme de portails, les cercles successifs des "chers absents" de Candy. Premier cercle, celui des tableaux de famille, c'est à dire, les personnages qui font toujours partie de la litanie du souvenir : Annie, l'amie d'enfance, les frangins rigolos Archibald et Alistair, les persécuteurs Eliza et Daniel, la vieille tante, le mystérieux oncle william.

Second cercle, celui des photos souvenirs, c'est à dire, des gens dont l'évocation n'est qu'occasionnelle : des gens de rencontre, un  paysan veuf chez lequel Candy a passé quelques jours, un rude loup de mer qui lui a permis le passage en Amérique, un petit passager clandestin. Comme la vie est longue, ces visages de rencontre sont nombreux.

Certains personnages passent de l'un à l'autre des cercles ou oscillent à leur frontière (Patricia, la copine de collège timide qui, significativement, ne figure pas dans les tableaux en début de volume), tandis que le prince des collines, image obsédante et quasi hallucinatoire du mâle idéal, flotte en arrière plan.

Cette manie de la réminiscence sert également à étager la fiction en fonction du temps. Les personnages grandissent ou vieillissent insensiblement. Le rappel d'un souvenir de leur tendre enfance est donc le meilleur moyen de faire mesurer à la lectrice le chemin parcouru. "Comme le temps passe !" s'exclament ensemble Candy et son public."

Source: Candy, Candy, des journées entières dans les arbres,
par Manuel Hirtz et Harry Morgan
extrait du fanzine Mangazone, 2ème semestre de 1992

Etude complète à lire sur : Au pays de Candy - www.candyneige.com

CANDY, le dessin animé : le Générique Au Pays de Candy

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des Choses de la Vie à Vincent François Paul et les autres, Claude Sautet dépeint un univers où le mâle ne se sent pas bien

"des Choses de la Vie à Vincent François Paul et les autres, en passant par Quelques jours avec moi, Sautet dépeint un univers où le mâle ne se sent pas bien.

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S'il dépeint les évolutions de la société "middle class" et bourgeoise, il s'attache surtout aux universelles relations entre les êtres, à leurs regrets, leurs envies, et tout ce qui les empêche de communiquer.

 Le silence est omniprésent chez Sautet. ce qui lui permet de mieux capter les regards, les gestes, les non-dits.

...

"Si la vie passe dans un film, le film est bon. Si la vie ne passe pas, on peut faire tout ce qu'on veut, c'est très mauvais", aimait-il répéter.

...

Sautet a toujours eu l'intelligence, en bon scénariste, de faire appel aux meilleurs auteurs du 7ème art hexagonal : Jean-Loup Dabadie, Claude Néron, Jacques Fieschi, Jérôme Tonnerre, Michel Audiard, ..."

--> Article: Ecran Noir - Claude Sautet

--> Bande-annonce du film et analyse vidéo (60 minutes):

COURS DE CINEMA : N.T. Binh analyse Vincent, François, Paul... et les autres de CLAUDE SAUTET



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Thierry Ardisson : j’ai décidé de réaliser un de mes rêves d’enfant : produire des films. C’est un peu mon dernier combat

"...à 60 ans, il entame, comme il dit, son dernier combat :

« produire une dizaine de films pour le cinéma avant de me retirer à 80 ans dans ma maison en Normandie pour écrire des livres d’histoire ».

Laurent Mereu-Boulch, Le Figaro Madame: Qu’est ce qui vous guide aujourd’hui? L’ambition et le gain, comme à vos débuts ?

Thierry Ardisson : Ça fait quarante ans que je fais le tapin. (Il rit.) Il existe quand même une dimension prostitutionnelle dans la pub et à la télévision. Je n’ai jamais renié mon goût pour l’argent. J’aurais pu être très riche, même. Sauf que j’ai toujours refusé de devenir Jacques Séguéla, Alain Ayache ou Michel Drucker. Mon moteur est l’idée de faire absolument quelque chose de ma vie. Ne pas penser que mon existence est utile me détruirait.

Il y a cinq ans, j’ai décidé de réaliser un de mes rêves d’enfant : produire des films. C’est un peu mon dernier combat. Je sais que je ne vais pas vivre jusqu’à 180 ans. Bien sûr, au fond de moi, je me rends bien compte que tout cela est ridicule, qu’à ma mort tout cela sera balayé. Mais je n’ai pas le choix. Je suis issu d’une génération de privilégiés et d’enfants gâtés : celle des baby-boomers. On ne comprend pas pourquoi on devrait mourir et se résigner puisque l’on a toujours tout eu."

Interview complète : Thierry Ardisson, spécimen médiatique - Enquêtes - Lefigaro.fr/madame, l'univers féminin du Figaro.

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Un petit bout de femme de 22 ans, Sara Forestier : Je choisis une histoire. Ce qui est important, c'est ce que le film raconte

"C'est un petit bout de femme de 22 ans...

De passage au Ciné City, à Troyes, lors de l'avant-première de son dernier film « Humains » qui sort le 22 avril (-> voir bande annonce), l'actrice Sara Forestier...

Comment choisissez-vous vos films ?

Sara Forestier : « Je choisis une histoire. Ce qui est important, c'est ce que le film raconte. Il faut que ça m'intéresse et que ça puisse intéresser les gens. J'ai besoin d'être en adéquation avec mes valeurs. J'ai refusé des films pour des questions d'éthique personnelle parce que ça ne correspondait pas à mes idées.

...

Les filles qui m'inspirent le plus, sont les adolescentes. Il dégage d'elle un mélange de brutalité et de sensualité.

... (l'actrice) qui me fascine vachement, c'est une enfant : Dakota Fanning (elle est née en 1994 et tourne actuellement dans Twilight 2, NDLR). Si j'étais metteur en scène, je voudrais la faire jouer. Je la trouve hallucinante.

...

J'ai trouvé mon équilibre avec le théâtre depuis peu. C'est important de se confronter à des textes de grands écrivains comme Proust (la confession d'une jeune fille)»"

A lire, l'interview intégrale: L'Est Eclair : Sara Forestier : « J'ai eu beaucoup de chance » - Sports

SARA FORESTIER - PHOTO FILM HUMAINS
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Plaidoyer pour l'avenir du cinéma d'auteur - Michel Reilhac, Directeur du Cinéma d'Arte France

VIDEO : Michel Reilhac, Directeur du Cinéma d'Arte France
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"Plaidoyer pour l'avenir du cinéma d'auteur"

Source: Blogs ARTE TV :: ajt

Michel Reilhac, Directeur du Cinéma d'Arte France,
Plaidoyer pour un avenir du cinéma d'auteur :
entretien avec Frédéric Sojcher

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