scenario

La fin des scénarios : THE GODFATHER, Francis Ford Coppola

INT DAY: DON'S KITCHEN (1955)

She moves back into the kitchen and begins to prepare the
drinks. From her vantage point, as she smilingly makes the
drinks, she sees CLEMENZA, NERI and ROCCO LAMPONE enter the
house with their BODYGUARDS.

She watches with curiosity, as MICHAEL stands to receive
them. He stands arrogantly at ease, weight resting on one
foot slightly behind the other. One hand on his hip, like a
Roman Emperor. The CAPOREGIMES stand before him.

CLEMENZA takes MICHAEL's hand, kissing it.

CLEMENZA
Don Corleone...

The smile fades from KAY's face, as she looks at what her
husband has become.

INT DAY: CHURCH (1955)

KAY wears a shawl over her hand. She drops many coins in
the coin box, and lifts a burning taper, and one by one, in
a pattern known only to herself, lights thirty candles.

THE END

------------------------------

THE GODFATHER
_____________

Screenplay

by

MARIO PUZO

and

FRANCIS FORD COPPOLA

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La fin des scénarios : BARTON FINK, Ethan Coen & Joel Coen

BARTON
...You're very beautiful. Are you in
pictures?

She laughs.

BEAUTY
Don't be silly.

She turns away to look out at the sea.

WIDER

Facing the ocean. Barton sits in the middle foreground, back
to us, the box in the sand next to him.

The bathing beauty sits, back to us, in the middle background.
The surf pounds.

The sun sparkles off the water.

THE END

------------------------------

BARTON FINK

Screenplay

By

Ethan Coen & Joel Coen

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La fin des scénarios : THE APARTMENT, Billy Wilder

BUD
Did you hear what I said, Miss
Kubelik? I absolutely adore you.

FRAN
(smiling)
Shut up and deal!

Bud begins to deal, never taking his eyes off her. Fran
removes her coat, starts picking up her cards and arranging
them. Bud, a look of pure joy on his face, deals -- and
deals -- and keeps dealing.

And that's about it. Story-wise.

FADE OUT.

THE END

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THE APARTMENT

by

Billy Wilder and I.A.L. Diamond

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La fin des scénarios : BARRY LYNDON, Stanley Kubrick

TITLE CARD

It was in the reign of George III
that the above-named personages
lived and quarreled; good or bad,
handsome or ugly, rich or poor, they
are all equal now.

FADE OUT.

THE END

------------------------------

BARRY LYNDON

A

Screenplay

by

Stanley Kubrick

Based on the novel by

William Makepeace Thackeray

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15000 SCENARIOS : Que retenir d'une vie pour en faire une histoire ? Que retient une histoire d'une vie ?

...les hommes sont des débiles, les femmes des nymphomanes...

Il faut lire et relire le Guide cinéma de Télérama... (Edition 2009, 1700 pages)

Plus qu'un guide des films : un panorama des situations humaines, réduites aux synopsis des scénaristes et conteurs d'histoires.

Que retenir d'une vie pour en faire une histoire ?
Que retient une histoire d'une vie ? D'un enchevêtrement de vies ?

15000 films, 15000 synopsis critiques : 15000 façons de faire de la vie une histoire, 15000 regards critiques sur ces histoires.

Aux deux extrêmes,

de l'intrigue premier degré :

Comment draguer toutes les filles
Michel Vocoret | 1981 | France | 95' |
Yves Thuillier, Emmanuel Karsen

"Papa a du fric. Fiston va draguer à Deauville. Ses deux copains aussi. Celui qui aura conquis le plus de nanas ira se reposer au Maroc, tous frais payés... Triste vision de l'humanité : les hommes sont des débiles, les femmes des nymphomanes. Très vite, les quelques gags versent dans la vulgarité franchouillarde."
P.M.

à l'absence d'intrigue la plus sublime :

Gens de Dublin TTTT
John Huston (The Dead) | 1987 | GB | 85' |
Angelica Huston, Donal McCann, Helene Carroll, Cathleen Delany

"Un jour, la neige recouvrira les vivants comme déjà elle recouvre les morts, ces morts du titre original. En attendant, dégustons ensemble l'oie de Noël et les souvenirs, le bon jambon, le pudding, les chocolats et les potins qui vont avec. Nous sommes en 1904, dans une maison irlandaise, chez tante Kate et tante Julia ; dix convives à peine, qui se chamaillent avec affection, avec drôlerie. Rien d'important ne se dit. L'essentiel pourtant : que le temps file, entre les mots, les silences et l'air d'une chanson d'autrefois. C'est le sens du dernier quart d'heure, monologue d'amour qui n'est pas loin de surpasser en émotion tout ce que le cinéma nous a offert de pleurs depuis ses origines. Quand il signe, à 81 ans, ce testament à l'Irlande, à sa jeunesse, à sa famille et à la vie, Huston est sous perfusion dans un fauteuil roulant. La maîtrise dans les choix esthétiques, cependant, est absolue. Et l'épilogue terrasse par sa musicalité, sa profondeur, sa beauté blanche. Comme Proust ou Joyce, dont il adapte fidèlement une des dernières nouvelles, on garde pour toujours, à portée de main et de coeur, ce chef d'oeuvre, libre de toute intrigue et si complexe dans sa simplicité."
M. Gri
Film Télérama 1988 (Critiques)
Prix de la critique française 1988

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Mme de La Pommeraye - Diderot - Le texte qui inspira Les dames du bois de Boulogne, de Robert Bresson

Denis Diderot

Extrait de Jacques le fataliste et son maître.

Le récit qui inspira Robert Bresson pour les Dames du bois de Boulogne

"Bresson a transposé de nos jours l'histoire de Madame de la Pommeraye contée par Diderot dans Jacques le Fataliste. Mais d'un tableau de moeurs du XVIIIe siècle, Bresson a fait une tragédie intemporelle". (TELERAMA)

Egalement, à écouter en ligne : le livre audio gratuit de Jacques le Fataliste --> sur LitteratureAudio.com

DIDEROT :

"L'HÔTESSE: Le plus âgé des deux s'appelle le marquis des Arcis. C'était un homme de plaisir, très aimable, croyant peu à la vertu des femmes.

JACQUES: Il avait raison.

L HÔTESSE: Monsieur Jacques, vous m'interrompez.

JACQUES: Madame l'hôtesse du Grand-Cerf, je ne vous parle pas.

L'HÔTESSE: M. le marquis en trouva pourtant une assez bizarre pour lui tenir rigueur. Elle s'appelait Mme de La Pommeraye. C'était une veuve qui avait des moeurs, de la naissance, de la fortune et de la hauteur. M. des Arcis rompit avec toutes ses connaissances, s'attacha uniquement à Mme de La Pommeraye, lui fit sa cour avec la plus grande assiduité, tâcha par tous les sacrifices imaginables de lui prouver qu'il l'aimait, lui proposa même de l'épouser; mais cette femme avait été si malheureuse avec un premier mari qu'elle... (Madame? - Qu'est-ce? - La clef du coffre à l'avoine? - Voyez au clou, et si elle n'y est pas, voyez au coffre.) qu'elle aurait mieux aimé s'exposer à toutes sortes de malheurs qu'au danger d'un second mariage.

JACQUES: Ah! si cela avait été écrit là-haut!

L'HÔTESSE: Cette femme vivait très retirée. Le marquis était un ancien ami de son mari; elle l'avait reçu, et elle continuait de le recevoir. Si on lui pardonnait son goût effréné pour la galanterie, c'était ce qu'on appelle un homme d'honneur. La poursuite constante du marquis, secondée de ses qualités personnelles, de sa jeunesse, de sa figure, des apparences de la passion la plus vraie, de la solitude, du penchant à la tendresse, en un mot, de tout ce qui nous livre à la séduction des hommes... (Madame? - Qu'est-ce? - C'est le courrier: Mettez-le à la chambre verte, et servez le à l'ordinaire.) eut son effet, et Mme de La Pommeraye, après avoir lutté plusieurs mois contre le marquis, contre elle-même, exigé selon l'usage les serments les plus solennels, rendit heureux le marquis, qui aurait joui du sort le plus doux, s'il avait pu conserver pour sa maîtresse les sentiments qu'il avait jurés et qu'on avait pour lui. Tenez, monsieur, il n'y a que les femmes qui sachent aimer; les hommes n'y entendent rien...(Madame? - Qu'est-ce? - Le Frère Quêteur. - Donnez-lui douze sous pour ces messieurs qui sont ici, six sous pour moi, et qu'il aille dans les autres chambres.) Au bout de quelques années, le marquis commença à trouver la vie de Mme de La Pommeraye trop unie. Il lui proposa de se répandre dans la société: elle y consentit; à recevoir quelques femmes et quelques hommes: et elle y consentit; à avoir un dîner-souper et elle y consentit. Peu à peu il passa un jour, deux jours sans la voir; peu à peu il manqua au dîner-souper qu'il avait arrangé; peu à peu il abrégea ses visites; il eut des affaires qui l'appelaient: lorsqu'il arrivait, il disait un mot, s'étalait dans un fauteuil, prenait une brochure, la jetait, parlait à son chien ou s'endormait. Le soir, sa santé, qui devenait misérable, voulait qu'il se retirât de bonne heure: c'était l'avis de Tronchin. "C'est un grand homme que Tronchin! Ma foi! je ne doute pas qu'il ne tire d'affaire notre amie dont les autres désespéraient." Et tout en parlant ainsi, il prenait sa canne et son chapeau et s'en allait, oubliant quelquefois de l'embrasser. Mme de La Pommeraye... (Madame? - Qu'est-ce? - Le tonnelier. - Qu'il descende à la cave, et qu'il visite les deux pièces de vin.) Mme de La Pommeraye pressentit qu'elle n'était plus aimée; il fallut s'en assurer, et voici comment elle s'y prit... (Madame? - J'y vais, j'y vais.)

L'hôtesse, fatiguée de ces interruptions, descendit, et prit apparemment les moyens de les faire cesser.

L'HÔTESSE: Un jour, après dîner, elle dit au marquis: "Mon ami, vous rêvez.

- Vous rêvez aussi, marquise.

- Il est vrai et même assez tristement.

- Qu'avez-vous?

- Rien.

- Cela n'est pas vrai. Allons, marquise, dit-il en bâillant, racontez-moi cela; cela vous désennuiera et moi.

- Est-ce que vous vous ennuyez?

- Non; c'est qu'il y a des jours...

- Où l'on s'ennuie.

- Vous vous trompez, mon amie; je vous jure que vous vous trompez: c'est qu'en effet il y a des jours... On ne sait à quoi cela tient.

- Mon ami, il y a longtemps que je suis tentée de vous faire une confidence; mais je crains de vous affliger.

- Vous pourriez m'affliger, vous?

- Peut-être; mais le Ciel m'est témoin de mon innocence..." (Madame? Madame? Madame? - Pour qui et pour quoi que ce soit, je vous ai défendu de m'appeler; appelez mon mari. Il est absent.) "Messieurs, je vous demande pardon, je suis à vous dans un moment."

Voilà l'hôtesse descendue, remontée et reprenant son récit:

L'HÔTESSE: Mais cela s'est fait sans mon consentement, à mon insu, par une malédiction à laquelle toute l'espèce humaine est apparemment assujettie, puisque moi, moi-même, je n'y ai pas échappé.

-Ah! c'est de vous... Et avoir peur!... De quoi s'agit-il ?

- Marquis, il s'agit... Je suis désolée; je vais vous désoler, et, tout bien considéré, il vaut mieux que je me taise.

- Non, mon amie, parlez; auriez-vous au fond de votre coeur un secret pour moi? La première de nos conventions ne fut-elle pas que nos âmes s'ouvriraient l'une à l'autre sans réserve?

- Il est vrai, et voilà ce qui me pèse; c'est un reproche qui met le comble à un beaucoup plus important que je me fais. Est-ce que vous ne vous apercevez pas que je n'ai plus la même gaieté? J'ai perdu l'appétit; je ne bois et je ne mange que par raison; je ne saurais dormir. Nos sociétés les plus intimes me déplaisent. La nuit, je m'interroge et je me dis: Est-ce qu'il est moins aimable? Non. Est-ce que vous auriez à vous en plaindre? Non. Auriez-vous à lui reprocher quelques liaisons suspectes? Non. Est-ce que sa tendresse pour vous est diminuée? Non. Pourquoi, votre ami étant le même, votre coeur est-il donc changé? car il l'est: vous ne pouvez vous le cacher; vous ne l'attendez plus avec la même impatience; vous n'avez plus le même plaisir à le voir; cette inquiétude quand il tardait à revenir; cette douce émotion au bruit de sa voiture, quand on l'annonçait, quand il paraissait, vous ne l'éprouvez plus.

- Comment, madame!"

Alors la marquise de La Pommeraye se couvrit les yeux de ses mains, pencha la tête et se tut un moment après lequel elle ajouta: "Marquis, je me suis attendue à tout votre étonnement, à toutes les choses amères que vous m'allez dire. Marquis! épargnez-moi... Non, ne m'épargnez pas, dites-les-moi; je les écouterai avec résignation, parce que je les mérite. Oui, mon cher marquis, il est vrai... Oui, je suis... Mais, n'est pas un assez grand malheur que la chose soit arrivée, sans y ajouter encore la honte, le mépris d'être fausse, en vous le dissimulant? Vous êtes le même, mais votre amie est changée; votre amie vous révère, vous estime autant et plus que jamais; mais... mais une femme accoutumée comme elle à examiner de près ce qui se passe dans les replis les plus secrets de son âme et à ne s'en imposer sur rien, ne peut se cacher que l'amour en est sorti. La découverte est affreuse mais elle n'en est pas moins réelle. La marquise de La Pommeraye, moi, moi, inconstante! légère!... Marquis, entrez en fureur, cherchez les noms les plus odieux, je me les suis donnés d'avance: donnez-les-moi, je suis prête à les accepter tous..., tous, excepté celui de femme fausse, que vous m'épargnerez, je l'espère, car en vérité je ne le suis pas..." (Ma femme? - Qu'est-ce? - Rien. - On n'a pas un moment de repos dans cette maison, même les jours qu'on n'a presque point de monde et que l'on croit n'avoir rien à faire. Qu'une femme de mon état est à plaindre, surtout avec une bête de mari.) Cela dit, Mme de La Pommeraye se renversa sur son fauteuil et se mit à pleurer. Le marquis se précipita à ses genoux, et lui dit: "Vous êtes une femme charmante, une femme adorable, une femme comme il n'y en a point. Votre franchise, votre honnêteté me confond et devrait me faire mourir de honte. Ah! quelle supériorité ce moment vous donne sur moi! Que je vous vois grande et que je me trouve petit! C'est vous qui avez parlé la première, et c'est moi qui fus coupable le premier. Mon amie votre sincérité m'entraîne; je serais un monstre si elle ne m'entraînait pas, et je vous avouerai que l'histoire de votre coeur est mot à mot l'histoire du mien. Tout ce que vous vous êtes dit, je me le suis dit; mais je me taisais, je souffrais, et je ne sais quand j'aurais eu le courage de parler.

- Vrai, mon ami?

- Rien de plus vrai; et il ne nous reste qu'à nous féliciter réciproquement d'avoir perdu en même temps le sentiment fragile et trompeur qui nous unissait.

- En effet, quel malheur que mon amour eût duré lorsque le vôtre aurait cessé!

- Ou que ce fût en moi qu'il eût cessé le premier.

- Vous avez raison, je le sens.

- Jamais vous ne m'avez paru aussi aimable, aussi belle que dans ce moment; et si l'expérience du passé ne m'avait rendu circonspect, je croirais vous aimer plus que jamais." Et le marquis en lui parlant ainsi lui prenait les mains, et les lui baisait... (Ma femme? - Qu'est-ce? - Le marchand de paille. - Vois sur le registre. - Et le registre?... Reste, reste, je l'ai.) Mme de La Pommeraye, renfermant en elle-même le dépit mortel dont elle était déchirée, reprit la parole et dit au marquis: "Mais, marquis, qu'allons-nous devenir?

- Nous ne nous en sommes imposé ni l'un ni l'autre; vous avez droit à toute mon estime; je ne crois pas avoir entièrement perdu le droit que j'avais à la vôtre; nous continuerons de nous voir, nous nous livrerons à la confiance de la plus tendre amitié. Nous nous serons épargné tous ces ennuis, toutes ces perfidies, tous ces reproches, toute cette humeur, qui accompagnent communément les passions qui finissent; nous serons uniques dans notre espèce. Vous recouvrerez toute votre liberté, vous me rendrez la mienne; nous voyagerons dans le monde; je serai le confident de vos conquêtes; je ne vous cèlerai rien des miennes, si j'en fais quelques-unes, ce dont je doute fort, car vous m'avez rendu difficile. Cela sera délicieux! Vous m'aiderez de vos conseils, je ne vous refuserai pas les miens dans les circonstances périlleuses où vous croirez en avoir besoin. Qui sait ce qui peut arriver?"

JACQUES: Personne.

LE MARQUIS: "Il est très vraisemblable que plus j'irai, plus vous gagnerez aux comparaisons, et que je vous reviendrai plus passionné, plus tendre, plus convaincu que jamais que Mme de La Pommeraye était la seule femme faite pour mon bonheur; et après ce retour, il y a tout à parier que je vous resterai jusqu'à la fin de ma vie.

- S'il arrivait qu'à votre retour vous ne me trouvassiez plus? car enfin, marquis, on n'est pas toujours juste; et il ne serait pas impossible que je ne me prisse de goût, de fantaisie, de passion même pour un autre qui ne vous vaudrait pas.

- J'en serais assurément désolé, mais je n'aurais point à me plaindre; je ne m'en plaindrais qu'au sort qui nous aurait séparés lorsque nous étions unis, et qui nous rapprocherait lorsque nous ne pourrions plus l'être..."

Après cette conversation, ils se mirent à moraliser sur l'inconstance du coeur humain, sur la frivolité des serments, sur les liens du mariage... (Madame? - Qu'est-ce? - Le coche.) "Messieurs, dit l'hôtesse, il faut que je vous quitte. Ce soir, lorsque toutes mes affaires seront faites, je reviendrai, et je vous achèverai cette aventure, si vous en êtes curieux..." (Madame?... Ma femme?... Notre hôtesse?... - On y va, on y va.)

L'hôtesse partie, le maître dit à son valet: "Jacques, as-tu remarqué une chose?

JACQUES: Quelle?

LE MAÎTRE: C'est que cette femme raconte beaucoup mieux qu'il ne convient à une femme d'auberge.

JACQUES: Il est vrai. Les fréquentes interruptions des gens de cette maison m'ont impatienté plusieurs fois.

LE MAÎTRE: Et moi aussi."

Et vous, lecteur, parlez sans dissimulation; car, vous voyez que nous sommes en beau train de franchise; voulez-vous que nous laissions là cette élégante et prolixe bavarde d'hôtesse, et que nous reprenions les amours de Jacques? Pour moi je ne tiens à rien. Lorsque cette femme remontera, Jacques le bavard ne demande pas mieux que de reprendre son rôle, et que de lui fermer la porte au nez; il en sera quitte pour lui dire par le trou de la serrure: "Bonsoir, madame; mon maître dort; je vais me coucher: il faut remettre le reste à notre passage."

"Le premier serment que se firent deux êtres de chair, ce fut au pied d'un rocher qui tombait en poussière; ils attestèrent de leur constance un ciel qui n'est pas un instant le même; tout passait en eux et autour d'eux, et ils croyaient leurs coeurs affranchis de vicissitudes. O enfants! toujours enfants!..." Je ne sais de qui sont ces réflexions, de Jacques, de son maître ou de moi; il est certain qu'elles sont de l'un des trois, et qu'elles furent précédées et suivies de beaucoup d'autres qui nous auraient menés, Jacques, son maître et moi, jusqu'au souper, jusqu'après le souper, jusqu'au retour de l'hôtesse, si Jacques n'eût dit à son maître: "Tenez, monsieur, toutes ces grandes sentences que vous venez de débiter à propos de botte ne valent pas une vieille fable des écraignes de mon village.

LE MAÎTRE: Et quelle est cette fable?

JACQUES: C'est la fable de la Gaine et du Coutelet. Un jour la Gaine et le Coutelet se prirent de querelle; le Coutelet dit à la Gaine: "Gaine, ma mie, vous êtes une friponne, car tous les jours, vous recevez de nouveaux Coutelets... La Gaine répondit au Coutelet: Mon ami Coutelet, vous êtes un fripon, car tous les jours vous changez de Gaine... Gaine, ce n'est pas là ce que vous m'avez promis... Coutelet, vous m'avez trompée le premier..." Ce débat s'était élevé à table; Cil, qui était assis entre la Gaine et le Coutelet, prit la parole et leur dit: "Vous, Gaine, et vous, Coutelet, vous fîtes bien de changer, puisque changement vous séduisait; mais vous eûtes tort de vous promettre que vous ne changeriez pas. Coutelet, ne voyais-tu pas que Dieu te fit pour aller à plusieurs Gaines; et toi, Gaine, pour recevoir plus d'un Coutelet? Vous regardiez comme fous certains Coutelets qui faisaient voeu de se passer à forfait de Gaines, et comme folles certaines Gaines qui faisaient voeu de se fermer pour tout Coutelet; et vous ne pensiez pas que vous étiez presque aussi fous lorsque vous juriez, toi, Gaine, de t'en tenir à un seul Coutelet; toi, Coutelet, de t'en tenir à une seule Gaine."

Ici le maître dit à Jacques: "Ta fable n'est pas trop morale mais elle est gaie. Tu ne sais pas la singulière idée qui me passe par la tête. Je te marie avec notre hôtesse et je cherche comment un mari aurait fait, lorsqu'il aime à parler, avec une femme qui ne déparle pas.

JACQUES: Comme j'ai fait les douze premières années de ma vie, que j'ai passées chez mon grand-père et ma grand-mère.

LE MAÎTRE: Comment s'appelaient-ils? Quelle était leur profession?

JACQUES: Ils étaient brocanteurs. Mon grand-père Jason eut plusieurs enfants. Toute la famille était sérieuse; ils se levaient, ils s'habillaient, ils allaient à leurs affaires; ils revenaient, ils dînaient, ils retournaient sans avoir dit un mot. Le soir, ils se jetaient sur des chaises; la mère et les filles filaient, cousaient, tricotaient sans mot dire; les garçons se reposaient; le père lisait l'Ancien Testament.

LE MAÎTRE: Et toi, que faisais-tu?

JACQUES: Je courais dans la chambre avec un bâillon.

LE MAÎTRE: Avec un bâillon!

JACQUES: Oui, avec un bâillon et c'est à ce maudit bâillon que je dois la rage de parler. La semaine se passait quelquefois sans qu'on eût ouvert la bouche dans la maison des Jason. Pendant toute sa vie, qui fut longue, ma grand-mère n'avait dit que chapeaux à vendre, et mon grand-père, qu'on voyait dans les inventaires, droit, les mains sous sa redingote, n'avait dit qu'un sou. Il y avait des jours où il était tenté de ne pas croire à la Bible.

LE MAÎTRE: Et pourquoi?

JACQUES: A cause des redites, qu'il regardait comme un bavardage indigne de l'Esprit-Saint. Il disait que les rediseurs sont des sots, qui prennent ceux qui les écoutent pour des sots.

LE MAÎTRE: Jacques, si pour te dédommager du long silence que tu as gardé pendant les douze années du bâillon chez ton grand-père et pendant que l'hôtesse a parlé...

JACQUES: Je reprenais l'histoire de mes amours?

LE MAÎTRE: Non; mais une autre sur laquelle tu m'as laissé, celle du camarade de ton capitaine.

JACQUES: Oh! mon maître, la cruelle mémoire que vous avez!

LE MAÎTRE: Mon Jacques, mon petit Jacques...

JACQUES: De quoi riez-vous?

LE MAÎTRE: De ce qui me fera rire plus d'une fois; c'est de te voir dans ta jeunesse chez ton grand-père avec le bâillon.

JACQUES: Ma grand-mère me l'ôtait lorsqu'il n'y avait plus personne; et lorsque mon grand-père s'en apercevait, il n'en était pas plus content; il lui disait: "Continuez, et cet enfant sera le plus effréné bavard qui ait encore existé." Sa prédiction s'est accomplie.

LE MAÎTRE: Allons, mon Jacques, mon petit Jacques, l'histoire du camarade de ton capitaine.

JACQUES: Je ne m'y refuserai pas; mais vous ne la croirez point.

LE MAÎTRE: Elle est donc bien merveilleuse!

JACQUES: Non, c'est qu'elle est déjà arrivée à un autre, à un militaire français, appelé, je crois, M. de Guerchy.

LE MAÎTRE: Eh bien! je dirai comme un poète français, qui avait fait une assez bonne épigramme, disait à quelqu'un qui se l'attribuait en sa présence: "Pourquoi monsieur ne l'aurait-il pas faite? je l'ai bien faite, moi..." Pourquoi l'histoire de Jacques ne serait-elle pas arrivée au camarade de son capitaine, puisqu'elle est bien arrivée au militaire français de Guerchy? Mais, en me la racontant, tu feras d'une pierre deux coups, tu m'apprendras l'aventure de ces deux personnages, car je l'ignore.

JACQUES: Tant mieux! mais jurez-le-moi.

LE MAÎTRE: Je te le jure."

Lecteur, je serais bien tenté d'exiger de vous le même serment; mais je vous ferai seulement remarquer dans le caractère de Jacques une bizarrerie qu'il tenait apparemment de son grand-père Jason, le brocanteur silencieux; c'est que Jacques, au rebours des bavards, quoiqu'il aimât beaucoup à dire, avait en aversion les redites. Aussi disait-il quelquefois à son maître: "Monsieur me prépare le plus triste avenir; que deviendrai-je quand je n'aurai plus rien à dire?

- Tu recommenceras.

- Jacques, recommencer! Le contraire est écrit là-haut; et s'il m'arrivait de recommencer, je ne pourrais m'empêcher de m'écrier: "Ah! si ton grand-père t'entendait!..." et je regretterais le bâillon.

LE MAÎTRE: Tu veux dire celui qu'il te mettait.

JACQUES: Dans le temps qu'on jouait aux jeux de hasard aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent...

LE MAÎTRE: Mais c'est à Paris, et le camarade de ton capitaine était commandant d'une place frontière.

JACQUES: Pour Dieu, monsieur, laissez-moi dire... Plusieurs officiers entrèrent dans une boutique, et y trouvèrent un autre officier qui causait avec la maîtresse de la boutique. L'un d'eux proposa à celui-ci de jouer au passe-dix; car il faut que vous sachiez qu'après la mort de mon capitaine, son camarade, devenu riche, était aussi devenu joueur. Lui donc, ou M. de Guerchy, accepte. Le sort met le cornet à la main de son adversaire qui passe, passe, passe, que cela ne finissait point. Le jeu s'était échauffé, et l'on avait joué le tout, le tout du tout, les petites moitiés, les grandes moitiés, le grand tout, le grand tout du tout, lorsqu'un des assistants s'avisa de dire à M. de Guerchy, ou au camarade de mon capitaine, qu'il ferait bien de s'en tenir là et de cesser de jouer, parce qu'on en savait plus que lui. Sur ce propos, qui n'était qu'une plaisanterie, le camarade de mon capitaine, ou M. de Guerchy, crut qu'il avait affaire à un filou; il mit subtilement la main à sa poche, en tira un couteau bien pointu, et lorsque son antagoniste porta la main sur les dés pour les placer dans le cornet, il lui plante le couteau dans la main, et la lui cloue sur la table, en lui disant: "Si les dés sont pipés, vous êtes un fripon; s'ils sont bons, j'ai tort..." Les dés se trouvèrent bons. M. de Guerchy dit: "J'en suis très fâché, et j'offre telle réparation qu'on voudra..." Ce ne fut pas le propos du camarade de mon capitaine; il dit: "J'ai perdu mon argent; j'ai percé la main à un galant homme: mais en revanche j'ai recouvré le plaisir de me battre tant qu'il me plaira..." L'officier cloué se retire et va se faire panser. Lorsqu'il est guéri, il vient trouver l'officier cloueur et lui demande raison; celui-ci, ou M. de Guerchy, trouve la demande juste. L'autre, le camarade de mon capitaine, jette les bras à son cou, et lui dit: "Je vous attendais avec une impatience que je ne saurais vous exprimer..." Ils vont sur le pré; le cloueur, M. de Guerchy, ou le camarade de mon capitaine, reçoit un bon coup d'épée à travers le corps; le cloué le relève, le fait porter chez lui et lui dit: "Monsieur, nous nous reverrons..." M. de Guerchy ne répondit rien; le camarade de mon capitaine lui répondit: "Monsieur, j'y compte bien. "Ils se battent une seconde, une troisième, jusqu'à huit ou dix fois, et toujours le cloueur reste sur place. C'étaient tous les deux des officiers de distinction, tous les deux gens de mérite, leur aventure fit grand bruit; le ministère s'en mêla. L'on retint l'un à Paris, et l'on fixa l'autre à son poste. M. de Guerchy se soumit aux ordres de la cour; le camarade de mon capitaine en fut désolé; et telle est la différence de deux hommes braves par caractère, mais dont l'un est sage, et l'autre a un grain de folie.

Jusqu'ici l'aventure de M. de Guerchy et du camarade de mon capitaine leur est commune. c'est la même; et voilà la raison pour laquelle je les ai nommés tous deux, entendez-vous, mon maître? Ici je vais les séparer et je ne vous parlerai plus que du camarade de mon capitaine, parce que le reste n'appartient qu'à lui. Ah! Monsieur, c'est ici que vous allez voir combien nous sommes peu maîtres de nos destinées, et combien il y a de choses bizarres écrites sur le grand rouleau!

Le camarade de mon capitaine, ou le cloueur, sollicite la permission de faire un tour dans sa province: il l'obtient. Sa route était par Paris. Il prend place dans une voiture publique. A trois heures du matin, cette voiture passe devant l'Opéra; on sortait du bal. Trois ou quatre jeunes étourdis masqués projettent d'aller déjeuner avec les voyageurs; on arrive au point du jour à la déjeunée. On se regarde. Qui fut bien étonné! Ce fut le cloué de reconnaître son cloueur. Celui-ci présente la main, l'embrasse et lui témoigne combien il est enchanté d'une si heureuse rencontre; à l'instant ils passent derrière une grange, mettent l'épée à la main, l'un en redingote, l'autre en domino; le cloueur, ou le camarade de mon capitaine, est encore jeté sur le carreau. Son adversaire envoie à son secours, se met à table avec ses amis et le reste de la carrossée, boit et mange gaiement. Les uns se disposaient à suivre leur route, et les autres à retourner dans la capitale, en masque et sur des chevaux de poste, lorsque l'hôtesse reparut et mit fin au récit de Jacques.

La voilà remontée, et je vous préviens, lecteur, qu'il n'est plus en mon pouvoir de la renvoyer. - Pourquoi donc? - C'est qu'elle se présente avec deux bouteilles de champagne, une dans chaque main, et qu'il est écrit là-haut que tout orateur qui s'adressera à Jacques avec cet exorde s'en fera nécessairement écouter.

Elle entre, pose ses deux bouteilles sur la table, et dit: "Allons, monsieur Jacques, faisons la paix..." L'hôtesse n'était pas de la première jeunesse; c'était une femme grande et replète, ingambe, de bonne mine, pleine d'embonpoint, la bouche un peu grande, mais de belles dents, des joues larges, des yeux à fleur de tête, le front carré, la plus belle peau, la physionomie ouverte, vive et gaie, les bras un peu forts, mais les mains superbes, des mains à peindre ou à modeler. Jacques la prit par le milieu du corps, et l'embrassa fortement; sa rancune n'avait jamais tenu contre du bon vin et une belle femme; cela était écrit là-haut de lui, de vous, lecteur, de moi et de beaucoup d'autres. "Monsieur, dit-elle au maître, est-ce que vous nous laisserez aller tout seuls? Voyez, eussiez-vous encore cent lieues à faire, vous n'en boirez pas de meilleur de toute la route." En parlant ainsi elle avait placé une des deux bouteilles entre ses genoux, et elle en tirait le bouchon; ce fut avec une adresse singulière qu'elle en couvrit le goulot avec le pouce, sans laisser échapper une goutte de vin. "Allons, dit-elle à Jacques; vite, vite, votre verre." Jacques approche son verre; l'hôtesse, en écartant son pouce un peu de côté, donne vent à la bouteille, et voilà le visage de Jacques tout couvert de mousse. Jacques s'était prêté à cette espièglerie, et l'hôtesse de rire et Jacques et son maître de rire. On but quelques rasades les unes sur les autres pour s'assurer de la sagesse de la bouteille, puis l'hôtesse dit: "Dieu merci! ils sont tous dans leurs lits, on ne m'interrompra plus, et je puis reprendre mon récit." Jacques, en la regardant avec des yeux dont le vin de Champagne avait augmenté la vivacité naturelle, lui dit ou à son maître: "Notre hôtesse a été belle comme un ange; qu'en pensez-vous, monsieur?

LE MAÎTRE: A été! Pardieu, Jacques, c'est qu'elle l'est encore!

JACQUES: Monsieur, vous avez raison; c'est que je ne la compare pas à une autre femme, mais à elle-même quand elle était jeune.

L'HÔTESSE: Je ne vaux pas grand-chose à présent; c'est lorsqu'on m'aurait prise entre les deux premiers doigts de chaque main qu'il me fallait voir! On se détournait de quatre lieues pour séjourner ici. Mais laissons là les bonnes et les mauvaises têtes que j'ai tournées, et revenons à Mme de La Pommeraye.

JACQUES: Si nous buvions d'abord un coup aux mauvaises têtes que vous avez tournées, ou à ma santé?

L'HÔTESSE: Très volontiers; il y en avait qui en valaient la peine, en comptant ou sans compter la vôtre. Savez-vous que j'ai été pendant dix ans la ressource des militaires, en tout bien et tout honneur? J'en ai obligé nombre qui auraient eu bien de la peine à faire leur campagne sans moi. Ce sont de braves gens, je n'ai à me plaindre d'aucun, ni eux de moi. Jamais de billets; ils m'ont fait quelquefois attendre; au bout de deux, de trois, de quatre ans mon argent m'est revenu..."

Et puis la voilà qui se met à faire l'énumération des officiers qui lui avaient fait l'honneur de puiser dans sa bourse et M. un tel, colonel du régiment de ***, et M. un tel, capitaine au régiment de ***, et voilà Jacques qui se met à faire un cri: "Mon capitaine! mon pauvre capitaine! vous l'avez connu?

L'HÔTESSE: Si je 1'ai connu? un grand homme, bien fait, un peu sec, l'air noble et sévère, le jarret bien tendu, deux petits points rouges à la tempe droite. Vous avez donc servi?

JACQUES: Si j'ai servi!

L HÔTESSE: Je vous en aime davantage; il doit vous rester de bonnes qualités de votre premier état. Buvons à la santé de votre capitaine.

JACQUES: S'il est encore vivant.

L'HÔTESSE: Mort ou vivant, qu'est-ce que cela fait ? Est-ce qu'un militaire n'est pas fait pour être tué? Est-ce qu'il ne doit pas être enragé, après dix sièges et cinq ou six batailles, de mourir au milieu de cette canaille de gens noirs!... Mais revenons à notre histoire, et buvons encore un coup.

LE MAÎTRE: Ma foi, notre hôtesse, vous avez raison.

L'HÔTESSE: Je suis bien aise que vous pensiez ainsi.

LE MAÎTRE: Car votre vin est excellent.

L'HÔTESSE: Ah! c'est de mon vin que vous parliez? Eh bien! vous avez encore raison. Vous rappelez-vous où nous en étions?

LE MAÎTRE: Oui, à la conclusion de la plus perfide des confidences.

L'HÔTESSE: M. le marquis des Arcis et Mme de La Pommeraye s'embrassèrent, enchantés l'un de l'autre, et se séparèrent. Plus la dame s'était contrainte en sa présence, plus sa douleur fut violente quand il fut parti. "Il n'est donc que trop vrai, s'écria-t-elle, il ne m'aime plus!..." Je ne vous ferai point le détail de toutes nos extravagances quand on nous délaisse, vous en seriez trop vains. Je vous ai dit que cette femme avait de la fierté; mais elle était bien autrement vindicative. Lorsque les premières fureurs furent calmées, et qu'elle jouit de toute la tranquillité de son indignation, elle songea à se venger, mais à se venger d'une manière cruelle, d'une manière à effrayer tous ceux qui seraient tentés à l'avenir de séduire et de tromper une honnête femme. Elle s'est vengée, elle s'est cruellement vengée; sa vengeance a éclaté et n'a corrigé personne; nous n'en avons pas été depuis moins vilainement séduites et trompées.

JACQUES: Bon pour les autres, mais vous!...

L'HÔTESSE: Hélas! moi toute la première! Oh! que nous sommes sottes! Encore si ces vilains hommes gagnaient au change! Mais laissons cela. Que fera-t-elle? Elle n'en sait encore rien; elle y rêvera; elle y rêve.

JACQUES: Si tandis qu'elle y rêve...

L'HÔTESSE: C'est bien dit. Mais nos deux bouteilles sont vides... (Jean. - Madame. - Deux bouteilles, de celles qui sont tout au fond, derrière les fagots. - J'entends.) A force d'y rêver, voici ce qui lui vint en idée. Mme de La Pommeraye avait autrefois connu une femme de province qu'un procès avait appelée à Paris, avec sa fille, jeune, belle et bien élevée. Elle avait appris que cette femme, ruinée par la perte de son procès, en avait été réduite à tenir tripot. On s'assemblait chez elle, on jouait, on soupait, et communément un ou deux des convives restaient, passaient la nuit avec madame ou mademoiselle, à leur choix. Elle mit un de ses gens en quête de ces créatures. On les déterra, on les invita à faire visite à Mme de La Pommeraye, qu'elles se rappelaient à peine. Ces femmes, qui avaient pris le nom de Mme et de Mlle d'Aisnon, ne se firent pas attendre; dès le lendemain, la mère se rendit chez Mme de La Pommeraye. Après les premiers compliments, Mme de La Pommeraye demanda à la d'Aisnon ce qu'elle avait fait, ce qu'elle faisait depuis la perte de son procès.

"Pour vous parler avec sincérité, lui répondit la d'Aisnon, je fais un métier périlleux, infâme, peu lucratif, et qui me déplaît, mais la nécessité contraint la loi. J'étais presque résolue à mettre ma fille à l'Opéra, mais elle n'a qu'une petite voix de chambre, et n'a jamais été qu'une danseuse médiocre. Je l'ai promenée, pendant et après mon procès, chez des magistrats, chez des grands, chez des prélats, chez des financiers, qui s'en sont accommodés pour un terme et qui l'ont laissée là. Ce n'est pas qu'elle ne soit belle comme un ange qu'elle n'ait de la finesse, de la grâce; mais aucun esprit de libertinage, rien de ces talents propres à réveiller la langueur d'hommes blasés. Je donne à jouer et à souper; et le soir, qui veut rester, reste. Mais ce qui nous a le plus nui, c'est qu'elle s'était entêtée d'un petit abbé de qualité, impie, incrédule, dissolu, hypocrite, antiphilosophe, que je ne vous nommerai pas; mais c'est le dernier de ceux qui, pour arriver à l'épiscopat, ont pris la route qui est en même temps la plus sûre et qui demande le moins de talent. Je ne sais ce qu'il faisait entendre à ma fille, à qui il venait lire tous les matins les feuillets de son dîner, de son souper, de sa rhapsodie. Sera-t-il évêque, ne le sera-t-il pas? Heureusement ils se sont brouillés. Ma fille lui ayant demandé un jour s'il connaissait ceux contre lesquels il écrivait, et l'abbé lui ayant répondu que non; s'il avait d'autres sentiments que ceux qu'il ridiculisait, et l'abbé lui ayant répondu que non, elle se laissa emporter à sa vivacité et lui représenta que son rôle était celui du plus méchant et du plus faux des hommes."

Mme de La Pommeraye lui demanda si elles étaient fort connues.

"Beaucoup trop, malheureusement.

- A ce que je vois, vous ne tenez point à votre état?

- Aucunement, et ma fille me proteste tous les jours que la condition la plus malheureuse lui paraît préférable à la sienne; elle en est d'une mélancolie qui achève d'éloigner d'elle...

- Si je me mettais en tête de vous faire à l'une et à l'autre le sort le plus brillant, vous y consentiriez donc?

- A bien moins.

- Mais il s'agit de savoir si vous pouvez me promettre de vous conformer à la rigueur des conseils que je vous donnerai.

- Quels qu'ils soient vous pouvez y compter.

- Et vous serez à mes ordres quand il me plaira?

- Nous les attendrons avec impatience.

- Cela me suffit; retournez-vous-en; vous ne tarderez pas à les recevoir. En attendant, défaites-vous de vos meubles, vendez tout, ne réservez pas même vos robes, si vous en avez de voyantes: cela ne cadrerait point à mes vues."

Jacques, qui commençait à s'intéresser, dit à l'hôtesse: "Et si nous buvions à la santé de Mme de La Pommeraye?

L'HÔTESSE: Volontiers.

JACQUES: Et à celle de Mme d'Aisnon.

L'HÔTESSE: Tope.

JACQUES: Et vous ne refuserez pas celle de Mlle d'Aisnon, qui a une jolie voix de chambre, peu de talent pour la danse, et une mélancolie qui la réduit à la triste nécessité d'accepter un nouvel amant tous les soirs.

L'HÔTESSE: Ne riez pas, c'est la plus cruelle chose. Si vous saviez le supplice quand on n'aime pas!...

JACQUES: A Mlle d'Aisnon, à cause de son supplice.

L HÔTESSE: Allons.

JACQUES: Notre hôtesse, aimez-vous votre mari?

L'HÔTESSE: Pas autrement.

JACQUES: Vous êtes donc bien à plaindre; car il me semble d'une belle santé.

L'HÔTESSE: Tout ce qui reluit n'est pas or.

JACQUES: A la belle santé de notre hôte.

L HÔTESSE: Buvez tout seul.

LE MAÎTRE: Jacques, Jacques, mon ami, tu te presses beaucoup.

L'HÔTESSE: Ne craignez rien, monsieur, il est loyal; et demain il n'y paraîtra pas.

JACQUES: Puisqu'il n'y paraîtra pas demain, et que je ne fais pas ce soir grand cas de ma raison, mon maître, ma belle hôtesse, encore une santé, une santé qui me tient fort à coeur, c'est celle de l'abbé de Mlle d'Aisnon.

L'HÔTESSE: Fi donc, monsieur Jacques; un hypocrite, un ambitieux, un ignorant, un calomniateur, un intolérant; car c'est comme cela qu'on appelle, je crois, ceux qui égorgeraient volontiers quiconque ne pense pas comme eux.

LE MAÎTRE: C'est que vous ne savez pas, notre hôtesse, que Jacques que voilà est une espèce de philosophe, et qu'il fait un cas infini de ces petits imbéciles qui se déshonorent eux-mêmes et la cause qu'ils défendent si mal. Il dit que son capitaine les appelait le contrepoison des Huet, des Nicole, des Bossuet. Il n'entendait rien à cela, ni vous non plus... Votre mari est-il couché?

L'HÔTESSE: Il y a belle heure!

LE MAÎTRE: Et il vous laisse causer comme cela?

L'HÔTESSE: Nos maris sont aguerris... Mme de La Pommeraye monte dans son carrosse, court les faubourgs les plus éloignés du quartier de la d'Aisnon, loue un petit appartement en maison honnête, dans le voisinage de la paroisse, le fait meubler le plus succinctement qu'il est possible, invite la d'Aisnon et sa fille à dîner, et les installe, ou le jour même, ou quelques jours après, leur laissant un précis de la conduite qu'elles ont à tenir.

JACQUES: Notre hôtesse, nous avons oublié la santé de Mme de La Pommeraye, celle du marquis des Arcis; ah! cela n'est pas honnête.

L'HÔTESSE: Allez, allez, monsieur Jacques, la cave n'est pas vide... Voici ce précis, ou ce que j'en ai retenu:

"Vous ne fréquenterez point les promenades publiques, car il ne faut pas qu'on vous découvre.

"Vous ne recevrez personne, pas même vos voisins et vos voisines, parce qu'il faut que vous affectiez la plus profonde retraite.

Vous prendrez, dès demain, l'habit de dévotes, parce qu'il faut qu'on vous croie telles.

Vous n'aurez chez vous que des livres de dévotion, parce qu'il ne faut rien autour de vous qui puisse vous trahir.

Vous serez de la plus grande assiduité aux offices de la paroisse, jours de fêtes et jours ouvrables.

Vous vous intriguerez pour avoir entrée au parloir de quelque couvent; le bavardage de ces recluses ne nous sera pas inutile.

Vous ferez connaissance étroite avec le curé et les prêtres de la paroisse, parce que je puis avoir besoin de leur témoignage.

Vous n'en recevrez d'habitude aucun.

Vous irez à confesse et vous approcherez des sacrements au moins deux fois le mois.

Vous reprendrez votre nom de famille, parce qu'il est honnête, et qu'on fera tôt ou tard des informations dans votre province.

Vous ferez de temps en temps quelques petites aumônes, et vous n'en recevrez point, sous quelque prétexte que ce puisse être. Il faut qu'on ne vous croie ni pauvres ni riches.

Vous filerez, vous coudrez, vous tricoterez, vous broderez, et vous donnerez aux dames de charité votre ouvrage à vendre.

Vous vivrez de la plus grande sobriété; deux petites portions d'auberge; et puis c'est tout.

Votre fille ne sortira jamais sans vous, ni vous sans elle. De tous les moyens d'édifier à peu de frais, vous n'en négligerez aucun.

Surtout jamais chez vous, je vous le répète, ni prêtres, ni moines, ni dévotes.

Vous irez dans les rues les yeux baissés; à l'église, vous ne verrez que Dieu."

J'en conviens, cette vie est austère, mais elle ne durera pas, et je vous en promets la plus signalée récompense. Voyez, consultez-vous: si cette contrainte vous paraît au-dessus de vos forces, avouez-le-moi; je n'en serai ni offensée, ni surprise. J'oubliais de vous dire qu'il serait à propos que vous vous fissiez un verbiage de la mysticité, et que l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament vous devînt familière, afin qu'on vous prenne pour des dévotes d'ancienne date. Faites-vous jansénistes ou molinistes, comme il vous plaira; mais le mieux sera d'avoir l'opinion de votre curé. Ne manquez pas, à tort et à travers, dans toute occasion de vous déchaîner contre les philosophes; criez que Voltaire est l'Antéchrist, sachez par coeur l'ouvrage de votre petit abbé, et colportez-le, s'il le faut..."

Mme de La Pommeraye ajouta: "Je ne vous verrai point chez vous; je ne suis pas digne du commerce d'aussi saintes femmes; mais n'en ayez aucune inquiétude: vous viendrez ici clandestinement quelquefois, et nous nous dédommagerons, en petit comité, de votre régime pénitent. Mais, tout en jouant la dévotion, n'allez pas vous en empêtrer. Quant aux dépenses de votre petit ménage, c'est mon affaire. Si mon projet réussit, vous n'aurez plus besoin de moi; s'il manque sans qu'il y ait de votre faute, je suis assez riche pour vous assurer un sort honnête et meilleur que l'état que vous m'aurez sacrifié. Mais surtout soumission, soumission absolue, illimitée à mes volontés, sans quoi je ne réponds de rien pour le présent, et ne m'engage à rien pour l'avenir."

LE MAÎTRE, en frappant sur sa tabatière et regardant à sa montre l'heure qu'il est: Voilà une terrible tête de femme! Dieu me garde d'en rencontrer une pareille.

L'HÔTESSE: Patience, patience, vous ne la connaissez pas encore.

JACQUES: En attendant, ma belle, notre charmante hôtesse, si nous disions un mot à la bouteille?

L'HÔTESSE: Monsieur Jacques, mon vin de Champagne m'embellit à vos yeux.

LE MAÎTRE: Je suis pressé depuis si longtemps de vous faire une question, peut-être indiscrète, que je n'y saurais plus tenir.

L'HÔTESSE: Faites votre question.

LE MAÎTRE: Je suis sûr que vous n'êtes pas née dans une hôtellerie.

L HÔTESSE: Il est vrai.

LE MAÎTRE: Que vous y avez été conduite d'un état plus élevé par des circonstances extraordinaires.

L'HÔTESSE: J'en conviens.

LE MAÎTRE: Et si nous suspendions un moment l'histoire de Mme de La Pommeraye...

L'HÔTESSE: Cela ne se peut. Je raconte volontiers les aventures des autres, mais non pas les miennes. Sachez seulement que j'ai été élevée à Saint-Cyr, où j'ai peu lu l'Evangile et beaucoup de romans. De l'abbaye royale à l'auberge que je tiens il y a loin.

LE MAÎTRE: Il suffit; prenez que je ne vous aie rien dit.

L'HÔTESSE: Tandis que nos deux dévotes édifiaient, et que la bonne odeur de leur piété et de la sainteté de leurs moeurs se répandait à la ronde, Mme de La Pommeraye observait avec le marquis les démonstrations extérieures de l'estime, de l'amitié, de la confiance la plus parfaite. Toujours bien venu, jamais ni grondé, ni boudé, même après de longues absences: il lui racontait toutes ses petites bonnes fortunes, et elle paraissait s'en amuser franchement. Elle lui donnait ses conseils dans les occasions d'un succès difficile; elle lui jetait quelquefois des mots de mariage, mais c'était d'un ton si désintéressé, qu'on ne pouvait la soupçonner de parler pour elle. Si le marquis lui adressait quelques-uns de ces propos tendres ou galants dont on ne peut guère se dispenser avec une femme qu'on a connue, ou elle en souriait, ou elle les laissait tomber. A l'en croire, son coeur était paisible; et, ce qu'elle n'aurait jamais imaginé, elle éprouvait qu'un ami tel que lui suffisait au bonheur de la vie; et puis elle n'était plus de la première jeunesse, et ses goûts étaient bien émoussés.

"Quoi! vous n'avez rien à me confier?

- Non.

- Mais le petit comte, mon amie, qui vous pressait si vivement de mon règne?

- Je lui ai fermé ma porte, et je ne le vois plus.

- C'est d'une bizarrerie! Et pourquoi l'avoir éloigné?

- C'est qu'il ne me plaît pas.

- Ah! madame, je crois vous deviner: vous m'aimez encore.

- Cela se peut.

- Vous comptez sur un retour.

- Pourquoi non?

- Et vous vous ménagez tous les avantages d'une conduite sans reproche.

- Je le crois.

- Et si j'avais le bonheur ou le malheur de reprendre, vous vous feriez au moins un mérite du silence que vous garderiez sur mes torts.

- Vous me croyez bien délicate et bien généreuse.

- Mon amie, après ce que vous avez fait, il n'est aucune sorte d'héroïsme dont vous ne soyez capable.

- Je ne suis pas trop fâchée que vous le pensiez.

- Ma foi, je cours le plus grand danger avec vous, j'en suis sûr."

JACQUES: Et moi aussi.

L'HÔTESSE: y avait environ trois mois qu'ils en étaient au même point, lorsque Mme de La Pommeraye crut qu'il était temps de mettre en jeu ses grands ressorts. Un jour d'été qu'il faisait beau et qu'elle attendait le marquis à dîner, elle fit dire à la d'Aisnon et à sa fille de se rendre au Jardin du Roi. Le marquis vint; on servit de bonne heure; on dîna: on dîna gaiement. Après dîner, Mme de La Pommeraye propose une promenade au marquis, s'il n'avait rien de plus agréable à faire. Il n'y avait ce jour-là ni Opéra, ni comédie; ce fut le marquis qui en fit la remarque; et pour se dédommager d'un spectacle amusant par un spectacle utile, le hasard voulut que ce fut lui-même qui invita la marquise à aller voir le Cabinet du Roi. Il ne fut pas refusé, comme vous pensez bien. Voilà les chevaux mis; les voilà partis; les voilà arrivés au Jardin du Roi; et les voilà mêlés dans la foule, regardant tout, et ne voyant rien, comme les autres...

Lecteur, j'avais oublié de vous peindre le site des trois personnages dont il s'agit ici: Jacques, son maître et l'hôtesse; faute de cette attention, vous les avez entendus parler, mais vous ne les avez point vus; il vaut mieux tard que jamais. Le maître, à gauche, en bonnet de nuit, en robe de chambre, était étalé nonchalamment dans un grand fauteuil de tapisserie, son mouchoir jeté sur le bras du fauteuil, et sa tabatière à la main. L'hôtesse sur le fond, en face de la porte, proche la table, son verre devant elle. Jacques, sans chapeau, à sa droite, les deux coudes appuyés sur la table, et la tête penchée entre deux bouteilles: deux autres étaient à terre à côté de lui.

"Au sortir du Cabinet, le marquis et sa bonne amie se promenèrent dans le jardin. Ils suivaient la première allée qui est à droite en entrant, proche l'école des arbres, lorsque Mme de La Pommeraye fit un cri de surprise, en disant: "Je ne me trompe pas, je crois que ce sont elles; oui, ce sont elles-mêmes."

Aussitôt on quitte le marquis, et l'on s'avance à la rencontre de nos deux dévotes. La d'Aisnon fille était à ravir sous ce vêtement simple, qui, n'attirant point le regard, fixe l'attention tout entière sur la personne. "Ah! c'est vous, madame?

- Oui, c'est moi.

- Et comment vous portez-vous, et qu'êtes-vous devenue depuis une éternité?

- Vous savez nos malheurs; il a fallu s'y résigner, et vivre retirées comme il convenait à notre petite fortune; sortir du monde, quand on ne peut plus s'y montrer décemment.

- Mais, moi, me délaisser, moi qui ne suis pas du monde, et qui ai toujours de bon esprit de le trouver aussi maussade qu'il l'est!

- Un des inconvénients de l'infortune, c'est la méfiance qu'elle inspire: les indigents craignent d'être importuns.

- Vous, importunes pour moi! ce soupçon est une bonne injure.

- Madame, j'en suis tout à fait innocente, je vous ai rappelée dix fois à maman, mais elle me disait: Mme de La Pommeraye... personne, ma fille, ne pense plus à nous.

- Quelle injustice! Asseyons-nous, nous causerons. Voilà M. le marquis des Arcis; c'est mon ami; et sa présence ne nous gênera pas. Comme mademoiselle est grandie! comme elle est embellie depuis que nous ne nous sommes vues!

- Notre position a cela d'avantageux qu'elle nous prive de tout ce qui nuit à la santé: voyez son visage, voyez ses bras; voilà ce qu'on doit à la vie frugale et réglée, au sommeil, au travail, à la bonne conscience; et c'est quelque chose..."

On s'assit, on s'entretint d'amitié. La d'Aisnon mère parla bien, la d'Aisnon fille parla peu. Le ton de la dévotion fut celui de l'une et de l'autre, mais avec aisance et sans pruderie. Longtemps avant la chute du jour nos deux dévotes se levèrent. On leur représenta qu'il était encore de bonne heure; la d'Aisnon mère dit assez haut, à l'oreille de Mme de La Pommeraye, qu'elles avaient encore un exercice de piété à remplir, et qu'il leur était impossible de rester plus longtemps. Elles étaient déjà à quelque distance, lorsque Mme de La Pommeraye se reprocha de ne leur avoir pas demandé leur demeure, et de ne leur avoir pas appris la sienne: "C'est une faute, ajouta-t-elle, que je n'aurais pas commise autrefois." Le marquis courut pour la réparer; elles acceptèrent l'adresse de Mme de La Pommeraye, mais, quelles que furent les instances du marquis, il ne put obtenir la leur. Il n'osa pas leur offrir sa voiture, en avouant à Mme de La Pommeraye qu'il en avait été tenté.

Le marquis ne manqua pas de demander à Mme de La Pommeraye ce que c'étaient que ces deux femmes.

"Ce sont deux créatures plus heureuses que nous. Voyez la belle santé dont elles jouissent! la sérénité qui règne sur leur visage! l'innocence, la décence qui dictent leurs propos! On ne voit point cela, on n'entend point cela dans nos cercles. Nous plaignons les dévots; les dévots nous plaignent: et à tout prendre, je penche à croire qu'ils ont raison.

- Mais, marquise, est-ce que vous seriez tentée de devenir dévote?

- Pourquoi pas?

- Prenez-y garde, je ne voudrais pas que notre rupture, si c'en est une, vous menât jusque-là.

- Et vous aimeriez mieux que je rouvrisse ma porte au petit comte?

- Beaucoup mieux.

- Et vous me le conseilleriez?

- Sans balancer..."

Mme de La Pommeraye dit au marquis ce qu'elle savait du nom, de la province, du premier état et du procès des deux dévotes, y mettant tout l'intérêt et tout le pathétique possible, puis elle ajouta: "Ce sont deux femmes d'un mérite rare, la fille surtout. Vous concevez qu'avec une figure comme la sienne on ne manque de rien ici quand on veut en faire ressource; mais elles ont préféré une honnête modicité à une aisance honteuse; ce qui leur reste est si mince, qu'en vérité je ne sais comment elles font pour subsister. Cela travaille nuit et jour. Supporter l'indigence quand on y est né, c'est ce qu'une multitude d'hommes savent faire; mais passer de l'opulence au plus étroit nécessaire, s'en contenter, y trouver la félicité, c'est ce que je ne comprends pas. Voilà à quoi sert la religion. Nos philosophes auront beau dire, la religion est une bonne chose.

- Surtout pour les malheureux.

- Et qui est-ce qui ne l'est pas plus ou moins?

- C'est que nos opinions religieuses ont peu d'influence sur nos moeurs. Mais, mon amie, je vous jure que vous vous acheminez à toutes jambes au confessionnal.

- C'est bien ce que je pourrais faire de mieux.

- Allez, vous êtes folle; vous avez encore une vingtaine d'années de jolis péchés à faire: n'y manquez pas; ensuite vous vous en repentirez, et vous irez vous en vanter aux pieds du prêtre, si cela vous convient... Mais voilà une conversation d'un tour bien sérieux; votre imagination se noircit furieusement, et c'est l'effet de cette abominable solitude où vous vous êtes renfoncée. Croyez-moi, rappelez au plus tôt le petit comte, vous ne verrez plus ni diable, ni enfer, et vous serez charmante comme auparavant. Vous craignez que je vous le reproche si nous nous raccommodons jamais; mais d'abord nous ne nous raccommoderons peut-être pas; et par une appréhension bien ou mal fondée, vous vous privez du plaisir le plus doux; et, en vérité, l'honneur de valoir mieux que moi ne vaut pas ce sacrifice.

- Vous dites bien vrai, aussi n'est-ce pas là ce qui me retient..."

Ils dirent encore beaucoup d'autres choses que je ne me rappelle pas.

JACQUES. Notre hôtesse, buvons un coup: cela rafraîchit la mémoire.

L'HÔTESSE: Buvons un coup... Après quelques tours d'allées, Mme de La Pommeraye et le marquis remontèrent en voiture. Mme de La Pommeraye dit: "Comme cela me vieillit! Quand cela vint à Paris, cela n'était pas plus haut qu'un chou.

- Vous parlez de la fille de cette dame que nous avons trouvée à la promenade?

- Oui. C'est comme dans un jardin où les roses fanées font place aux roses nouvelles. L'avez-vous regardée?

- Je n'y ai pas manqué.

- Comment la trouvez-vous?

- C'est la tête d'une vierge de Raphaël sur le corps de sa Galatée; et puis une douceur dans la voix!

- Une modestie dans le regard!

- Une bienséance dans le maintien!

- Une décence dans le propos qui ne m'a frappée dans aucune fille comme dans celle-là. Voilà l'effet de l'éducation.

- Lorsqu'il est préparé par un beau naturel."

Le marquis déposa Mme de La Pommeraye à sa porte; et Mme de La Pommeraye n'eut rien de plus pressé que de témoigner à nos deux dévotes combien elle était satisfaite de la manière dont elles avaient rempli leur rôle.

JACQUES: Si elles continuent comme elles ont débuté, monsieur le marquis des Arcis, fussiez-vous le diable, vous ne vous en tirerez pas.

LE MAÎTRE: Je voudrais bien savoir quel est leur projet.

JACQUES: Moi, j'en serais bien fâché: cela gâterait tout.

L'HÔTESSE: De ce jour, le marquis devint plus assidu chez Mme de La Pommeraye, qui s'en aperçut sans lui en demander la raison. Elle ne lui parlait jamais la première des deux dévotes; elle attendait qu'il entamât ce texte: ce que le marquis faisait toujours d'impatience et avec une indifférence mal simulée.

LE MARQUIS: Avez-vous vu vos amies?

MME DE LA POMMERAYE: Non.

LE MARQUIS: Savez vous que cela n'est pas trop bien? Vous êtes riche: elles sont dans le malaise; et vous ne les invitez pas même à manger quelquefois!

MME DE LA POMMERAYE: Je me croyais un peu mieux connue de monsieur le marquis. L'amour autrefois me prêtait des vertus; aujourd'hui l'amitié me prête des défauts. Je les ai invitées dix fois sans avoir pu les obtenir une. Elles refusent de venir chez moi, par des idées singulières; et quand je les visite, il faut que je laisse mon carrosse à l'entrée de la rue et que j'aille en déshabillé, sans rouge et sans diamants. Il ne faut pas trop s'étonner de leur circonspection: un faux rapport suffirait pour aliéner l'esprit d'un certain nombre de personnes bienfaisantes et les priver de leurs secours. Marquis, le bien apparemment coûte beaucoup à faire.

LE MARQUIS: Surtout aux dévots.

MME DE LA POMMERAYE: Puisque le plus léger prétexte suffit pour les en dispenser. Si l'on savait que j'y prends intérêt, bientôt on dirait: Mme de La Pommeraye les protège: elles n'ont besoin de rien... Et voilà les charités supprimées.

LE MARQUIS: Les charités?

MME DE LA POMMERAYE: Oui, monsieur, les charités!

LE MARQUIS: Vous les connaissez, et elles en sont aux charités?

MME DE LA POMMERAYE: Encore une fois, marquis, je vois bien que vous ne m'aimez plus, et qu'une partie de votre estime s'en est allée avec votre tendresse. Et qui est-ce qui vous a dit que, si ces femmes étaient dans le besoin des aumônes de la paroisse, c'était de ma faute?

LE MARQUIS: Pardon, madame, mille pardons, j'ai tort. Mais quelle raison de se refuser à la bienveillance d'une amie?

MME DE LA POMMERAYE: Ah! marquis, nous sommes bien loin, nous autres gens du monde, de connaître les délicatesses scrupuleuses des âmes timorées. Elles ne croient pas pouvoir accepter les secours de toute personne indistinctement.

LE MARQUIS: C'est nous ôter le meilleur moyen d'expier nos folles dissipations.

MME DE LA POMMERAYE: Point du tout. Je suppose, par exemple, que monsieur le marquis des Arcis fût touché de compassion pour elles que ne fait-il passer ces secours par des mains plus dignes?

LE MARQUIS: Et moins sûres.

MME DE LA POMMERAYE: Cela se peut.

LE MARQUIS: Dites-moi, si je leur envoyais une vingtaine de louis, croyez-vous qu'elles les refuseraient?

MME DE LA POMMERAYE: J'en suis sûre; et ce refus vous semblerait déplacé dans une mère qui a un enfant charmant?

LE MARQUIS: Savez-vous que j'ai été tenté de les aller voir?

MME DE LA POMMERAYE: Je le crois. Marquis, marquis, prenez garde à vous; voilà un mouvement de compassion bien subit et bien suspect.

LE MARQUIS: Quoi qu'il en soit, m'auraient-elles reçu?

MME DE LA POMMERAYE: Non certes! Avec l'éclat de votre voiture, de vos habits, de vos gens et les charmes de la jeune personne, il n'en fallait pas davantage pour apprêter au caquet des voisins, des voisines et les perdre.

LE MARQUIS: Vous me chagrinez; car, certes, ce n'était pas mon dessein. Il faut donc renoncer à les secourir et à les voir?

MME DE LA POMMERAYE: Je le crois.

LE MARQUIS: Mais si je leur faisais passer mes secours par votre moyen?

MME DE LA POMMERAYE: Je ne crois pas ces secours-là assez purs pour m'en charger.

LE MARQUIS: Voilà qui est cruel!

MME DE LA POMMERAYE: Oui, cruel: c'est le mot.

LE MARQUIS: Quelle vision! marquise, vous vous moquez. Une jeune fille que je n'ai jamais vue qu'une fois...

MME DE LA POMMERAYE: Mais du petit nombre de celles qu'on n'oublie pas quand on les a vues.

LE MARQUIS: Il est vrai que ces figures-là vous suivent.

MME DE LA POMMERAYE: Marquis, prenez garde à vous; vous vous préparez des chagrins; et j'aime mieux avoir à vous en garantir que d'avoir à vous en consoler. N'allez pas confondre celle-ci avec celles que vous avez connues: cela ne se ressemble pas; on ne les tente pas, on ne les séduit pas, on n'en approche pas, elles n'écoutent pas, on n'en vient pas à bout.

Après cette conversation, le marquis se rappela tout à coup qu'il avait une affaire pressée; il se leva brusquement et sortit soucieux.

Pendant un assez long intervalle de temps, le marquis ne passa presque pas un jour sans voir Mme de La Pommeraye; mais il arrivait, il s'asseyait, il gardait le silence; Mme de La Pommeraye parlait seule; le marquis, au bout d'un quart d'heure, se levait et s'en allait.

Il fit ensuite une éclipse de près d'un mois, après laquelle il reparut; mais triste, mais mélancolique, mais défait. La marquise, en le voyant, lui dit: "Comme vous voilà fait! d'où sortez-vous? Est-ce que vous avez passé tout ce temps en petite maison?

LE MARQUIS: Ma foi, à peu près. De désespoir, je me suis précipité dans un libertinage affreux.

MME DE LA POMMERAYE: Comment! de désespoir?

LE MARQUIS: Oui, de désespoir..."

Après ce mot, il se mit à se promener en long et en large sans mot dire; il allait aux fenêtres, il regardait le ciel, il s'arrêtait devant Mme de La Pommeraye; il allait à la porte, il appelait ses gens à qui il n'avait rien à dire; il les renvoyait; il rentrait; il revenait à Mme de La Pommeraye, qui travaillait sans l'apercevoir; il voulait parler, il n'osait; enfin Mme de La Pommeraye en eut pitié, et lui dit: "Qu'avez-vous? On est un mois sans vous voir; vous reparaissez avec un visage de déterré et vous rôdez comme une âme en peine.

LE MARQUIS: Je n'y puis plus tenir, il faut que je vous dise tout. J'ai été vivement frappé de la fille de votre amie; j'ai tout, mais tout fait pour l'oublier; et plus j'ai fait, plus je m'en suis souvenu. Cette créature angélique m'obsède; rendez-moi un service important.

MME DE LA POMMERAYE: Quel?

LE MARQUIS: Il faut absolument que je la revoie et que je vous en aie l'obligation. J'ai mis mes grisons en campagne. Toute leur venue, toute leur allée est de chez elles à l'église et de l'église chez elles. Dix fois je me suis présenté à pied sur leur chemin; elles ne m'ont seulement pas aperçu; je me suis planté sur leur porte inutilement. Elles m'ont d'abord rendu libertin comme un sapajou, puis dévot comme un ange; je n'ai pas manqué la messe une fois depuis quinze jours. Ah! mon amie, quelle figure! qu'elle est belle!..."

Mme de La Pommeraye savait tout cela. "C'est à dire, répondit-elle au marquis, qu'après avoir tout mis en oeuvre pour guérir, vous n'avez rien omis pour devenir fou, et que c'est le dernier parti qui vous a réussi?

LE MARQUIS: Et réussi, je ne saurais vous exprimer à quel point. N'aurez-vous pas compassion de moi et ne vous devrai-je pas le bonheur de la revoir?

MME DE LA POMMERAYE: La chose est difficile, et je m'en occuperai, mais à une condition: c'est que vous laisserez ces infortunées en repos et que vous cesserez de les tourmenter. Je ne vous cèlerai point qu'elles m'ont écrit de votre persécution avec amertume, et voilà leur lettre..."

La lettre qu'on donnait à lire au marquis avait été concertée entre elles. C'était la d'Aisnon fille qui paraissait l'avoir écrite par ordre de sa mère: et l'on y avait mis, d'honnête, de doux, de touchant, d'élégance et d'esprit, tout ce qui pouvait renverser la tête du marquis. Aussi en accompagnait-il chaque mot d'une exclamation; pas une phrase qu'il ne relût; il pleurait de joie; il disait à Mme de La Pommeraye: "Convenez donc, madame, qu'on n'écrit pas mieux que cela.

MME DE LA POMMERAYE: J'en conviens.

LE MARQUIS: Et qu'à chaque ligne on se sent pénétré d'admiration et de respect pour des femmes de ce caractère!

MME DE LA POMMERAYE: Cela devrait être.

LE MARQUIS: Je vous tiendrai ma parole; mais songez, je vous en supplie, à ne pas manquer à la vôtre.

MME DE LA POMMERAYE: En vérité, marquis je suis aussi folle que vous. Il faut que vous ayez conservé un terrible empire sur moi; cela m'effraye.

LE MARQUIS: Quand la verrai-je?

MME DE LA POMMERAYE: Je n'en sais rien. Il faut s'occuper premièrement du moyen d'arranger la chose, et d'éviter tout soupçon. Elles ne peuvent ignorer vos vues; voyez la couleur que ma complaisance aurait à leurs yeux, si elles s'imaginaient que j'agis de concert avec vous... Mais, marquis, entre nous, qu'ai-je besoin de cet embarras-là? Que m'importe que vous aimiez, que vous n'aimiez pas? que vous extravaguiez? Démêlez votre fusée vous-même. Le rôle que vous me faites faire est aussi trop singulier.

LE MARQUIS: Mon amie, si vous m'abandonnez, je suis perdu! Je ne vous parlerai point de moi, puisque je vous offenserais; mais je vous conjurerai par ces intéressantes et dignes créatures qui vous sont si chères; vous me connaissez, épargnez leur toutes les folies dont je suis capable. J'irai chez elles; oui, j'irai, je vous en préviens; je forcerai leur porte, j'entrerai malgré elles, je m'asseyerai, je ne sais ce que je dirai, ce que je ferai; car que n'avez vous point à craindre de l'état violent où je suis?..."

Vous remarquerez, messieurs, dit l'hôtesse, que depuis le commencement de cette aventure jusqu'à ce moment, le marquis des Arcis n'avait pas dit un mot qui ne fût un coup de poignard dirigé au coeur de Mme de La Pommeraye. Elle étouffait d'indignation et de rage; aussi répondit-elle au marquis, d'une voix tremblante et entrecoupée:

"Mais vous avez raison. Ah! si j'avais été aimée comme cela, peut-être que... Passons là-dessus... Ce n'est pas pour vous que j'agirai, mais je me flatte du moins, monsieur le marquis, que vous me donnerez du temps.

LE MARQUIS: Le moins, le moins que je pourrai.

JACQUES: Ah! notre hôtesse, quel diable de femme! Lucifer n'est pas pire. J'en tremble: et il faut que je boive un coup pour me rassurer... Est ce que vous me laisserez boire tout seul?

L'HÔTESSE: Moi, je n'ai pas peur... Mme de La Pommeraye disait: "Je souffre, mais je ne souffre pas seule. Cruel homme! j'ignore quelle sera la durée de mon tourment; mais j'éterniserai le tien..." Elle tint le marquis près d'un mois dans l'attente de l'entrevue qu'elle avait promise, c'est-à-dire qu'elle lui laissa tout le temps de pâtir, de se bien enivrer, et que sous prétexte d'adoucir la longueur du délai, elle lui permit de l'entretenir de sa passion.

LE MAîTRE: Et de la fortifier en en parlant.

JACQUES: Quelle femme! quel diable de femme! Notre hôtesse, ma frayeur redouble.

L'HÔTESSE: Le marquis venait donc tous les jours causer avec Mme de La Pommeraye, qui achevait de l'irriter, de l'endurcir et de le perdre par les discours les plus artificieux. Il s'informait de la patrie, de la naissance, de l'éducation, de la fortune et du désastre de ces femmes; il y revenait sans cesse, et ne se croyait jamais assez instruit et touché. La marquise lui faisait remarquer le progrès de ses sentiments, et lui en familiarisait le terme, sous prétexte de lui en inspirer de l'effroi. "Marquis, lui disait-elle, prenez-y garde, cela vous mènera loin; il pourrait arriver un jour que mon amitié, dont vous faites un étrange abus, ne m'excusât ni à mes yeux ni aux vôtres. Ce n'est pas que tous les jours on ne fasse de plus grandes folies. Marquis, je crains fort que vous n'obteniez cette fille qu'à des conditions qui, jusqu'à présent, n'ont pas été de votre goût."

Lorsque Mme de La Pommeraye crut le marquis bien préparé pour le succès de son dessein, elle arrangea avec les deux femmes qu'elles viendraient dîner chez elle; et avec le marquis que pour leur donner le change, il les surprendrait en habit de campagne: ce qui fut exécuté.

On en était au second service lorsqu'on annonça le marquis. Le marquis, Mme de La Pommeraye et les deux d'Aisnon, jouèrent supérieurement l'embarras, "Madame, dit-il à Mme de La Pommeraye, j'arrive de ma terre; il est trop tard pour aller chez moi où l'on ne m'attend que ce soir, et je me suis flatté que vous ne me refuseriez pas à dîner..." Et tout en parlant, il avait pris une chaise, et s'était mis à table. On avait disposé le couvert de manière qu'il se trouvât à côté de la mère et en face de la fille. Il remercia d'un clin d'oeil Mme de La Pommeraye de cette attention délicate. Après le trouble du premier instant, nos deux dévotes se rassurèrent. On causa, on fut même gai. Le marquis fut de la plus grande attention pour la mère, et de la politesse la plus réservée pour la fille. C'était un amusement secret bien plaisant pour ces trois femmes, que le scrupule du marquis à ne rien dire, à ne se rien permettre qui pût les effaroucher. Elles eurent l'inhumanité de le faire parler dévotion pendant trois heures de suite, et Mme de La Pommeraye lui disait: "Vos discours font merveilleusement l'éloge de vos parents; les premières leçons qu'on en reçoit ne s'effacent jamais. Vous entendez toutes les subtilités de l'amour divin, comme si vous n'aviez été qu'à saint François de Sales pour toute nourriture. N'auriez-vous pas été un peu quiétiste?

- Je ne m'en souviens plus..."

Il est inutile de dire que nos dévotes mirent dans la conversation tout ce qu'elles avaient de grâces, d'esprit, de séduction et de finesse. On toucha en passant le chapitre des passions, et Mlle Duquênoi (c'était son nom de famille) prétendit qu'il n'y en avait qu'une seule de dangereuse. Le marquis fut de son avis. Entre les six et sept heures, les deux femmes se retirèrent, sans qu'il fût possible de les arrêter; Mme de La Pommeraye prétendant avec Mme Duquênoi qu'il fallait aller de préférence à son devoir, sans quoi il n'y aurait presque point de journée dont la douceur ne fût altérée par le remords. Les voilà parties au grand regret du marquis, et le marquis en tête à tête avec Mme de La Pommeraye.

MME DE LA POMMERAYE: Eh bien! marquis, ne faut-il pas que je sois bien bonne? Trouvez-moi à Paris une autre femme qui en fasse autant.

LE MARQUIS, en se jetant à ses genoux: J'en conviens; il n'y en a pas une qui vous ressemble. Votre bonté me confond: vous êtes la seule véritable amie qu'il y ait au monde.

MME DE LA POMMERAYE: Etes-vous bien sûr de sentir toujours également le prix de mon procédé?

LE MARQUIS: Je serais un monstre d'ingratitude, si j'en rabattais.

MME DE LA POMMERAYE: Changeons de texte. Quel est l'état de votre coeur?

LE MARQUIS: Faut-il vous l'avouer franchement? Il faut que j'aie cette fille-là, ou que j'en périsse.

MME DE LA POMMERAYE: Vous l'aurez sans doute, mais il faut savoir comme quoi.

Le marquis fut environ deux mois sans se montrer chez Mme de La Pommeraye; et voici ses démarches dans cet intervalle. Il fit connaissance avec le confesseur de la mère et de la fille. C'était un ami du petit abbé dont je vous ai parlé. Ce prêtre, après avoir mis toutes les difficultés hypocrites qu'on peut apporter à une intrigue malhonnête, et vendu le plus chèrement qu'il fut possible la sainteté de son ministère, se prêta à tout ce que le marquis voulut.

La première scélératesse de l'homme de Dieu, ce fut d'aliéner la bienveillance du curé, et de lui persuader que ces deux protégées de Mme de La Pommeraye obtenaient de la paroisse une aumône dont elles privaient des indigents plus à plaindre qu'elles. Son but était de les amener à ses vues par la misère.

Ensuite il travailla au tribunal de la confession à jeter la division entre la mère et la fille. Lorsqu'il entendait la mère se plaindre de sa fille, il aggravait les torts de celle-ci, et irritait le ressentiment de l'autre. Si c'était la fille qui se plaignît de sa mère, il lui insinuait que la puissance des pères et mères sur leurs enfants était limitée, et que, si la persécution de sa mère était poussée jusqu'à un certain point, il ne serait peut-être pas impossible de la soustraire à une autorité tyrannique. Puis il lui donnait pour pénitence de revenir à confesse.

Une autre fois il lui parlait de ses charmes, mais lestement: c'était un des plus dangereux présents que Dieu pût faire à une femme; de l'impression qu'en avait éprouvée un honnête homme qu'il ne nommait pas, mais qui n'était pas difficile à deviner. Il passait de là à la miséricorde infinie du ciel et à son indulgence pour des fautes que certaines circonstances nécessitaient; à la faiblesse de la nature, dont chacun trouve l'excuse en soi-même; à la violence et à la généralité de certains penchants, dont les hommes les plus saints n'étaient pas exempts. Il lui demandait ensuite si elle n'avait point de désirs, si le tempérament ne lui parlait pas en rêves, si la présence des hommes ne la troublait pas. Ensuite, il agitait la question si une femme devait céder ou résister à un homme passionné, et laisser mourir et damner celui pour qui le sang de Jésus Christ a été versé: et il n'osait la décider. Puis il poussait de profonds soupirs; il levait les yeux au ciel, il priait pour la tranquillité des âmes en peine... La jeune fille le laissait aller. Sa mère et Mme de La Pommeraye, à qui elle rendait fidèlement les propos du directeur, lui suggéraient des confidences qui toutes tendaient à l'encourager.

JACQUES: Votre Mme de La Pommeraye est une méchante femme.

LE MAÎTRE: Jacques, c'est bientôt dit. Sa méchanceté, d'où lui vient-elle? Du marquis des Arcis. Rends celui-ci tel qu'il avait juré et qu'il devait être, et trouve-moi quelque défaut dans Mme de La Pommeraye. Quand nous serons en route, tu l'accuseras, et je me chargerai de la défendre. Pour ce prêtre, vil et séducteur, je te l'abandonne.

JACQUES: C'est un si méchant homme, que je crois que de cette affaire-ci je n'irai plus à confesse. Et vous, notre hôtesse?

L'HÔTESSE: Pour moi je continuerai mes visites à mon vieux curé, qui n'est pas curieux, et qui n'entend que ce qu'on lui dit.

JACQUES: Si nous buvions à la santé de votre curé?

L'HÔTESSE: Pour cette fois-ci je vous ferai raison; car c'est un bon homme qui, les dimanches et jours de fêtes, laisse danser les filles et les garçons, et qui permet aux hommes et aux femmes de venir chez moi, pourvu qu'ils n'en sortent pas ivres. A mon curé!

JACQUES: A votre curé.

L'HÔTESSE: Nos femmes ne doutaient pas qu'incessamment l'homme de Dieu ne hasardât de remettre une lettre à sa pénitente: ce qui fut fait; mais avec quel ménagement! Il ne savait de qui elle était; il ne doutait point que ce ne fût de quelque âme bienfaisante et charitable qui avait découvert leur misère, et qui leur proposait des secours; il en remettait assez souvent de pareilles. "Au demeurant vous êtes sage, madame votre mère est prudente, et j'exige que vous ne l'ouvriez qu'en sa présence." Mlle Duquênoi accepta la lettre et la remit à sa mère, qui la fit passer sur le champ à Mme de La Pommeraye. Celle-ci, munie de ce papier, fit venir le prêtre, l'accabla des reproches qu'il méritait, et le menaça de le déférer à ses supérieurs, si elle entendait encore parler de lui.

Dans cette lettre, le marquis s'épuisait en éloges de sa propre personne, en éloges de Mlle Duquênoi; peignait sa passion aussi violente qu'elle l'était, et proposait des conditions fortes, même un enlèvement.

Après avoir fait la leçon au prêtre, Mme de La Pommeraye appela le marquis chez elle; lui représenta combien sa conduite était peu digne d'un galant homme; jusqu'où elle pouvait être compromise; lui montra sa lettre, et protesta que, malgré la tendre amitié qui les unissait, elle ne pouvait se dispenser de la produire au tribunal des lois, ou de la remettre à Mme Duquênoi, s'il arrivait quelque aventure éclatante à sa fille.

"Ah! marquis, lui dit-elle, l'amour vous corrompt; vous êtes mal né, puisque le faiseur de grandes choses ne vous en inspire que d'avilissantes. Et que vous ont fait ces pauvres femmes, pour ajouter l'ignominie à la misère? Faut-il que, parce que cette fille est belle, et veut rester vertueuse, vous en deveniez le persécuteur? Est-ce à vous à lui faire détester un des plus beaux présents du ciel? Par où ai-je mérité, moi, d'être votre complice? Allons, marquis, jetez-vous à mes pieds, demandez-moi pardon, et faites serment de laisser mes tristes amies en repos." Le marquis lui promit de ne plus rien entreprendre sans son aveu; mais qu'il fallait qu'il eût cette fille à quelque prix que ce fût.

Le marquis ne fut point du tout fidèle à sa parole. La mère était instruite; il ne balança pas à s'adresser à elle. Il avoua le crime de son projet; il offrit une somme considérable, des espérances que le temps pourrait amener; et sa lettre fut accompagnée d'un écrin de riches pierreries.

Les trois femmes tinrent conseil. La mère et la fille inclinaient à accepter; mais ce n'était pas là le compte de Mme de La Pommeraye. Elle revint sur la parole qu'on lui avait donnée; elle menaça de tout révéler; et au grand regret de nos deux dévotes, dont la jeune détacha de ses oreilles des girandoles qui lui allaient si bien, l'écrin et la lettre furent renvoyés avec une réponse pleine de fierté et d'indignation.

Mme de La Pommeraye se plaignit au marquis du peu de fond qu'il y avait à faire sur ses promesses. Le marquis s'excusa sur l'impossibilité de lui proposer une commission si indécente. "Marquis, marquis, lui dit Mme de La Pommeraye, je vous ai déjà prévenu, et je vous le répète: vous n'en êtes pas où vous voudriez; mais il n'est plus temps de vous prêcher, ce seraient paroles perdues: il n'y a plus de ressources."

Le marquis avoua qu'il le pensait comme elle, et lui demanda la permission de faire une dernière tentative; c'était d'assurer des rentes considérables sur les deux têtes, de partager sa fortune avec les deux femmes, et de les rendre propriétaires à vie d'une de ses maisons à la ville, et d'une autre à la campagne. "Faites, lui dit la marquise; je n'interdis que la violence; mais croyez, mon ami, que 1'honneur et la vertu, quand elle est vraie, n'ont point de prix aux yeux de ceux qui ont le bonheur de les posséder. Vos nouvelles offres ne réussiront pas mieux que les précédentes: je connais ces femmes et j'en ferais la gageure."

Les nouvelles propositions sont faites. Autre conciliabule des trois femmes. La mère et la fille attendaient en silence la décision de Mme de La Pommeraye. Celle-ci se promena un moment sans parler. "Non, non, dit-elle, cela ne suffit pas à mon coeur ulcéré." Et aussitôt elle prononça le refus; et aussitôt ces deux femmes fondirent en larmes, se jetèrent à ses pieds, et lui représentèrent combien il était affreux pour elles de repousser une fortune immense, qu'elles pouvaient accepter sans aucune fâcheuse conséquence. Mme de La Pommeraye leur répondit sèchement: "Est-ce que vous imaginez que ce que je fais, je le fais pour vous? Qui êtes-vous? Que vous dois-je? A quoi tient-il que je ne vous renvoie l'une et l'autre à votre tripot? Si ce que l'on vous offre est trop pour vous, c'est trop peu pour moi. Ecrivez, madame, la réponse que je vais vous dicter, et qu'elle parte sous mes yeux." Ces femmes s'en retournèrent encore plus effrayées qu'affligées.

JACQUES: Cette femme a le diable au corps, et que veut-elle donc? Quoi! un refroidissement d'amour n'est pas assez puni par le sacrifice de la moitié d'une grande fortune?

LE MAÎTRE: Jacques, vous n'avez jamais été femme, encore moins honnête femme, et vous jugez d'après votre caractère qui n'est pas celui de Mme de La Pommeraye! Veux-tu que je te dise? J'ai bien peur que le mariage du marquis des Arcis et d'une catin ne soit écrit là-haut.

JACQUES: S'il est écrit là-haut, il se fera.

L'HÔTESSE: Le marquis ne tarda pas à reparaître chez Mme de La Pommeraye. "Eh bien, lui dit-elle, vos nouvelles offres?

LE MARQUIS: Faites et rejetées. J'en suis désespéré. Je voudrais arracher cette malheureuse passion de mon coeur; je voudrais m'arracher le coeur, et je ne saurais. Marquise, regardez-moi; ne trouvez-vous pas qu'il y a entre cette jeune fille et moi quelques traits de ressemblance?

MME DE LA POMMERAYE: Je ne vous en avais rien dit; mais je m'en étais aperçue. Il ne s'agit pas de cela: que résolvez-vous?

LE MAROUIS: Je ne puis me résoudre à rien. Il me prend des envies de me jeter dans une chaise de poste, et de courir tant que terre me portera; un moment après la force m'abandonne; je suis comme anéanti, ma tête s'embarrasse: je deviens stupide, et ne sais que devenir.

MME DE LA POMMERAYE: Je ne vous conseille pas de voyager; ce n'est pas la peine d'aller jusqu'à Villejuif pour revenir."

Le lendemain, le marquis écrivit à la marquise qu'il partait pour sa campagne; qu'il y resterait tant qu'il pourrait, et qu'il la suppliait de le servir auprès de ses amies, si l'occasion s'en présentait; son absence fut courte: il revint avec la résolution d'épouser.

JACQUES: Ce pauvre marquis me fait pitié.

LE MAÎTRE: Pas trop à moi.

L'HÔTESSE: Il descendit à la porte de Mme de La Pommeraye. Elle était sortie. En rentrant elle trouva le marquis étendu dans un fauteuil, les yeux fermés, et absorbé dans la plus profonde rêverie. "Ah! marquis, vous voilà? la campagne n'a pas eu de longs charmes pour vous.

- Non, lui répondit-il, je ne suis bien nulle part, et j'arrive déterminé à la plus haute sottise qu'un homme de mon état, de mon âge et de mon caractère puisse faire. Mais il vaut mieux épouser que de souffrir. J'épouse.

MME DE LA POMMERAYE: Marquis, l'affaire est grave, et demande de la réflexion.

LE MARQUIS: Je n'en ai fait qu'une, mais elle est solide: c'est que je ne puis jamais être plus malheureux que je le suis.

MME DE LA POMMERAYE: Vous pourriez vous tromper.

JACQUES: La traîtresse!

LE MARQUIS: Voici donc enfin, mon amie, une négociation dont je puis, ce me semble, vous charger honnêtement. Voyez la mère et la fille; interrogez la mère, sondez le coeur de la fille, et dites-leur mon dessein.

MME DE LA POMMERAYE: Tout doucement, marquis. J'ai cru les connaître assez pour ce que j'en avais à faire; mais à présent qu'il s'agit du bonheur de mon ami, il me permettra d'y regarder de plus près. Je m'informerai dans leur province, et je vous promets de les suivre pas à pas pendant toute la durée de leur séjour à Paris.

LE MARQUIS: Ces précautions me semblent assez superflues. Des femmes dans la misère, qui résistent aux appâts que je leur ai tendus, ne peuvent être que les créatures les plus rares. Avec mes offres, je serais venu à bout d'une duchesse. D'ailleurs, ne m'avez-vous pas dit vous-même...

MME DE LA POMMERAYE: Oui, j'ai dit tout ce qu'il vous plaira; mais avec tout cela, permettez que je me satisfasse.

JACQUES: La chienne! la coquine! l'enragée! et pourquoi aussi s'attacher à une pareille femme?

LE MAÎTRE: Et pourquoi aussi la séduire et s'en détacher?

L'HÔTESSE: Pourquoi cesser de l'aimer sans rime ni raison?

JACQUES, montrant le ciel du doigt: Ah! mon maître!

LE MARQUIS: Pourquoi, marquise, ne vous mariez-vous pas aussi?

MME DE LA POMMERAYE: A qui, s'il vous plaît?

LE MARQUIS: Au petit comte; il a de l'esprit, de la naissance, de la fortune.

MME DE LA POMMERAYE: Et qui est-ce qui me répondra de sa fidélité? C'est vous peut-être!

LE MARQUIS: Non; mais il me semble qu'on se passe aisément de la fidélité d'un mari.

MME DE LA POMMERAYE: D'accord; mais si le mien m'était infidèle, je serais peut-être assez bizarre pour m'en offenser; et je suis vindicative.

LE MARQUIS: Eh bien! vous vous vengeriez, cela s'en va sans dire. C'est que nous prendrions un hôtel commun, et que nous formerions tous quatre la plus agréable société.

MME DE LA POMMERAYE: Tout cela est fort beau; mais je ne me marie pas. Le seul homme que j'aurais peut-être été tentée d'épouser...

LE MARQUIS: C'est moi?

MME DE LA POMMERAYE: Je puis vous l'avouer à présent sans conséquence.

LE MARQUIS: Et pourquoi ne me l'avoir pas dit?

MME DE LA POMMERAYE: Par l'événement, j'ai bien fait. Celle que vous allez avoir vous convient de tout point mieux que moi.

L'HÔTESSE: Mme de La Pommeraye mit à ses informations toute l'exactitude et la célérité qu'elle voulut. Elle produisit au marquis les attestations les plus flatteuses; il y en avait de Paris, il y en avait de la province. Elle exigea du marquis encore une quinzaine, afin qu'il s'examinât derechef. Cette quinzaine lui parut éternelle; enfin la marquise fut obligée de céder à son impatience et à ses prières. La première entrevue se fait chez ses amies; on y convient de tout, les bans se publient; le contrat se passe; le marquis fait présent à Mme de La Pommeraye d'un superbe diamant, et le mariage est consommé.

JACQUES: Quelle trame et quelle vengeance!

LE MAÎTRE: Elle est incompréhensible.

JACQUES: Délivrez-moi du souci de la première nuit des noces, et jusqu'à présent je n'y vois pas un grand mal.

LE MAÎTRE: Tais-toi, nigaud.

L'HÔTESSE: La nuit des noces se passa fort bien.

JACQUES: Je croyais...

L'HÔTESSE: Croyez à ce que votre maître vient de vous dire..." Et en parlant ainsi elle souriait, et en souriant, elle passait sa main sur le visage de Jacques, et lui serrait le nez... "Mais ce fut le lendemain...

JACQUES: Le lendemain ne fut ce pas comme la veille?

L'HÔTESSE: Pas tout à fait. Le lendemain, Mme de La Pommeraye écrivit au marquis un billet qui l'invitait à se rendre chez elle au plus tôt, pour affaire importante. Le marquis ne se fit pas attendre.

On le reçut avec un visage où l'indignation se peignait dans toute sa force; le discours qu'on lui tint ne fut pas long; le voici: "Marquis, lui dit-elle, apprenez à me connaître. Si les autres femmes s'estimaient assez pour éprouver mon ressentiment, vos semblables seraient moins communs. Vous aviez acquis une honnête femme que vous n'avez pas su conserver; cette femme, c'est moi; elle s'est vengée en vous en faisant épouser une digne de vous. Sortez de chez moi, et allez-vous en rue Traversière, à l'hôtel de Hambourg, où l'on vous apprendra le sale métier que votre femme et votre belle-mère ont exercé pendant dix ans, sous le nom de d'Aisnon."

La surprise et la consternation de ce pauvre marquis ne peuvent se rendre. Il ne savait qu'en penser; mais son incertitude ne dura que le temps d'aller d'un bout de la ville à l'autre. Il ne rentra point chez lui de tout le jour; il erra dans les rues. Sa belle-mère et sa femme eurent quelque soupçon de ce qui s'était passé. Au premier coup de marteau, la belle-mère se sauva dans son appartement, et s'y enferma à la clef; sa femme l'attendit seule. A l'approche de son époux, elle lut sur son visage la fureur qui le possédait. Elle se jeta à ses pieds, la face collée contre le parquet, sans mot dire. "Retirez-vous, lui dit-il, infâme! loin de moi..." Elle voulut se relever; mais elle retomba sur son visage, les bras étendus à terre entre les pieds du marquis. "Monsieur, lui dit-elle, foulez-moi aux pieds, écrasez-moi, car je l'ai mérité; faites de moi tout ce qu'il vous plaira; mais épargnez ma mère...

- Retirez-vous, reprit le marquis; retirez-vous! c'est assez de l'infamie dont vous m'avez couvert; épargnez-moi un crime."

La pauvre créature resta dans l'attitude où elle était et ne lui répondit rien. Le marquis était assis dans un fauteuil, la tête enveloppée de ses bras, et le corps à demi penché sur les pieds de son lit, hurlant par intervalles, sans la regarder: "Retirez-vous!..." Le silence et l'immobilité de la malheureuse le surprirent; il lui répeta d'une voix plus forte encore: "Qu'on se retire; est-ce que vous ne m'entendez pas? ..." Ensuite il se baissa, la repoussa durement, et reconnaissant qu'elle était sans sentiment et presque sans vie, il la prit par le milieu du corps, l'étendit sur un canapé, attacha un moment sur elle des regards où se peignaient alternativement la commisération et le courroux. Il sonna: des valets entrèrent; on appela ses femmes, à qui il dit: "Prenez votre maîtresse qui se trouve mal; portez-la dans son appartement, et secourez-la..." Peu d'instants après il envoya secrètement savoir de ses nouvelles. On lui dit qu'elle était revenue de son premier évanouissement; mais que, les défaillances se succédant rapidement, elles étaient si fréquentes et si longues qu'on ne pouvait lui répondre de rien. Une ou deux heures après il renvoya secrètement savoir son état. On lui dit qu'elle suffoquait, et qu'il lui était survenu une espèce de hoquet qui se faisait entendre jusque dans les cours. A la troisième fois, c'était sur le matin, on lui rapporta qu'elle avait beaucoup pleuré, que le hoquet s'était calmé, et qu'elle paraissait s'assoupir.

Le jour suivant, le marquis fit mettre ses chevaux à sa chaise, et disparut pendant quinze jours, sans qu'on sache ce qu'il était devenu. Cependant, avant de s'éloigner, il avait pourvu à tout ce qui était nécessaire à la mère et à la fille, avec ordre d'obéir à madame comme à lui-même. Pendant cet intervalle, ces deux femmes restèrent l'une en présence de l'autre, sans presque se parler, la fille sanglotant, et poussant quelquefois des cris, s'arrachant les cheveux, se tordant les bras, sans que sa mère osât s'approcher d'elle et la consoler. L'une montrait la figure du désespoir, l'autre la figure de l'endurcissement. La fille vingt fois dit à sa mère: "Maman, sortons d'ici, sauvons-nous." Autant de fois la mère s'y opposa, et lui répondit: "Non, ma fille, il faut rester; il faut voir ce que cela deviendra: cet homme ne nous tuera pas..." "Eh! plût à Dieu, lui répondait sa fille qu'il l'eût déjà fait!..." Sa mère lui répliquait: "Vous feriez mieux de vous taire, que de parler comme une sotte."

A son retour, le marquis s'enferma dans son cabinet, et écrivit deux lettres, l'une à sa femme, l'autre à sa belle-mère. Celle-ci partit dans la même journée, et se rendit au couvent des Carmélites de la ville prochaine, où elle est morte il y a quelques jours. Sa fille s'habilla, et se traîna dans l'appartement de son mari où il lui avait apparemment enjoint de venir. Dès la porte, elle se jeta à genoux. "Levez-vous", lui dit le marquis...

Au lieu de se lever, elle s'avança vers lui sur ses genoux; elle tremblait de tous ses membres: elle était échevelée; elle avait le corps un peu penché, les bras portés de son côté, la tête relevée, le regard attaché sur ses yeux, et le visage inondé de pleurs. "Il me semble", lui dit-elle, un sanglot séparant chacun de ses mots, "que votre coeur justement irrité s'est radouci, et que peut-être avec le temps j'obtiendrai miséricorde. Monsieur, de grâce, ne vous hâtez pas de me pardonner. Tant de filles honnêtes sont devenues de malhonnêtes femmes, que peut-être serai-je un exemple contraire. Je ne suis pas encore digne que vous vous rapprochiez de moi; attendez, laissez-moi seulement l'espoir du pardon. Tenez-moi loin de vous; vous verrez ma conduite; vous la jugerez: trop heureuse mille fois, trop heureuse si vous daignez quelquefois m'appeler! Marquez-moi le recoin obscur de votre maison où vous permettez que j'habite; j'y resterai sans murmure. Ah! si je pouvais m'arracher le nom et le titre qu'on m'a fait usurper, et mourir après, à l'instant vous seriez satisfait! Je me suis laissé conduire par faiblesse, par séduction, par autorité, par menaces, à une action infâme; mais ne croyez pas, monsieur, que je sois méchante: je ne le suis pas, puisque je n'ai pas balancé à paraître devant vous quand vous m'avez appelée, et que j'ose à présent lever les yeux sur vous et vous parler. Ah! si vous pouviez lire au fond de mon coeur, et voir combien mes fautes passées sont loin de moi; combien les moeurs de mes pareilles me sont étrangères! La corruption s'est posée sur moi; mais elle ne s'y est point attachée. Je me connais, et une justice que je me rends, c'est que par mes goûts, par mes sentiments, par mon caractère, j'étais née digne de l'honneur de vous appartenir. Ah! s'il m'eût été libre de vous voir, il n'y avait qu'un mot à dire, et je crois que j'en aurais eu le courage. Monsieur, disposez de moi comme il vous plaira; faites entrer vos gens: qu'ils me dépouillent, qu'ils me jettent la nuit dans la rue: je souscris à tout. Quel que soit le sort que vous me préparez, je m'y soumets: le fond d'une campagne, l'obscurité d'un cloître peut me dérober pour jamais à vos yeux: parlez, et j'y vais. Votre bonheur n'est point perdu sans ressources, et vous pouvez m'oublier...

- Levez-vous, lui dit doucement le marquis; je vous ai pardonné: au moment même de l'injure j'ai respecté ma femme en vous; il n'est pas sorti de ma bouche une parole qui l'ait humiliée, ou du moins je m'en repens, et je proteste qu'elle n'en entendra plus aucune qui l'humilie, si elle se souvient qu'on ne peut rendre son époux malheureux sans le devenir. Soyez honnête, soyez heureuse, et faites que je le sois. Levez-vous, je vous en prie, ma femme, levez-vous et embrassez-moi; madame la marquise, levez-vous, vous n'êtes pas à votre place; madame des Arcis, levez-vous..."

Pendant qu'il parlait ainsi, elle était restée le visage caché dans ses mains, et la tête appuyée sur les genoux du marquis; mais au mot de ma femme, au mot de Mme des Arcis, elle se leva brusquement, et se précipita sur le marquis, elle le tenait embrassé, à moitié suffoquée par la douleur et par la joie; puis elle se séparait de lui, se jetait à terre, et lui baisait les pieds.

"Ah! lui disait le marquis, je vous ai pardonné; je vous l'ai dit; et je vois que vous n'en croyez rien.

- Il faut, lui répondait-elle, que cela soit, et que je ne le croie jamais."

Le marquis ajoutait: "En vérité, je crois que je ne me repens de rien; et que cette Pommeraye, au lieu de se venger, m'aura rendu un grand service. Ma femme, allez vous habiller, tandis qu'on s'occupera à faire vos malles. Nous partons pour ma terre, où nous resterons jusqu'à ce que nous puissions reparaître ici sans conséquence pour vous et pour moi..."

Ils passèrent presque trois ans de suite absents de la capitale.

JACQUES: Et je gagerais bien que ces trois ans s'écoulèrent comme un jour, et que le marquis des Arcis fut un des meilleurs maris et eut une des meilleures femmes qu'il y eût au monde.

LE MAÎTRE: Je serais de moitié; mais en vérité je ne sais pourquoi, car je n'ai point été satisfait de cette fille pendant tout le cours des menées de la dame de La Pommeraye et de sa mère. Pas un instant de crainte, pas le moindre signe d'incertitude, pas un remords; je l'ai vue se prêter, sans aucune répugnance, à cette longue horreur. Tout ce qu'on a voulu d'elle, elle n'a jamais hésité à le faire; elle va à confesse; elle communie; elle joue la religion et ses ministres. Elle m'a semblé aussi fausse, aussi méprisable, aussi méchante que les deux autres... Notre hôtesse, vous narrez assez bien; mais vous n'êtes pas encore profonde dans l'art dramatique. Si vous vouliez que cette jeune fille intéressât, il fallait lui donner de la franchise, et nous la montrer victime innocente et forcée de sa mère et de La Pommeraye, il fallait que les traitements les plus cruels l'entraînassent, malgré qu'elle en eût, à concourir à une suite de forfaits continus pendant une année; il fallait préparer ainsi le raccommodement de cette femme avec son mari. Quand on introduit un personnage sur la scène, il faut que son rôle soit un: or je vous demanderai, notre charmante hôtesse, si la fille qui complote avec deux scélérates est bien la femme suppliante que nous avons vue aux pieds de son mari? Vous avez péché contre les règles d'Aristote, d'Horace, de Vida et de Le Bossu.

L'HÔTESSE: Je ne connais ni bossu ni droit: je vous ai dit la chose comme elle s'est passée, sans en rien omettre, sans y rien ajouter. Et qui sait ce qui se passait au fond du coeur de cette jeune fille, et si, dans les moments où elle nous paraissait agir le plus lestement, elle n'était pas secrètement dévorée de chagrin?

JACQUES: Notre hôtesse, pour cette fois, il faut que je sois de l'avis de mon maître qui me le pardonnera, car cela m'arrive si rarement; de son Bossu, que je ne connais point; et de ces autres messieurs qu'il a cités, et que je ne connais pas davantage. Si Mlle Duquênoi, ci-devant la d'Aisnon, avait été une jolie enfant, il y aurait paru.

L'HÔTESSE: Jolie enfant ou non, tant y a que c'est une excellente femme; que son mari est avec elle content comme un roi, et qu'il ne la troquerait pas contre une autre.

LE MAÎTRE: Je l'en félicite: il a été plus heureux que sage.

L'HÔTESSE: Et moi, je vous souhaite une bonne nuit. Il est tard, et il faut que je sois la dernière couchée et la première levée. Quel maudit métier! Bonsoir, messieurs, bonsoir. Je vous avais promis, je ne sais plus à propos de quoi, l'histoire d'un mariage saugrenu: et je crois vous avoir tenu parole. Monsieur Jacques, je crois que vous n'aurez pas de peine à vous endormir; car vos yeux sont plus qu'à demi fermés. Bonsoir, monsieur Jacques.

LE MAÎTRE: Eh bien, notre hôtesse, il n'y a donc pas moyen de savoir vos aventures?

L'HÔTESSE: Non.

JACQUES: Vous avez un furieux goût pour les contes!

LE MAÎTRE: Il est vrai; ils m'instruisent et m'amusent. Un bon conteur est un homme rare.

JACQUES: Et voilà tout juste pourquoi je n'aime pas les contes, à moins que je ne les fasse.

LE MAÎTRE: Tu aimes mieux parler mal que te taire.

JACQUES: Il est vrai.

LE MAÎTRE: Et moi, j'aime mieux entendre mal parler que de ne rien entendre.

JACQUES: Cela nous met tous deux fort à notre aise.

Je ne sais où l'hôtesse, Jacques et son maître avaient mis leur esprit, pour n'avoir pas trouvé une seule fois des choses qu'il y avait à dire en faveur de Mlle Duquênoi. Est-ce que cette fille comprit rien aux artifices de la dame de La Pommeraye, avant le dénouement? Est-ce qu'elle n'aurait pas mieux aimé accepter les offres que la main du marquis, et l'avoir pour amant que pour époux? Est-ce qu'elle n'était pas continuellement sous les menaces et le despotisme de la marquise? Peut-on la blâmer de son horrible aversion pour un état infâme? et si l'on prend le parti de l'en estimer davantage, peut-on exiger d'elle bien de la délicatesse, bien du scrupule dans le choix des moyens de s'en tirer?

Et vous croyez, lecteur, que l'apologie de Mme de La Pommeraye est plus difficile à faire? Il vous aurait été peut-être plus agréable d'entendre là-dessus Jacques et son maître; mais ils avaient à parler de tant d'autres choses plus intéressantes, qu'ils auraient vraisemblablement négligé celle-ci. Permettez donc que je m'en occupe un moment.

Vous entrez en fureur au nom de Mme de La Pommeraye, et vous vous écriez: "Ah! la femme horrible! ah! l'hypocrite! ah! la scélérate!..." Point d'exclamation, point de courroux, point de partialité: raisonnons. Il se fait tous les jours des actions plus noires, sans aucun génie. Vous pouvez haïr; vous pouvez redouter Mme de La Pommeraye: mais vous ne la mépriserez pas. Sa vengeance est atroce; mais elle n'est souillée d'aucun motif d'intérêt. On ne vous a pas dit qu'elle avait jeté au nez du marquis le beau diamant dont il lui avait fait présent; mais elle le fit: je le sais par les voies les plus sûres. Il ne s'agit ni d'augmenter sa fortune, ni d'acquérir quelques titres d'honneur. Quoi! si cette femme en avait fait autant, pour obtenir à un mari la récompense de ses services; si elle s'était prostituée à un ministre ou même à un premier commis pour un cordon ou pour une colonelle; au dépositaire de la feuille des Bénéfices, pour une riche abbaye, cela vous paraîtrait tout simple, l'usage serait pour vous; et lorsqu'elle se venge d'une perfidie, vous vous révoltez contre elle au lieu de voir que son ressentiment ne vous indigne que parce que vous êtes incapable d'en éprouver un aussi profond, ou que vous ne faites presque aucun cas de la vertu des femmes. Avez-vous un peu réfléchi sur les sacrifices que Mme de La Pommeraye avait faits au marquis? Je ne vous dirai pas que sa bourse lui avait été ouverte en toute occasion, et que pendant plusieurs années il n'avait eu d'autre maison, d'autre table que la sienne: cela vous ferait hocher de la tête; mais elle s'était assujettie à toutes ses fantaisies, à tous ses goûts; pour lui plaire elle avait renversé le plan de sa vie. Elle jouissait de la plus haute considération dans le monde, par la pureté de ses moeurs: et elle s'était rabaissée sur la ligne commune. On dit d'elle, lorsqu'elle eut agréé l'hommage du marquis des Arcis: "Enfin cette merveilleuse Mme de La Pommeraye s'est donc faite comme une d'entre nous..." Elle avait remarqué autour d'elle les souris ironiques; elle avait entendu les plaisanteries, et souvent elle en avait rougi et baissé les yeux; elle avait avalé tout le calice de l'amertume préparé aux femmes dont la conduite réglée a fait trop longtemps la satire des mauvaises moeurs de celles qui les entourent; elle avait supporté tout l'éclat scandaleux par lequel on se venge des imprudentes bégueules qui affichent de l'honnêteté. Elle était vaine; et elle serait morte de douleur plutôt que de promener dans le monde, après la honte de la vertu abandonnée, le ridicule d'une délaissée. Elle touchait au moment où la perte d'un amant ne se répare plus. Tel était son caractère, que cet événement la condamnait à l'ennui et à la solitude. Un homme en poignarde un autre pour un geste, pour un démenti; et il ne sera pas permis à une honnête femme perdue, déshonorée, trahie, de jeter le traître entre les bras d'une courtisane? Ah! lecteur, vous êtes bien légal dans vos éloges, et bien sévère dans votre blâme. Mais, me direz-vous, c'est plus encore la manière que la chose que je reproche à la marquise. Je ne me fais pas à un ressentiment d'une si longue tenue; à un tissu de fourberies, de mensonges, qui dure près d'un an. Ni moi non plus, ni Jacques, ni son maître, ni l'hôtesse. Mais vous pardonnez tout à un premier mouvement; et je vous dirai que, si le premier mouvement des autres est court, celui de Mme de La Pommeraye et des femmes de son caractère est long. Leur âme reste quelquefois toute leur vie comme au premier moment de l'injure; et quel inconvénient, quelle injustice y a-t-il à cela? Je n'y vois que des trahisons moins communes; et j'approuverais fort une loi qui condamnerait aux courtisanes celui qui aurait séduit et abandonné une honnête femme: l'homme commun aux femmes communes."

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La quatrième dimension (The Twilight Zone) - Résumés Episodes

Le début du deuxième épisode, "Pour les anges" (One for the Angels), Robert Parrish

Synopsis de toute la série culte des années 60, LA QUATRIEME DIMENSION.

La quatrième dimension, la série originale (The Twilight Zone)

--> Coffrets DVD versions remasterisées

Résumés (synopsis) des épisodes. (Source : Wikipedia, l'encyclopédie libre)

Saison 1 (1959-1960):

01 Solitude (ou La Ville déserte) Where Is Everybody? Robert Stevens

Un homme, seul, erre depuis longtemps dans une ville abandonnée. Il se croit fou lorsqu’il s’aperçoit qu’il est le seul habitant de cet endroit abominable. Finalement, il s’avère que l’homme s’appelle Mike Ferris et qu’il participe bénévolement à un programme virtuel spatial dans lequel il doit tenir longtemps dans un lieu isolé. Il a tenu 480 heures. Avant d’être emmené dans un centre hospitalier, Ferris demande à la lune de ne pas disparaître.

02 Pour les anges One for the Angels Robert Parrish

Le 19 juillet 1960, Lew Bookman est un vendeur âgé de 68 ans qui réalise sans grand succès ses dernières ventes. Un homme habillé de noir (la faucheuse), vient l’avertir qu’il l’emmènera ce soir. Bookman refuse de le suivre, ce qui implique qu’une petite fille se fait renverser par une voiture et devra partir à sa place. Déterminé, Bookman fait tout pour que la faucheuse rate son rendez-vous et il gagne un droit d’accès au paradis.

03 La Seconde Chance Mr. Denton on Doomsday Allen Reisner

Al Denton est un ancien cowboy devenu alcoolique. Il est souvent la victime des plaisanteries d'un bandit nommé Hotaling. Un jour, il boit par inadvertance une potion qui fait de lui un tireur aussi rapide que Lucky Luke. Mais tout ceci s'arrêtera le jour où il blessera à la fois un de ses adversaires en même temps qu'il se blessera lui-même.

04 Du succès au déclin The Sixteen-Millimeter Shrine Mitch Leisen

Barbara Jean Trenton est une star oubliée qui refuse de vieillir et passe toutes ses journées à regarder ses anciens films. Son agent Danny Weiss tente de lui faire décrocher un contrat puis de lui présenter un de ses anciens partenaires devenu désormais gérant de supermarché. En vain. Barbara finira happée à jamais dans une pellicule...

05 Souvenir d'enfance Walking Distance Robert Stevens

Martin Sloan, un vice-président d'une agence publicitaire, s'échappe un jour de New York et, pendant que sa voiture est en révision au garage le plus proche, il se rend à Homewood, son village natal qu'il n'a pas revu depuis longtemps. Il est surpris en s'apercevant que rien n'a changé, sans savoir qu'il s'est retrouvé dans sa ville telle qu'elle était lorsqu'il était enfant. Il tente de convaincre ses parents puis, voyant que c'est inutile, de se parler à lui-même. Mais le Martin enfant tombe d'un manège et se fait très mal à une jambe. Plus tard, le père de Martin vient le trouver en lui demandant de repartir dans son époque, même s'il le croit désormais. Martin Sloan arrive donc à Homewood telle qu'elle est aujourd'hui. Rien n'a changé excepté le fait qu'il boîte, désormais.

06 Immortel, moi, jamais ! Escape Clause Mitch Leisen

Walter Bedecker, est un hypocondriaque notoire qui empoisonne sa vie, celle de sa femme et de ses médecins. Il rencontre un jour le diable qui lui propose son âme contre un million d'années d'immortalité. Walter accepte et feint plusieurs accidents afin de toucher des assurances. Mais il commet l'erreur de tout dévoiler à sa femme et celle-ci, qui voulait l'empêcher de se jeter du haut du toit, s'écrase par terre. Walter commet ensuite l'erreur de tout raconter à son avocat et voit sa peine de mort transformée en emprisonnement à perpétuité. Il se souvient qu'il peut invoquer une clause de secours avec Satan mais lorsqu'il l'appelle, celui-ci le tue.

07 Le Solitaire The Lonely Jack Smight

James Corey est un condamné sur un astéroïde pour un crime qu'il n'a jamais commis. Un jour, les officiers chargés de lui rendre la vie plus supportable lui amènent une femme robot. D'abord hostile à son égard, il finit par l'apprécier jusqu'au moment où les officiers lui apprennent que son procès a été ajourné et qu'il est libre. Refusant de partir sans Alicia, sa seule amie, Corey voit avec horreur les officiers lui tirer dessus : elle n'était qu'un robot !

08 Question de temps Time Enough at Last John Brahm

Henry Bemis est un modeste guichetier de banque. Il n'aspire qu'à une chose : lire des livres. Mais son irascible épouse et son tyrannique employeur l'en empêchent. Un jour, suite à une guerre atomique, toute la population est décimée mis à part Bemis, qui était protégé parce qu'il lisait et déjeunait dans la salle des coffres. Dans un premier temps ravi, il constate ensuite que sa vie est un cauchemar et décide de se suicider puis change d'avis lorsqu'il aperçoit des livres qu'il pourra lire sans être dérangé. Mais ses lunettes tombent et se cassent...

09 La Poursuite du rêve Perchance to Dream Robert Florey

Edward Hall, un industriel, malade du cœur, raconte son rêve à son médecin : il a peur de s'endormir car il refuse d'être tué par la femme qui lui apparaît en rêve. C'est alors qu'il s'aperçoit que la secrétaire médicale ressemble à cette femme trait pour trait. Terrifié, il saute par la fenêtre. En réalité, le téléspectateur voit que Hall s'est allongé sur le divan du médecin et qu'il est mort d'épuisement.

10 La Nuit du jugement Judgment Night John Brahm

L'histoire se passe en 1942 : Carl Lanser un passager d'origine allemande est sur un bateau en pleine nuit mais il ne se souvient que de son nom et de sa ville natale, Francfort. De plus, il est certain que le navire sera torpillé à une heure quinze du matin sans savoir qu'il sera condamné à revivre éternellement cette nuit...

11 Les Trois Fantômes (ou Individus non identifiés) And When the Sky Was Opened Douglad Heyes

Après un vol spatial de 31 heures, les hommes de l'équipage, les colonels Harrington et Forbes et le major Garth reviennent sur terre. Bien qu'un peu secoués, les deux premiers peuvent quitter l'hôpital le lendemain. Ils se rendent dans un bar et Harrington veut appeler sa famille mais ses parents ne le reconnaissent pas et il a lui-même la sensation d'être rayé du monde. L'instant d'après Harrington disparaît mystérieusement et personne à part Forbes ne se souvient de lui. Retour au présent Forbes vient de finir son histoire . Cette histoire qu'il a racontée à Garth, le troisième homme qui lui est encore à l'hôpital , victime d'une jambe cassée. Le titre du journal a changé: les trois hommes photographiés avant leur départ ne sont plus que deux et l'un des trois lits a disparu. Plus tard, Forbes a peur qu'il lui arrive la même chose et s'enfuit en courant avant de disparaître. Après cela, Garth demande à l'infirmière où est son ami mais celle-ci dit qu'il n y avait personne. En lisant le journal, Garth est effrayé: Il n'y a plus que lui sur la photo et l'un des lits a disparu. L'instant d'après, Garth disparaît aussi.

12 Je sais ce qu'il vous faut What You Need John Brahm

Pedott est un vieil homme qui peut prédire aux gens ce dont ils ont besoin dans le futur. Fred Renard, un chômeur aigri et seul tente de s'approprier le don du vieil homme à ses dépends. Il est ainsi sauvé de la mort grâce à une paire de ciseaux ou trouve les pronostics des courses avec l'aide d'un stylo qui fonctionne mal. Mais il finira renversé par une voiture...

13 Quatre d'entre nous sont mourants The Four of Us Are Dying John Brahm

Archibald Hammer, un braqueur de banque possède un don surprenant : il peut changer de visage. Il se fait ainsi passer pour un trompettiste, Johnny Foster, puis pour un voleur, Virgil Sterig, puis pour un boxeur, Andy Marshak. Hélas, le père de ce dernier le reconnait et lui tire dessus car son fils était un homme ingrat et vilain.

14 La Troisième à partir du soleil Third from the Sun Richard L. Bare

Il raconte l'histoire de deux familles voulant fuir leur planète menacée de destruction afin de se rendre sur la Terre qui lui ressemble étrangement. Richard Matheson est l'auteur de cet épisode.

15 La Flèche dans le ciel I Shot an Arrow Into the Air Stuart Rosenberg

Huit hommes participent à un vol spatial mais s'écrasent dans l'espace. Quatre d'entre eux meurent et le cinquième, le navigateur est sérieusement blessé et le colonel et ses deux lieutenants se relaient pour s'occuper de lui. Mais l'un des lieutenants poussé par un instinct de survie refuse de partager son eau, entraînant la mort du navigateur. Le second lieutenant et le colonel seront assassinés plus tard par ce même lieutenant qui se rendra compte qu'en réalité, ils ont échoué dans le désert.

16 L'Auto-stoppeur (ou Le Voyageur) The Hitch-Hiker Alvin Ganzer

Nan Adams, conductrice de vingt-sept ans est la seule à voir un mystérieux auto-stoppeur. Après bien des péripéties, elle finit par appeler chez elle et une voisine lui dit que sa mère est à l'hôpital suite à une grave dépression: en effet, sa fille Nan se serait tuée dans un accident de la route. Cette dernière comprend alors que le mystérieux voyageur n'est autre que la faucheuse et accepte de le suivre.

17 La Fièvre du jeu The Fever Alvin Ganzer

Monsieur Franklin Gibbs et sa femme Flora sont en vacances à Las Vegas, la ville des machines à sous. Bien qu'il déteste le jeu, Franklin finit par être possédé par le démon de l'argent après qu'un homme lui eut demandé de jouer à sa place.

18 Le Lâche (ou Le Dernier Vol) The Last Flight William Claxton

William Baker, un pilote anglais vivant en 1917 se retrouve accidentellement en 1959 dans une base américaine. Il a bien du mal à convaincre les officiers de cette époque qu'il vient d'un autre temps. D'autant plus que son coéquipier présumé mort parce qu'il l'avait lâchement abandonné devant une escadrille allemande est devenu général...

19 Infanterie Platon The Purple Testament Richard L. Bare

Le lieutenant Fitzgerald possède un don surprenant : lorsqu'il voit une lumière blanche sur le visage de ses hommes, cela signifie qu'ils mourront au combat. Jusqu'au jour où c'est sur son propre reflet qu'il voit cette étrange lueur...

20 Requiem Elegy Douglas Heyes

Trois astronautes du futur arrivent sur une terre où tous les habitants semblent figés. Ils rencontrent l'unique habitant mobile de cet astéroïde : Jeremy Wickwire. Hélas, ils sont empoisonnés par du vin et se retrouvent ensuite transformés en statues de cire.

21 Image dans un miroir Mirror Image John Brahm

Millicent Barnes est une jeune femme qui attend paisiblement son autobus. Mais il semblerait qu'un double maléfique essaie de prendre sa place... elle en parle à un certain Paul qui ne la croit pas vraiment jusqu'à ce qu'il aperçoive le problème se manifester sous ses yeux.

22 Les Monstres de Maple Street The Monsters Are Due on Maple Street Ron Winston

Nous suivons l'histoire d'un petit village privé soudainement d'électricité. L'un des habitants est alors injustement accusé d'être à l'origine de cette panne car seule sa voiture fonctionne encore...

23 Un monde différent A World of Difference Ted Post

Arthur Curtis, un homme d'affaires à la vie plutôt rangé, dicte des consignes à sa secrétaire. Il entend soudain une voix dire « coupez ! ». Et ne comprend pas pourquoi tout le monde l'appelle Gérald Duncan ni pourquoi sa fille a disparu, de même que sa femme qui a été remplacée par une mégère aigrie voulant divorcer de lui alors qu'il ne l'a jamais vue...

24 Longue vie, Walter Jameson Long Live Walter Jameson Tony Leader

Walter Jameson, professeur d'histoire dans une université, s'entend plutôt bien avec Samuel, son collègue enseignant les sciences et père d'une Susanna que Walter veut justement épouser. Mais Samuel s'interroge sur l'âge de son collègue et Walter avoue être immortel. Pourtant, le destin se chargera de faire intervenir une ancienne fiancée de Walter qui l'assassine dans l'appartement de ce dernier avec un révolver. Samuel entre chez Walter et voyant celui-ci mort, constate l'atroce vérité.

25 Tous les gens sont partout semblables People Are Alike All Over David Orrick

Juste avant de partir pour une mission spatiale, les astronautes Marcusson et Conrad se demandent si les martiens ressemblent aux humains. Marcusson pense que oui mais pas Conrad. Durant le vol qui les conduit sur mars, Marcusson meurt et Conrad est le seul survivant. Il croit au départ que les martiens sont différents des humains car il obtient d'eux tout ce qu'il désire. Mais plus tard, il aperçoit des barreaux et comprend qu'il est emprisonné comme un lion en cage.

26 Exécution Execution Ron Winston

L'intrigue se déroule en 1880 : un cowboy du nom de Joe Caswell s'apprête sans grands remords à être pendu lorsqu'il est sauvé par un scientifique, le professeur Manion et sa machine à voyager dans le temps. En 1960, Caswell tente de s'adapter à un monde nouveau qu'il ne connaît pas mais le professeur découvre entre temps que son locataire lui a menti et décide de le renvoyer. Les deux hommes en viennent aux mains et Caswell brise une lampe sur la tête de son sauveur, le tuant sur le coup. Mais il ne parvient pas à survivre dans une ville où le bruit et la lumière ont une place primordiale. Alors qu'il retourne chez Manion, un voleur du nom de Johnson s'introduit dans le laboratoire et les deux hommes se battent : Johnson sort vainqueur de la bataille, Caswell meurt étranglé par le système d'ouverture des rideaux. Mais le cambrioleur active accidentellement la machine temporelle et se retrouve pendu à la place du pendu !

27 Le Vœu magique The Big Tall Wish Ron Winston

Bolie Jackson est un boxeur dont la carrière est sur le point de se briser. Le fils de ses voisins, qui croit en lui, décide au cours du match d'intervertir les deux boxeurs et Bolie, qui était en train de perdre, se retrouve gagnant. Mais, convaincu par le boxeur, le fils des voisins finira par tout remettre en ordre. Ni le boxeur ni son jeune ami n'ont en mémoire ce qui s'est passé auparavant, mais ils décident de ne plus croire aux vœux magiques.

28 Enfer ou Paradis A Nice Place to Visit John Brahm

Rocky Valentine, un criminel, est tué au cours d'un cambriolage. Il rencontre un certain Pip qui se présente comme étant son ange gardien, et lui offre tout ce qu'il désire. Mais Rocky, lassé d'avoir tout sans le moindre effort, demande à Pip de l'expédier en enfer, et ce dernier lui répond en riant qu'il y est.

29 Cauchemar Nightmare as a Child Alvin Ganzer

En rentrant chez elle, Helen Foley, institutrice, voit apparaître une jeune fille prénommée Markie qui semble en savoir beaucoup sur elle. Le temps passant, Markie s'avère être Helen lorsqu'elle était âgée de dix ans. En effet, un terrible événement s'est passé à cette époque...

30 Arrêt à Willoughby A Stop at Willoughby Robert Parrish

Gart Williams est un homme d'affaires très perturbé par son travail et son épouse. Un soir, en prenant le train pour rentrer chez lui, il s'endort et se réveille à Willoughby, une ville où il fait bon vivre. Après plusieurs réveils en sursaut, Williams décide de s'arrêter définitivement à Willoughby, mais ignore que cette ville n'existe que dans son imagination et, lorsqu'il saute du train, il meurt de froid car il a sauté du train pour de vrai !

31 La Potion magique The Chaser Douglas Heyes

Roger Shackleforth est amoureux de Leila, une jeune femme qui le trouve indifférent. Il achète donc un philtre d'amour à un vieux professeur. Et cela fonctionne : Leila devient amoureuse de Roger au point que celui-ci est forcé de demander un antidote. Pourtant, il casse malencontreusement le verre et est condamné à vivre avec une femme envahissante.

32 Coup de trompette A Passage for Trumpet Don Medford

Joey Crown est un excellent trompettiste, mais l'alcoolisme le pousse à vendre son instrument et à se jeter sous les roues d'un camion. Il se réveille ensuite dans un monde où personne ne peut le voir ou l'entendre à l'exception d'un autre trompettiste. Joey lui confie ses problèmes mais le trompettiste lui certifie qu'aucun des deux n'est mort. Joey réalise alors qu'il est au purgatoire et qu'il a le choix entre revenir sur Terre ou rester dans les limbes. Il se souvient alors de bons moments qu'il a eus dans sa vie et son ange gardien (l'autre trompettiste) accepte de le laisser vivre. L'épisode se termine quand Joey commence une nouvelle relation avec une femme arrivée à New York.

33 Un original Mr. Bevis Robert Parrish

Monsieur James B.W. Bevis diffère des autres par son costume, mais aussi par ses goûts qui sont, pour un homme de son âge, plutôt surprenants : animaux, vieilles voitures, jolies femmes, commerçants, cithares, enfants... Un jour, il fait la connaissance de son ange gardien, qui lui propose d'améliorer sa vie. Mais Bevis va vite regretter cette offre car si son patron l'augmente, si sa voiture est à la mode et si sa logeuse accepte de le laisser habiter dans son appartement, il a perdu le respect des gens qu'il aimait et qui l'aimaient. Il sacrifie alors sa gloire pour l'amour de ses prochains.

34 Neuvième Étage The After Hours Douglas Heyes

Marsha fait ses courses dans un grand magasin mais lorsqu'elle s'arrête au neuvième étage, elle découvre que cet étage est virtuel...

35 Le Champion The Mighty Casey Douglas Heyes

Le directeur d'une équipe de base-ball médiocre décide d'engager un robot, mais celui-ci tombe malade et doit être soigné au plus vite. Le docteur constate que Casey ne porte pas de cœur et le président de la fédération de base-ball accepte que Casey joue uniquement à la condition qu'il en ait un. Toutefois, sa guérison n'apportera pas le succès attendu car Casey devient trop gentil et fait perdre son équipe parce qu'il ne veut pas faire de peine à l'équipe adverse. L'entraîneur demande alors au docteur de créer une armée entière de robots, suite à la démission de Casey, devenu assistant social.

36 Un monde à soi A World of His Own Ralph Nelson

Gregory West a la particularité de rendre réel tout ce qu'il dicte dans sa machine à écrire... C'est du moins ce qu'il veut faire croire à son épouse Victoria, qui semble penser qu'il est fou. Pour lui montrer sa bonne foi, Grégory fait apparaître puis disparaître Mary, sa maîtresse imaginaire mais Victoria croit à un coup monté. Pour finir, Grégory révèle à son épouse qu'elle même n'est autre qu'une de ses créations et celle-ci se fait auto-disparaître. Au lieu de la faire revenir, West préfère recréer Mary en lui attribuant cette fois le rôle de sa femme.

Saison 2 (1960-1961) :

37 King Neuf sans retour King Nine Will Not Return Buzz Kulik

Le capitaine d'un bombardier, James Embry, échoue seul dans un désert, en se demandant ce qu'ont pu devenir ses compagnons. Il trouve une gourde d'eau, une casquette, et croit voir les fantômes des membres de son équipage. L'histoire se passe en 1943 mais Embry voit des choses qui ne sont pas réelles.

La fin de l'épisode révèle qu'il se trouve en réalité dans une chambre d'hôpital , examiné par un médecin et un psychiatre. Il a en réalité, fait un malaise, après avoir lu que l'avion qu'il était censé piloter en 1943 s'est écrasé dans le désert , tuant tous les passagers et le pilote. Mais une infirmière trouve du sable dans les affaires d'Embry.

38 L'Homme dans la bouteille The Man in the Bottle Don Medford

Arthur et Edna Castle, un couple de brocanteurs, libèrent accidentellement un génie d'une vieille lampe. Celui-ci leur accorde quatre vœux : en premier lieu, Arthur décide de réparer le carreau qu'il a accidentellement cassé. Puis il demande à posséder un million de dollars, mais le fisc intervient et l'accuse de fraude. Ensuite, Arthur demande à devenir l'homme le plus puissant du monde, mais se retrouve dans la peau d'Adolf Hitler quelques jours avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Finalement, Arthur demande que tout cela ne se soit jamais passé. Alors qu'il va jeter la lampe à la poubelle, il casse de nouveau un carreau mais sa femme et lui acceptent l'incident avec humour.

39 L'Homme et son double Nervous Man in a Four Dollar Room Douglas Heyes

Jackie Rhoades est un bandit sans envergure. Son patron menace de le tuer s'il refuse d'abattre un aubergiste. Un soir, Jackie est confronté à sa conscience, qui lui apparaît dans son miroir et lui montre ce qu'il aurait pu devenir. A la fin de l'histoire, Jackie assomme son patron. Une rébellion tardive ? Non, il a simplement échangé sa place avec celle de son reflet.

40 Allez-vous-en, Finchley ! A Thing About Machines Dave McDearmon

Bartlett Finchley est écrivain pour une revue gastronomique. Hautain et arrogant, il ne cesse de protester contre les machines quelles qu'elles soient. Un beau jour, les machines décident de se venger et le chassent de chez lui. Il est retrouvé mort dans sa piscine. Les autorités pensent qu'il s'est accidentellement noyé, mais la vérité est bien plus grave encore.

41 L'Homme qui hurle The Howling Man Douglas Heyes

Par un soir d'orage, David Ellington, un Américain voyageant en Europe centrale pendant l'entre deux guerres, s'égare et trouve refuge dans un monastère. Les moines refusent de l'héberger mais changent d'avis lorsqu'ils voient le malheureux s'écrouler sur le sol. A son réveil, Ellington fait la connaissance d'un prisonnier qui lui déclare être victime d'un fou. Le père supérieur clame au contraire que cet homme est le diable. Ellington libère le malheureux avant de se rendre compte que le père supérieur avait raison. On se rend alors compte qu'en réalité, ce n'est pas au télespectateur qu'il raconte son histoire, mais à sa femme de ménage à qui il interdit formellement d'ouvrir le placard. Mais celle-ci trop curieuse, ne peut résister à la tentation.

42 L'Œil de l'admirateur The Eye of the Beholder Douglas Heyes

Janet Tyler est une femme extrêmement disgracieuse. Dans cette société, où les gens laids sont considérés comme tuberculeux voire pire, les personnes de son cas ont droit à onze opérations chirurgicales avant de rejoindre, si toutes échouent, un village de monstres. Les personnages ont tous le visage masqué ou bandé dans cet épisode jusqu'à ce que Janet voie que son opération n'a pas fonctionné. Curieusement, les gens laids sont ici des gens « normaux » alors que les gens normaux sont des gens « laids ». Janet accepte donc de rejoindre le village.

43 Les Prédictions Nick of Time Richard L. Bare

Don et Pat Carter, un jeune couple nouvellement marié, s'arrêtent dans une station service pour faire le plein et manger un morceau. Là, ils tombent sur une machine à prédire la bonne aventure. Don, complètement obsédé par la machine, en devient littéralement dépendant, mais sa femme parvient à le raisonner en lui expliquant que les vies humaines ne dépendent pas de voyants. Don et Pat s'en vont, et un autre couple entre peu après : le spectateur voit alors ce qui s'est passé pour cet autre couple qui est devenu complètement dépendant de l'appareil et le laisse tout décider.

44 Les Robots du docteur Loren The Lateness of the Hour Jack Smight

Jana Loren est une célibataire qui vit dans un immense manoir avec ses parents et leurs domestiques, tous des robots. Excédée par la présence des androïdes, Jana impose un ultimatum à son père : il désactive les robots ou elle quitte la maison. Son père accepte de désactiver les machines, mais Jana découvre un peu plus tard qu'elle est elle aussi un robot avec une tâche bien précise. Ses parents la transforment alors en femme à tout faire, en remplacement de tous les domestiques.

45 Retour vers le passé The Trouble With Templeton Buzz Kulik

Booth Templeton est un acteur de théâtre. Veuf, il s'est remarié à une épouse de dix ans plus jeune que lui. Il regrette le temps où sa première femme était à ses côtés. Un jour, il s'aperçoit que le nouveau metteur en scène de sa compagnie théâtrale est extrêmement cruel et prend la fuite. Il se retrouve alors en 1927, l'année de ses débuts et cherche à prendre contact avec sa femme mais celle-ci le repousse froidement et le trouve inintéressant et trop vieux. Templeton parvient à retourner d'où il vient, par la même façon qu'il était parti, mais se demande si ce qu'il a vécu était bien réel.

46 Futurographe (ou Une curieuse caméra) A Most Unusual Camera John Rich

Chester et Paula Diederich sont deux voleurs. Un jour, ils effectuent un cambriolage dans un magasin d'antiquités et dérobent de nombreux objets dont un appareil photo qui permet de voir l'avenir mais avec lequel chaque personne ne peut faire que dix photos. Arrive alors Woodward, le frère de Paula, lui aussi un voleur. Après avoir misé sur plusieurs chevaux grâce à l'appareil, les trois compères rentrent à l'hôtel mais Chester et Woodward se battent pour savoir quoi faire de l'appareil photo, ils passent tous les deux par la fenêtre et meurent. Paula se croit tirée d'affaire mais Peter, le serveur allemand (Pierre, le serveur français dans la version originale) de l'hôtel où séjournent nos trois compères arrive afin de déposséder Paula de tout l'argent gagné malhonnêtement. Grand seigneur, il lui laisse l'appareil photo mais la prévient qu'il y a plus de deux corps étendus à terre. En voulant vérifier, Paula passe elle aussi par la fenêtre. Lorsque la dernière photo se développe enfin, Peter est choqué de s'apercevoir qu'il y a un quatrième corps, le sien !

47 La Nuit de Noël Night of the Meek Jack Smight

Henry Corwin est un clochard qui a été engagé comme Père Noël de grand magasin. Complètement ivre, il est alors renvoyé de son poste et trouve un sac magique rempli de cadeaux. Dans un premier temps, le gérant du magasin l'accuse de vol mais n'ayant aucune preuve suffisante, l'agent de police libère Corwin. Ce dernier, qui souhaite pouvoir donner toute sa vie des cadeaux devient un Père Noël.

48 Poussière Dust Douglas Heyes

Dans un village du sud des États-Unis, Luis Gallegos va être pendu pour avoir accidentellement renversé une fillette alors qu'il conduisait un char en état d'ivresse. Malgré le soutien de son père et du shérif Koch, Luis est désespéré. Sykes, un escroc (et clochard) propose au père une poudre magique permettant de sauver Luis mais ce dernier est sceptique parce que Sykes a également vendu la corde permettant de pendre son fils. Le père accepte d'acheter la poussière et la répand dans les airs. Aussitôt la corde casse et les parents de la fillette décident d'en rester là car ils ne veulent pas d'un second meurtre.

49 Le Retour Back There Dave McDearmon

En 1961, Peter Corrigan est membre d'un club de la haute société. Il discute avec ses amis de la possibilité de pouvoir changer le cours de l'histoire. Juste avant qu'il ne sorte du club, William, le majordome lui renverse accidentellement du café sur sa veste. Dehors, Peter s'aperçoit que le décor où il se trouve a changé et qu'il a accidentellement remonté le temps et qu'il s'est retrouvé le jour de l'assassinat du président Lincoln. Il tente d'avertir la population, mais personne ne le croit et il finit en prison jusqu'à ce qu'un homme accepte de le libérer. Cet homme se fait appeler Wellington mais est en réalité John Wilkes Booth. Après avoir mis Peter hors d'état de nuire, Booth accomplit son méfait. Mais un policier a cru Peter (même si celui-ci était supposé fou) et a informé les habitants de ce qui allait se passer. De retour dans son époque, Peter constate que Lincoln a bel et bien été assassiné. Il en déduit qu'on ne peut pas changer le cours de l'histoire mais s'aperçoit que c'est un autre majordome qui travaille au club et que William est désormais un des membres à part entière. Explication: Le policier était en fait l'arrière-grand-père de William. Il n'a pas pu empêcher le meurtre du président, mais il est devenu très célèbre, car il l'a deviné. Il est alors monté en grade et a fini millionnaire.

50 Rien que la vérité The Whole Truth James Sheldon

Harvey Hunnicutt est un vendeur de voitures peu scrupuleux. Un beau jour, il accepte d'acheter un véhicule à un vieil homme. Mais le véhicule empêche de mentir et Harvey se retrouve obligé de dire la vérité à tout le monde jusqu'à ce qu'arrive un autre client, un certain Nikita Khrouchtchev.

51 Les Envahisseurs The Invaders Douglas Heyes

Dans une ferme isolée sans eau ni électricité, une vieille femme, seule habitante du lieu, décide de traquer deux minuscules aliens qui ont élu domicile chez elle. Mais lorsqu'elle parvient à mettre hors d'état de nuire les deux pilotes et le vaisseau, il nous est révélé que les aliens venaient en réalité de la Terre et que la femme était une extra-terrestre.

52 Un sou pour vos pensées A Penny for Your Thoughts James Sheldon

Hector B Poole est un banquier tranquille jusqu'au jour où, en allant acheter son journal, il lance sa pièce pour payer le vendeur et celle-ci reste sur la tranche. Hector devient alors capable de lire dans les pensées des autres. Un don qui lui est dans un premier temps accidentel parce qu'il soupçonne injustement un autre employé, Smithers, de vouloir cambrioler la banque, mais qui s'avère ensuite fructueux pour découvrir que l'un des clients mise l'argent qu'on lui prête pour jouer aux courses, ou que le directeur est volage. Grâce à l'aide d'une certaine Helen Turner, Poole retrouve son poste et est même promu. Alors qu'il achète son journal du soir, il fait tomber la pièce restée sur la tranche en lançant une autre pièce. Aussitôt, son don disparaît.

53 Sans escale de vie à trépas Twenty-Two Jack Smight

Louise Powell est une danseuse de music-hall hospitalisée pour dépression nerveuse. Chaque nuit, elle fait le rêve qu'une infirmière lui dit qu'il reste encore une place de libre dans la chambre 22 (la morgue). Ni son agent un peu superficiel ni le docteur de la clinique, légèrement obsédé sexuel, ne la croient. Louise finit tout de même par quitter la clinique car elle a un avion à prendre mais au moment d'enregistrer ses bagages, elle constate avec effroi que l'embarquement est au quai 22, et lorsqu'elle s'apprête à monter dans l'avion, la même infirmière, déguisée cette fois en hôtesse de l'air, lui répète qu'il reste de la place pour elle. Complètement paniquée, Louise s'enfuit, ce qui lui sauve la vie car l'instant d'après, l'appareil explose en plein vol.

54 L'Odyssée du vol 33 The Odyssey of Flight 33 Justus Addiss (cet épisode n'a jamais été doublé en français)

Alors qu'ils sont dans un avion en route vers New-York, les passagers et membres d'équipage d'un avion atterrissent accidentellement un million d'années en arrière. Le commandant fait ce qu'il peut pour faire revenir ses passagers et associés à leur époque, mais il est déçu lorsqu'il s'aperçoit qu'il n'a réussi à les faire rentrer qu'en 1939, l'année de l'exposition universelle de New York.

55 M. Dingle (ou Le Surhomme) Mr. Dingle, the Strong John Brahm

Luther Dingle, un vendeur d'aspirateurs, lâche, bègue et pas très malin, est souvent la cible de gens plus forts que lui.

Un jour, deux extra-terrestres (uniquement visibles du téléspectateur) lui injectent une force supérieure à la moyenne. Dingle, au lieu de se servir de sa force à des fins utiles, préfère fanfaronner devant tout le monde. Les extra-terrestres lui retirent sa force, avant que d'autres (visibles eux aussi aux seuls yeux des téléspectateurs) lui donnent une intelligence hors du commun.

56 Parasites Static Buzz Kulik

L'histoire se passe dans une pension de famille. Ed Lindsay est le seul des pensionnaires à détester la télévision, et préfère la radio. Il monte donc un vieux récepteur dans sa chambre et s'aperçoit qu'il peut entendre d'anciennes émissions qui passaient quand il était jeune. Mais cela ne peut se produire que lorsqu'il est seul dans la pièce. Par la suite, Vinnie, une autre pensionnaire, entre en conflit avec Ed car elle n'a jamais pu l'épouser. Comme par enchantement, Vinnie et Ed rajeunissent et la radio se remet en marche.

57 Le Manipulateur The Prime Mover Richard L. Bare

Ace Larsen et Jimbo Cobb tiennent un bistrot. Larsen , amoureux d'une serveuse et éternel joueur de jeux de hasard, est en colère parce qu'il ne gagne jamais. Mais un soir, un accident de la route supposé sans histoire lui fait découvrir une facette de Jimbo qu'il ne soupçonnait pas : en effet, grâce à ses dons télékinésiques, Jimbo parvient à sauver les occupants de la voiture en flammes. Ace décide de l'emmener à Las Vegas pour s'enrichir mais Jimbo perd ses pouvoirs (c'est du moins ce qu'il veut lui faire croire).

58 Conversation avec l'au-delà Long Distance Call James Sheldon

Billy Bayles est un garçon de cinq ans qui fête son anniversaire en compagnie de ses parents et de sa vieille grand-mère malade. Cette dernière offre à son petit fils un téléphone . Mais son état empire et elle demande à voir une dernière fois son petit fils. Lorsqu'elle disparaît, Billy affirme qu'il peut entendre sa grand-mère au téléphone et qu'il lui parle plusieurs fois par jour.Le père finit par comprendre que sa mère complètement obsédée par le jeune garçon fait tout pour l'attirer près d'elle mais lorsque celui -ci manque de se noyer, implore sa mère de laisser vivre Billy si elle tient vraiment à lui. Billy est sauvé l'instant d'après par les pompiers.

59 Au bord du gouffre (ou La Piste de l'ouest) A Hundred Yards Over the Rim Buzz Kulik

En 1847, au Nouveau-Mexique, un pionnier, Chris Horn part chercher de l'eau pour désaltérer ses amis et sa famille mais aussi pour sauver son fils atteint d'une grave maladie. Il arrive en 1961 et ne comprend pas ce qu'il fait à cette époque mais il lit dans une encyclopédie que son fils est devenu un professeur très célèbre qui sera tué en 1914. La femme du propriétaire d'un snack lui donne de la pénicilline et Horn s'enfuit parce qu'il refuse d'être arrêté par la police (le docteur venu le soigner parce qu'il s'était accidentellement tiré une balle dans le bras voulait en effet le livrer aux autorités locales.) Il revient à son époque, avec le médicament dans sa poche.

60 Rendez-vous dans un siècle The Rip Van Winkle Caper Justus Addiss

Après avoir cambriolé une banque, quatre voleurs décident de se cryogéniser pour se réveiller dans cent ans. L'opération marche, mais seuls trois d'entre eux survivent. L'un est tué par les deux autres qui veulent se partager l'or puis un des deux survivants tue son complice afin de se garder l'or pour lui seul. Mais il succombe à ses blessures. Un couple passe par là et l'homme explique aux télespectateurs que l'or sert désormais de monnaie mais qu'il est devenu commun.

61 Le silence est d'argent The Silence Boris Sagal

Jamie Teenyson est un homme qui parle sans cesse pour un oui ou pour un non. On lui propose un jour un étrange pari : il remportera un million de dollars s'il se tait pendant un an. Il accepte et ne prononce pas le moindre mot durant une année entière. Mais l'organisateur du pari lui avoue être à court d'argent depuis des mois. Teenyson, triste et furieux, écrit sur un papier qu'il n'a pas parlé parce qu'il s'est fait couper les cordes vocales dès le premier jour pour pouvoir remporter le pari.

62 Peine capitale Shadow Play John Brahm

Adam Grant est un condamné à mort pour un crime qu'il n'a jamais commis. Mais curieusement, il a l'impression d'avoir déjà vécu cette scène et lorsqu'il regarde les visages des différentes personnes qui l'entourent (le prêtre, le journaliste, etc.). Il sait automatiquement qu'il les connaît. À la dernière minute, le gouverneur accepte de gracier Grant. Le cauchemar recommence depuis le début, mais cette fois les personnages jouent d'autres rôles (par exemple, un de ses camarades de cellule est désormais le juge, tandis que l'ancien procureur occupe à présent le rôle d'avocat de la défense).

63 L'Esprit et la Matière The Mind and the Matter Buzz Kulik

Archibald Beechcroft travaille dans une entreprise d'assurances. Il est irrémédiablement misanthrope, prétentieux et irascible. Un jour, un de ses collègues lui offre un livre sur la transmission de pensée. Beechcroft en profite alors pour faire disparaître toute la population, et devient le dernier être humain vivant encore sur Terre. Mais il finit par s'ennuyer et comme il n'aime ni les gens, ni les animaux, il décide de recréer la population manquante mais fait en sorte qu'elle soit comme lui.

Sa conscience convainc Beechcroft de faire revenir les choses à la normale.

64 Y a-t-il un martien dans la salle ? Will the Real Martian Please Stand Up? Montgomery Pittman

Deux policiers doivent trouver l'intrus parmi les sept passagers d'un bus coincés dans un café. La chose n'est pas simple car bientôt chacun s'accuse mutuellement. Les passagers et leur chauffeur sont les seuls clients (si on excepte le barman et les deux policiers) et ils sont ici parce qu'un barrage s'est effondré. Mais un coup de fil les prévient que le barrage est de nouveau stable. Les deux policiers proposent d'escorter le chauffeur et ses passagers, ils s'en vont et le barman reste seul.

Quelque temps après, un passager revient et explique au barman que le barrage n'était pas stable et que tous sont morts sauf lui. Mais il n'est pas mouillé. Le barman comprend alors que cet homme est le martien, parce qu'il possède trois bras, mais il ne s'en émeut pas outre-mesure car il possède lui même trois yeux. C'est un vénusien.

65 L'Homme obsolète The Obsolete Man Elliot Silverstein

Rodney Woomsworth est un libraire qui ne sert plus à rien dans un état totalitariste imaginaire et futuriste où les livres et la religion sont jugés inutiles. Il choisit lui-même d'être tué dans son appartement par l'explosion d'une bombe à minuit précises. Il tient également à ce que son exécution soit filmée et à ce que le procureur soit présent. Le soir, Rodney fait preuve d'un grand courage contrairement au procureur qui paraît terrorisé. Lorsque la bombe explose, le procureur est déjà loin, et Rodney est tué. Finalement, pour avoir fait preuve de lâcheté, le procureur est à son tour jugé obsolète.

Saison 3 (1961-1962):

66 Deux Two Montgomery Pittman

Un homme et une femme se retrouvent les deux seuls survivants d'une guerre atomique. Bien qu'ils n'aient pas appartenu aux mêmes clans avant et pendant cette guerre, ils sont obligés de s'allier pour rebâtir une civilisation.

67 L'Arrivée The Arrival Boris Sagal

Grant Sheckly, un employé travaillant dans une importante compagnie aérienne, est envoyé résoudre une bien étrange affaire : un avion a atterri sans passagers, bagages ou équipages à bord...

68 L'Abri The Shelter Lamont Johnson

Alors qu'il fête son anniversaire en compagnie de sa famille et de ses amis et voisins, le docteur Stockton entend l'annonce d'une guerre atomique. Il se réfugie avec sa femme et son fils dans un abri mais ne laisse entrer personne d'autre...

69 La Route de la mort The Passersby Elliot Silverstein

Pendant la Guerre de Sécession, un soldat sudiste épuisé sympathise avec une veuve de guerre.

70 Le Joueur de billard A Game of Pool Buck Houghton

Jesse Cardiff est le meilleur joueur de billard encore vivant sur Terre. Il n'a battu personne à part Fats Brown, qui lui est décédé. Un jour, Jesse invoque Fats Brown... nous avons alors deux points de vue: celui de Fats qui essaie de raisonner Jesse en lui expliquant que la vie ne tourne pas autour du billard et celui de Jesse qui est complètement obnubilé par le jeu. Jesse gagne la partie, mais il devient le nouveau champion et une fois mort, doit défendre son titre contre les nouveaux prétendants à la légende.

L'autre fin

Le scénariste de cet épisode avait écrit une autre fin dans laquelle Jesse perdait le match et mourrait tout en restant inconnu. Cette fin est utilisée dans le remake de 1989, Une partie particulière.

71 Le Miroir The Mirror Don Medford

Ramos Clemente est un chef cubain qui vient d'être élu. Il met son prédécesseur en prison et reçoit de lui un bien étrange cadeau : un miroir. À peine regarde-t'il dedans qu'il croit voir un de ses lieutenants lui tirer dessus. Il le défenestre mais aperçoit deux de ses hommes de mains qui veulent le poignarder. Il leur demande de prendre des nouvelles du prédécesseur, actuellement en cellule mais celui-ci a été guillotiné. Ramos fait croire aux gardes que ses lieutenants sont des espions et les deux gardes sont pendus. Complètement paranoïaque, Ramos abat son dernier lieutenant qu'il croyait en train de l'empoisonner. Après s'être confié à un prêtre, Ramos se suicide car il vient de voir son pire ennemi : lui-même !

72 Vengeance d'outre tombe The Grave Montgomery Pittman

Dans cette histoire, un homme nommé Pinto Sykes est assassiné, mais jure de tuer Connie Miller qu'il estime fautif. Pour prouver qu'il n'est pas un lâche, Miller accepte de se rendre sur la tombe de Sykes. Le lendemain, il est retrouvé mort.

La sœur de Sykes montre évoque alors un détail qui attire l'attention des autres villageois...

73 C'est une belle vie It's a Good Life James Sheldon

Anthony Fremont est un garçonnet de six ans qui sort de l'ordinaire: il peut faire disparaître les gens et par conséquent, tout le monde a peur de lui. Mais un soir, Dan Hollis, un voisin, qui fête son anniversaire, décide de se rebeller contre l'enfant. Il est transformé en diable à ressort et envoyé dans un champ de maïs. Pour éviter le même sort, le père d'Anthony décide de ne pas réprimander son fils, bien que ce dernier ait crée une tempête de neiges détruisant toutes les plantations...

74 Le Musée des morts Deaths-Head Revisited Don Medford

Gunther Lutze est un ancien nazi qui s'appelle désormais Gunther Schmidt. Un jour, il décide de retourner sur les ruines du camp de Dachau . Il retrouve là un de ses anciens déportés, Alfred Becker, mais telle n'est pas sa surprise lorsqu'il se remémore l'avoir tué...

75 Le Soleil de minuit The Midnight Sun Anton Leader

Deux femmes tentent de lutter contre un terrible fléau : le Soleil s'est rapproché de la Terre et menace de la faire fondre. Pourtant, Norma et sa vieille voisine vont tenter le tout pour le tout. Après que Norma ait trépassé, la chute nous révèle que le soleil s'éloigne de la Terre, une forme d'apocalypse aux deux extrêmes.

76 La Vallée immobile Still Valley James Sheldon

En 1863, pendant la Guerre de Sécession, Joseph Parradine, un éclaireur Sudiste, découvre une vallée peuplée de Yankees immobiles comme des pierres. Brièvement hypnotisé par un magicien, il découvre un livre pouvant permettre aux Confédérés de gagner la guerre civile. Mais il finit par y renoncer car il comprend bien vite, que si le Sud gagne, il sera exterminé quelque temps après le Nord.

77 La Jungle The Jungle William Claxton

Alan Richards est un ingénieur new-yorkais, spécialisé dans les constructions hydrauliques. Après être rentré d'un voyage en Afrique avec sa femme Doris, il brûle tous les souvenirs rapportés durant ce voyage. Sa femme veut le mettre en garde d'une malédiction lancée par un sorcier, mais il ne l'écoute pas. En sortant de chez lui, Alan voit un cadavre d'alligator devant sa porte. Plus tard, alors qu'il devrait discuter du projet avec ses collègues, Richards dévie la conversation sur les superstitions. Après quelques instants dans un bar avec son associé Chad, Alan veut rentrer chez lui, mais Chad est déjà loin, sa voiture ne démarre pas et il n' y a personne d'autre à l'horizon. De plus, c'est la nuit et le bar est fermé. Alan oublie involontairement son porte bonheur. Plus tard, il trouve un chauffeur de taxi, mais ce dernier est victime d'un malaise. Alors qu'il entend d'étranges sons faisant penser à la jungle, Alan rencontre un clochard à qui il propose de l'argent contre la promesse faite que le clochard le raccompagnera chez lui mais le clochard disparaît mystérieusement. Après un parcours éprouvant, Alan parvient à rentrer chez lui, mais découvre le corps de sa femme, morte et étendue par terre. L'instant d'après, un lion énorme et perché sur le lit lui saute dessus. L'épisode se termine comme cela.

78 Il était une fois Once Upon a Time Norman Z. McLeod

En 1890, Woodrow Mulligan est un balayeur grincheux qui se plaint de son époque bruyante et chère. Mais grâce à lui, il travaille pour deux scientifiques qui ont inventé un casque à voyager dans le temps pendant une durée résuite (30 minutes). En l'essayant, Mulligan se retrouve en 1962. Mais il se fait voler son casque. Il parvient à le récupérer, puis à le réparer avec l'aide de Rollo, un scientifique. S'apercevant que cette époque est pire que la sienne, Mulligan envisage de rentrer chez lui, mais Rollo, convaincu que 1890 est une époque idyllique s'approprie le casque afin de rentrer seul. Finalement, Mulligan et Rollo repartent en 1890, mais Rollo se plaignant des progrès technologiques inexistants, retourne dans son époque.

79 Cinq personnages en quête d'une sortie Five Characters in Search of an Exit Lamont Johnson

Un soldat se réveille dans un donjon sans le souvenir d'y être entré et sans ressentir de quelconques sensations. Il se trouve avec une ballerine, un clown, un joueur de cornemuse et un clochard. Aucun d'eux ne se rappelle la manière dont ils sont arrivés ici. Après des essais surhumains pour sortir du donjon, ils réalisent qu'ils ne sont que des jouets enfermés dans une corbeille.

80 La Grandeur du pardon A Quality of Mercy Buzz Kulik

En 1945, à Hiroshima, un nouveau lieutenant, Katell s'attire les foudres du régiment qu'il dirige parce qu'il veut expulser des Japonais malades et retranchés dans une grotte. Il se retrouve alors dans la peau d'un soldat Japonais pendant le corregidor de 1942. Il veut, bien sûr, aider les Américains retranchés dans une grotte et malades, mais son capitaine pense qu'il est atteint de fièvre. Katell se retrouve à sa propre époque, convaincu.

81 Rien à craindre Nothing in the Dark Lamont Johnson

Wanda est une jeune femme qui vit seule chez elle et n'ose sortir, de peur de rencontrer la mort. Un jour, elle recueille Harold Belden, un policier blessé. Elle se confie à lui jusqu'à l'arrivée d'un démolisseur qui ne voit pas Harold. Wanda en conclut que c'est Harold qui est la mort, mais accepte de le suivre.

82 L'Excentrique M. Radin One More Pallbearer Lamont Johnson

Paul Radin est un homme qui n'a jamais pu supporter qu'un révérend, un colonel et une institutrice. Profitant de l'annonce d'une guerre atomique, il leur offre la possibilité de les héberger dans son abri à condition qu'ils s'excusent. Ils refusent, et s'en vont. Une véritable guerre est déclarée peu après, mais elle n'a lieu que dans l'esprit de Radin.

83 Les Chaussures diaboliques Dead Man's Shoes Montgomery Pittman

Un clochard, Nathan Bledsoe, trouve des chaussures ayant appartenu à un mort. En les enfilant, son esprit est possédé par celui du mort. Il essaie d'abattre son ancien patron, mais il est tué avant de pouvoir le faire. Un autre clochard trouve les chaussures et les enfile...

84 La Chasse au paradis The Hunt Harold Schuster

Hyder Simpson est un vieux chasseur qui vit dans les bois avec sa femme et son chien Rip. Un jour, malgré les recommandations de sa femme, Hyder part chasser avec son chien, mais un raton laveur attire le chien dans l'eau et celui-ci se noie. En voulant le sauver, Hyder se noie à son tour. Dans un premier temps, le chasseur et son chien ignorent qu'ils sont morts mais font la connaissance de Saint Pierre qui accepte de laisser Hyder, mais sans son chien. Hyder refuse et prend congé. L'instant d'après, il rencontre le véritable Saint Pierre qui lui explique que l'autre gardien était en réalité le garde de l'enfer.

85 Règlements de compte pour Rance McGrew Showdown With Rance McGrew Christian Nyby

Rance Mc Grew est LE vaniteux par excellence : non seulement le personnage qu'il interprète porte son nom, mais en plus, il s'agit d'un cow-boy qui gagne à chaque fois et ne se fait jamais prendre. Pourtant, en plein jour de tournage, Rance se retrouve dans la peau d'un personnage de télévision et fait la connaissance de Jesse James qui va tenter de l'aider à faire face à la réalité...

86 Jeux d'enfants Kick the Can Lamont Johnson

Charles Whitley est un retraité qui vit dans une pension pour personnes âgées. Son fils lui ayant annoncé qu'il ne peut pas venir le chercher, Whitley est déçu mais lorsqu'il voit des jeunes enfants jouer avec une boîte en fer, il décide de les imiter, croyant qu'il retrouvera sa jeunesse. Il convainc tout le monde sauf son meilleur ami, Ben Conroy, qui croit que Charles est fou. En pleine nuit, Conroy et Cox, le directeur de l'établissement, voient des enfants jouer mais Conroy reconnaît Charles parmi eux. Il veut les suivre, mais il est trop tard.

87 Un piano dans la maison A Piano in the House David Greene

Fitzgérald Fortune, critique de théâtre cynique, se rend dans un magasin d'antiquités afin d'acheter un piano à sa femme Esther, qui fête ses vingt-six ans. Le brocanteur, fort peu aimable, devient soudain très sensible dès que le piano commence à jouer. Chez lui, Fortune apprend (grâce à l'aide du piano) que son valet Marvin (sinistre en apparence) est un joyeux luron et que sa femme ne l'aime pas. Plus tard, il apprend, toujours avec l'aide du piano, que Marge Moore, une de ses invitées, ne semble guère se soucier de son complexe physique, tandis que Greg, un scénariste de talent, dont les pièces ont souvent été démolies par Fortune, et qui est en apparence froid comme de la glace, est en secret l'amant d'Esther. Mais tous les invités vont bientôt connaître le secret de Fitzgérald : un garçonnet capricieux et jaloux qui ne pense qu'à faire du mal aux autres.

88 Les Funérailles de Jeff Myrtlebank The Last Rites of Jeff Myrtlebank Mongomery Pittman

Jeff Myrtlebank se réveille... pendant son propre enterrement. D'abord ravis, les habitants déchantent lorsqu'ils s'aperçoivent qu'il est devenu l'opposé de ce qu'il était avant. Seule sa fiancée peut décider si Jeff est toujours le bienvenu...

89 Comment servir l'homme To Serve Man Richard L. Bare

Monsieur Chambers, un secrétaire de l'ONU, prisonnier d'un vaisseau spatial se remémore le jour où des aliens sont arrivés sur Terre dans le but de servir l'Homme. Après avoir accepté de participer à une expérience, il comprit enfin le titre du livre qui signifiait : comment cuisiner l'homme.

90 Le Fugitif The Fugitive Richard L. Bare

L'histoire commence dans un parc. Des enfants jouent avec le Vieux Ben, un vieil homme qui les aime beaucoup. Il a d'avantage d'affection à offrir à Jenny, l'une d'elles qui souffre d'un handicap à la jambe et vit avec sa tante grincheuse. Deux policiers viennent s'informer auprès de la tante de la nature du vieux Ben, et celui-ci après avoir guéri Jenny, lui explique qu'il est un roi très aimé sur sa planète, mais qu'il est fatigué de régner sur sa planète, et qu'il a préféré se réfugier sur Terre. Les deux policiers, qui sont en fait deux extra-terrestres au service du vieux Ben droguent Jenny mais Ben la sauve. Finalement, les deux policiers sont obligés d'emmener Ben et Jenny parce que le vieil homme a pris l'apparence de la petite fille et qu'ils ne peuvent pas se tromper.

91 La Petite Fille perdue Little Girl Lost Paul Stewart

En pleine nuit, Chris et Ruth Miller sont réveillés par les pleurs de leur fille Tina. Bien qu'il cherche sa fille, Chris ne la trouve pas, mais il continue de l'entendre. Le chien disparaît lui aussi sous le lit. Aidés par Bill, un voisin et ami professeur de physique, le couple se met en tête de retrouver leur enfant.

92 Personne inconnue Person or Persons Unknown John Brahm

L'histoire commence une journée ordinaire. David Gurney, qui a trop bu, se réveille, avec la gueule de bois. En retard à son travail, Gurney réveille sa femme mais celle-ci ne le reconnaît pas et prétend ne l'avoir jamais vu. Gurney, pensant à une mauvaise blague, se rend à son travail, mais là encore, personne ne le connaît et il est placé dans un asile. Le docteur qui s'occupe de lui lui permet de passer deux coups de fils mais ni le meilleur ami de Gurney ni sa mère nene se souviennent de lui. Gurney , qui parvient à s'échapper dans un bar, finit par trouver dans un centre photographique, une photo de lui et de sa femme. Mais le temps que le docteur le retrouve, la photo change et il apparaît désormais seul dessus. Finalement, Gurney se réveille de son cauchemar, heureux d'avoir retrouvé sa vie réelle, à une exception près: sa femme a maintenant l'apparence de quelqu'un d'autre...

93 Le Petit Peuple The Little People William Claxton

William Fletcher et son copilote Peter Craig se posent sur une planète peuplée de gens minuscules. Pendant que Fletcher répare le vaisseau, Craig s'auto-approprie la planète et se fait passer pour un Dieu auprès de la planète. Il chasse Fletcher (qui pense qu'il est devenu fou) car il veut être le seul Dieu. L'instant d'après, il se fait écraser par deux géants, qui le prennent pour un habitant de cette planète et sont, tout comme lui, venus réparer leur vaisseau.

94 À quatre heures Four O'Clock Lamont Johnson

Oliver Crangle est un homme frappé de démence qui passe son temps à chercher le mal partout . C'est du moins ce qu'il essaie de faire comprendre à sa voisine, Mrs Williams. Plus tard, il reçoit la visite d'une femme dont le mari, médecin, a été accusé par Crangle d'être un incapable.C'est là que lui vient l'idée de rétrécir tous ses ennemis à 16 heures précises. Il contacte ensuite un agent du FBI pour l'aider dans son projet, mais celui-ci refuse. Lorsque 16 heures sonnent, Crangle est horrifié de découvrir que c'est lui qui est devenu microscopique.

95 Le Menteur Hocus-Pocus and Frisby Lamont Johnson

Monsieur Frisby, un épicier, agace tout le monde parce qu'il ment sans cesse et se fait passer pour un superhéros. Vers la fin de l'après-midi, après avoir fait le plein de la voiture de deux clients, il est capturé et emmené dans un vaisseau extra-terrestre. Là, il reconnaît ses clients qui lui avouent qu'ils sont très impressionnés par lui. En les frappant, Frisby découvre que les clients sont des aliens et s'évanouit. Revenu à lui, il découvre que son harmonica produit des bruits insupportables pour les aliens. Il parvient à prendre la fuite, mais découvre que ses amis lui ont organisé une fête surprise pour son soixante-troisième anniversaire. Il essaie ensuite d'expliquer ce qui lui est arrivé, mais ses amis lui rient au nez, persuadés qu'il leur raconte un mensonge.

96 L'Échange The Trade-Ins Elliot Silverstein

John et Martha Holt sont un couple de retraités souhaitant implanter leurs personnalités dans des corps artificiels et jeunes. Ils ne possèdent que la moitié de la somme, ce qui veut dire qu'une seule personne pourra pratiquer cet échange. John, étant donné qu'il souffre plus que sa femme parce qu'il est plus âgé qu'elle de cinq ans se prépare donc à vivre une nouvelle vie...

97 Le Cadeau The Gift Allen H. Miner

Dans un hameau Mexicain, un petit garçon, Pedro, amateur d'astronomie, se lie d'amitié avec un extra-terrestre qui détient un bien très précieux...

98 La Marionnette The Dummy Abner Biberman

Jerry Etherson est un ventriloque alcoolique qui croit que son pantin de bois Willie est vivant et le nargue. Il tente alors de changer de marionnette, mais il sera rattrapé par son intarissable complice.

99 Un passé infini Young Man's Fancy John Brahm

Alex et Virginia Walker viennent de se marier et Virginia envisage de vendre la maison de la mère d'Alex. Ce dernier refuse, car il redécouvre toute une partie de son enfance à travers cette maison...

100 La Fée électrique I Sing the Body Electric James Sheldon

Un homme veuf depuis peu emmène ses enfants choisir une nourrice électrique. L'une des filles, Ann, est dans un premier temps réticente en ce qui concerne la nourrice...

101 L'Ange gardien Cavender Is Coming Christian Nyby

Cavender, un ange gardien qui a échoué dans presque toutes ses missions afin d'obtenir ses ailes, se voit offrir une dernière chance: aider une jeune femme pauvre, Agnès Grep, à être heureuse. Cavender fait le maximum pour qu'Agnès ait une vie mondaine, mais celle-ci finit par lui révéler qu'elle préfère une vie simple, même si ce n'est pas toujours facile.

102 La Relève de la garde The Changing of the Guard Robert E. Miller

Ellis Fowler est un professeur de littérature enseignant depuis près de cinquante ans dans une école de jeunes garçons. Très respecté de tous, il apprend qu'il va devoir prendre sa retraite. Déprimé, il songe à se suicider parce qu'il pense que sa vie n'a servi à rien, mais il y renonce lorsqu'il voit les sept fantômes de sept élèves tous issus de classes et de promotions différentes qui lui rappellent ce qu'ils sont devenus grâce à lui. Fowler décide alors de prendre sa retraite, par peur de ne pas devenir gâteux.

Saison 4 (1963)

Les épisodes de cette saison durent 50 minutes. Ils ne sont pas doublés en français.

103 À son image In His Image Perry Lafferty

Alan Talbot est un homme en apparence normale. Un jour, il pousse une vieille dame sous les rails d'un métro. Il est ensuite pris de pulsions meurtrières et demande à sa fiancée, Jessica, de l'éviter pendant un moment. Les souvenirs d'Alan étant imprécis, il cherche dans l'annuaire téléphonique le nom d'un certain Walter Ryder Jr. capable de l'aider...

104 Une tombe à 55 mètres de fond The Thirty-Fathom Grave Perry Lafferty

En 1963, un bateau entend d'étranges bruits provenant d'une cale. Le capitaine envoie un plongeur, qui explore une épave d'un sous-marin coulé en 1942. Pendant ce temps, le chef matelot est victime d'hallucinations et de cauchemars.

105 La Vallée de l'ombre Valley of the Shadow Perry Lafferty

Philip Redfield, un journaliste, et son chien Rowdy se perdent dans un village appelé vallée paisible. En voulant en apprendre plus sur ce village, Philip s'aperçoit qu'il est bientôt prisonnier et qu'il ne peut s'en sortir...

106 Il est vivant He's Alive Stuart Rosenberg

L'enfance de Peter Vollmer a été bien malheureuse. Fils d'une mère folle et d'un père alcoolique, il a été recueilli par Ernst Ganz, un juif. Beaucoup plus tard, Peter est devenu un néo-nazi et peine à séduire le public. Cependant, un mystérieux inconnu au visage masqué de noir l'aide à réussir. Mais Peter abat un soldat qu'il croyait son ami. L'individu révèle alors son identité : il s'agit d'Hitler. Il recommande à Peter d'être d'acier et ce dernier abat Ernst avant d'être finalement tué par la police.

107 La Muette Mute Stuart Rosenberg

1953 : À Dusseldorf, en Allemagne, quatre couples parlent d'un projet : élever leurs enfants de manière télépathique.

1963 : À German Corners, le shérif Wheeler est appelé pour un incendie causé dans la maison du Professeur Nielsen. Celui-ci et sa femme sont morts, mais leur fille Ilse a survécu, bien qu'elle ne sache pas parler mais penser. Wheeler et sa femme qui ont perdu leur fille décident d'adopter provisoirement Ilse, mais une institutrice lui fait comprendre qu'elle est télépathe. C'est finalement grâce au professeur Werner et à sa femme que les Wheeler découvriront le secret d'Ilse et pourront l'adopter légalement.

108 Le Vaisseau de la mort Death Ship Don Medford

En 1997, un vaisseau spatial atterrit sur une planète inconnue. Les trois occupants de l'appareil, Ross, Mason et Carter ont la désagréable surprise de découvrir un vaisseau identique au leur mais endommagé et contenant eux trois, morts. Ross ne croit pas un seul instant à cette découverte, mais Carter parvient curieusement à rentrer chez lui tandis que Mason se réveille dans un jardin et découvre que sa femme et sa fille préparent un pique-nique. Les trois hommes s'interrogent sur ce problème.

109 Jess-Belle Jess-Belle Buzz Kulik

Billy-Ben Turner est un jeune homme qui va se marier avec Ellwyn Glover. Mais Jess-Belle son ancienne fiancée, voyant cela d'un mauvais œil, demande à une sorcière de lui préparer un philtre d'amour. Seulement le philtre a d'étranges conséquences : il fait de Jess-Belle une sorcière et la transforme en chat sauvage la nuit. Alors que Billy-Ben Turner a finalement dit « oui » à Ellwyn, il devra s'armer de courage pour chasser définitivement Jess-Belle.

110 Miniature Miniature Walter Grauman

Charley Parkes est un comptable vieux garçon discret vivant encore chez sa mère. Un jour, son chef le renvoie pour manque d'enthousiasme professionnel. Désespéré, Charley s'en va visiter un musée et là il tombe amoureux d'une poupée vivant dans une maison de poupée victorienne. Mais lui seul voit la fameuse poupée. Son beau-frère Buddy tente de l'aider du mieux qu'il peut en lui trouvant un nouveau travail et sa sœur Myra lui présente une de ses amies, Harriet, mais Charley gâche son rendez-vous. Au final, Charley aperçoit un courtisan ivre s'en prendre à la jeune fille de bois et casse la vitrine, ce qui lui vaut un séjour en hôpital psychiatrique. Là, il prend conscience qu'il a mal agi et se déclare guéri... avant de prendre la fuite à nouveau. Au musée, la mère, le beau-frère, la sœur et le médecin de Charley le cherchent en compagnie de gardes et de policiers mais ne trouvent rien. À l'exception d'un garde qui aperçoit que Charley est lui aussi devenu un personnage de la maison de poupée. Le garde décide de ne jamais révéler à quiconque ce qu'il a vu.

111 Le Journal du Diable Printer's Devil Ralph Senensky

Douglas Winter dirige un journal, qui est sur le point de faire faillite. Alors qu'il veut se noyer dans la rivière, il est interpellé par un certain monsieur Smith qui lui propose son aide pour sauver le journal. Linotypiste et Chroniqueur, Smith parvient à prédire l'avenir, mais bientôt Winter est accusé d'avoir mis le feu à l'entreprise fabriquant les journaux concurrents tandis que sa secrétaire Jackie trouve Smith de plus en plus bizarre. Winter pourra t-il sauver Jackie des griffes du diable ?

112 Le Bon Vieux Temps No Time Like the Past Jus Addiss

Paul Driscoll, un scientifique, tente de remonter le temps afin de changer certains des éléments néfastes de l'Histoire. Après avoir échoué dans ses tentatives , en essayant d'éviter Hiroshima, de tuer Adolf Hitler ou d'empêcher un bateau de couler, il décide de vivre en 1881. Les choses se passent pour le mieux jusqu'à ce qu'il décide d'empêcher une école de brûler. Au lieu de ça, il crée l'événement qu'il voulait éviter. De retour dans son époque, Driscoll admet que le passé est inviolable.

113 Le Parallèle The Parallel Alan Crosland Jr

Robert Gaines est astronaute. Un jour, au cours d'une mission spatiale, sa capsule disparaît quelques instants avant de reparaître peu après. Gaines croit qu'il ne s'est rien passé mais certains détails historiques attirent sa curiosité car ils diffèrent de ceux qu'il connait. De plus, sa maison comporte maintenant une clôture blanche et il est passé de major à colonel. Personne n'a jamais entendu parler de John Fitzgerald Kennedy qui est selon Gaines, le président des États-Unis. Même sa fille ne le reconnaît plus. Mais au final, Gaines rentre chez lui avant que les autorités de son monde ne reçoivent un message signé Colonel Robert Gaines...

114 Un rêve de génie I Dream of Genie Robert Gist

George P. Hanley travaille dans une banque. Ses rêves sont timorés et ses ambitions sont inexistantes. De ce fait, il est souvent le souffre-douleur d'un certain Roger, l'un de ses collègues et il aime Ann Alexandra, une secrétaire (la seule fille du bureau) qui ne lui témoigne que de l'indifférence. Un jour, un marchand d'objets d'art vend une lampe à génie à George et le génie (un être fortement sympathique) lui explique qu'il ne pourra réaliser qu'un seul de ses voeux à cause des restrictions budgétaires.

George imagine alors un premier vœu dans lequel il est le mari d'Ann, une célèbre actrice de cinéma. Mais Ann flirte avec Roger, lui aussi acteur tandis que George apparaît comme insignifiant.

George imagine un second vœu dans lequel il est l'homme le plus riche du monde. Ann est sa secrétaire dans cette vie et Roger son chauffeur. Mais bientôt, il s'aperçoit que les milliardaires ne sont pas satisfaits, car ils sont sans cesse obligés d'acheter.

Il imagine alors un troisième vœu dans lequel il est président des États-Unis et après avoir gracié le fils d'Ann, il se trouve dans l'incapacité de prendre une décision suite à l'arrivée d'individus non identifiés.

Pour finir, George décide de faire un souhait original. Un sans-abri trouve la lampe et un génie lui révèle qu'il a droit à trois vœux, mais que ceux-ci une fois faits , la lampe sera obligatoirement remise là où d'autres pourront la trouver. Le génie s'appelle George Hanley et il est accompagné et assisté par son fidèle chien Attila.

115 La Nouvelle Exposition The New Exhibit John Brahm

Martin Lombard Senescu est le gardien du musée de cire Ferguson, et s'occupe des statues des cinq plus grands meurtriers de l'histoire . Un jour, son patron , monsieur Ferguson l'informe que le musée va être remplacé par un supermarché. Dépité, Martin demande à son patron si il peut garder les statues dont il s'occupe chez lui. Ce dernier accepte, mais Emma, l'épouse de Martin voit d'un mauvais œil cette intrusion et demande conseil à son frère Dave qui lui conseille de couper la climatisation du garage où Martin a installé les statues. Emma s'exécute mais est poignardée par Jack l'éventreur. Martin enterre alors le corps de sa femme et reçoit la visite de Dave à qui il interdit formellement l'accès au garage. Mais ce dernier parvient à s'y rendre et est assassiné par Hicks, d'un coup de hache. Un peu plus tard, Martin reçoit la visite de Ferguson qui l'informe qu'un musée de cire Bruxellois, le musée Marchand, a accepté d'acheter les statues. Pendant que Martin prépare du thé, Ferguson est étranglé par Landru. Découvrant son patron mort, Martin entre dans une rage folle et menace de détruire les statues mais celles-ci prennent vie.

Alors que les statues sont installées depuis peu au musée Marchand, le guide informe les visiteurs qu'une nouvelle statue a été ajoutée aux meurtriers les plus grands de l'histoire : il s'agit de Martin qui a en fait assassiné sa femme, son beau-frère et son employeur.

116 Je me souviens de Cliffordville Of Late I Think of Cliffordville David Lowell Rich

William J. Feathersmith, homme d'affaires sans cœur, réussit à écraser son concurrent, Diederich de manière violente. Il termine sa journée en discutant avec Hécate, un balayeur qui lui confie être originaire comme lui d'une ville appelée Cliffordville. Feathersmith fait part de son désir d'y retourner. Il rencontre ensuite miss Devlin (le diable) qui lui propose de revivre son passé. Feathersmith accepte aux conditions suivantes: Il veut partir tout de suite, dans la peau d'un jeune homme de trente ans, et souhaite retrouver la ville telle qu'elle était à ses débuts, tout en se souvenant de ce qui s'est passé ces cinquante dernières années. Devlin ne voit aucune objection à cela, mais comme il ne peut payer avec son âme, Feathersmith est obligé de payer en monnaie. De retour dans le passé, Feathersmith tente de conclure une affaire , mais échoue. Sa mémoire semble également lui jouer des tours, car il se souvient que la fille qu'il avait voulu courtiser était en fait d'une laideur repoussante. Plus tard, Feathersmith s'aperçoit que le fait de se souvenir du futur ne comporte pas que des avantages car personne ne connaît la nouvelle technologie , excepté lui. Dépité, William s'aperçoit que Devlin l'a fait ressembler à un homme de trente ans mais qu'il n'a pas parlé de son âge biologique et qu'il est encore un vieil homme au fond de lui. Devlin accepte de le faire revenir à son époque à condition qu'il vende quelque chose à quelqu'un. William vend donc à Hécate un terrain idyllique pour une bouchée de pain. Il parvient à revenir à son époque mais les choses ont bien changées: Hécate est devenu un homme d'affaires, président de la société tandis que William lui-même est désormais un balayeur.

117 Le Monde incroyable de Horace Ford The Incredible World of Horace Ford Abner Biberman

Horace Ford est un fabricant de jouets qui approche de sa trente-huitième année. Il décide (pendant que sa mère, sa femme et ses collègues de bureau lui préparent une surprise) de se rendre dans son quartier natal. Plusieurs fois, il revisite les rues de son enfance, et plusieurs fois, il est victime des mêmes événements (un petit garçon au visage inquiétant rendra même à Mme Ford la montre Mickey qu'Horace aura fait tomber). Finalement, le fabricant découvre que les garçons qui parlaient de l'anniversaire d'un copain étaient en fait ses amis et que le copain n'était autre que lui-même. Horace est retrouvé par sa femme, très légèrement blessé, mais était-ce un rêve ? la fin de l'histoire semble prouver que non.

118 Jeudi, nous rentrons à la maison On Thursday We Leave for Home Buzz Kulik

William Benteen dirige depuis trente ans une colonie sur une planète hostile. La plupart des habitants de cette colonie, excepté lui, n'ont jamais vu la Terre ou ne s'en souviennent plus. Un jour, le dernier vaisseau terrien encore en service informe les survivants qu'ils vont pouvoir retourner sur Terre. Tous acceptent, mais Benteen, lui, est plus réservé car il pense que la Terre a été détruite. Les survivants montent tous dans le vaisseau à l'exception de Benteen qui refuse. Il devient alors le seul habitant de la colonie.

119 Traversée à bord du Lady Anne Passage on the Lady Anne Lamont Johnson

Eileen et Allan Ransome sont un couple au bord de la séparation. Dans une agence de voyage, ils décident d'effectuer une croisière à bord d'un bateau pour se réconcilier mais à part eux, aucun passager n'a en dessous de 75 ans. Lorsqu'Eileen disparaît, Allan tente le tout pour le tout afin de la retrouver...

120 Le Chantre The Bard David Butler

Julius Moomer, un ancien conducteur de tramways qui exerce désormais le métier de scénariste, doit écrire une pièce. Ayant acheté un livre de magie noire, il invoque accidentellement William Shakespeare. Le dramaturge Anglais accepte d'aider Julius mais celui-ci se montre peu reconnaissant. Sur le plateau, Shakespeare frappe un acteur prétentieux et s'en va. Moomer est désespéré, parce qu'il doit écrire un documentaire sur l'Histoire Américaine, mais il se souvient de son livre de magie noire et change d'auteur.

Saison 5 (1963-1964):

121 Amour paternel In Praise of Pip

Max Phillips est un bookmaker alcoolique dont le fils, Pip, a été blessé au combat. Après un affrontement avec son patron, il est mortellement blessé et erre dans un parc d'attractions où il rencontre une version enfantine de Pip. Max décide alors de s'occuper de son fils, qu'il a beaucoup négligé. Tous deux passent du bon temps avant que Pip n'explique à son père qu'en ce moment, des chirurgiens sont en train de l'opérer. Max fait alors un pacte avec Dieu: Sa vie contre celle de Pip. Il meurt et le Pip adulte se remémore cette journée...

122 Sam Kelly Steel

En 1968, les combats de boxe sont définitivement abolis dans une société futuriste. En 1974, les robots remplacent les humains lorsque des matchs de boxe ont lieu. Quelques heures avant son match, un robot tombe en panne. Son manager décide de le remplacer...

123 Cauchemar à 20000 pieds Nightmare at 20,000 Feet

Bob Wilson et sa femme prennent l'avion. Pour Bob, il s'agit d'une expérience éprouvante, parce qu'il a passé les six mois précédents dans un sanatorium. Il croit cependant apercevoir une créature qui, juchée sur l'aile droite de l'appareil, est en train de détruire les moteurs...

124 Une curieuse montre A Kind of a Stopwatch

Thomas Patrick McNulty est un homme qui ennuie tout le monde par ses incessants bavardages. Un jour, il reçoit un chronomètre qui permet d'arrêter le temps et décide de s'en servir, mais l'appareil finit par se briser et il se retrouve à vivre dans un monde où il est le seul à avoir échappé au gel du temps.

125 La Dernière Nuit d'un jockey The Last Night of a Jockey

Michael Grady est un jockey qui a été accusé d'avoir truqué une course. Il fait alors le souhait de devenir plus grand, mais son vœu s'exacerbe et il devient gigantesque.

126 La Poupée vivante Living Doll

Annabelle Streator achète une poupée parlante pour sa fille Christie, à l'occasion de son anniversaire. Erich, le mari d'Annabelle et beau-père de Christie, essaie de se débarrasser du jouet parce qu'il coûte cher et que la famille traverse une situation difficile...

127 Le Vieil Homme dans la caverne The Old Man in the Cave

Pendant une guerre, les habitants d'un village se réfugient dans une cave et suivent les recommandations d'un certain monsieur Goldsmith. Mais tout change dès qu'ils aperçoivent un ordinateur...

128 Oncle Simon Uncle Simon

Barbara s'occupe de son vieil oncle Simon depuis vingt-cinq ans. Un jour, elle le tue pour obtenir son héritage mais le vieillard a plus d'un tour dans son sac...

129 Sonde 7 - Fort et clair Probe 7 - Over and Out

Il s'agit en fait, du mythe d'Adam et Ève sur une planète étrangère.

130 Les Fantômes du septième de cavalerie The 7th is Made Up of Phantoms

Trois soldats qui ont perdu contact avec leur base militaire se retrouvent accidentellement en 1865. Ils se font tuer et leur équipe aperçoit leurs noms sur une tombe, mais ne sait plus où elle les a vus.

131 La Fontaine de jouvence A Short Drink from a Certain Fountain

Harmon Gordon et sa femme Flora fileraient le parfait amour si ils n'étaient pas séparés par dix ans. Pour donner une seconde chance à son couple, Harmon demande à son frère Raymond de lui injecter un sérum de jouvence. Mais le sérum devient trop puissant et Harmon se retrouve trop jeune (il a l'apparence d'un enfant).

132 Le Rythme du temps Ninety Years Without Slumbering

Sam Fortshmann, un horloger, est persuadé qu'il mourra le jour où l'horloge de son grand-père cessera de fonctionner. La seule solution pour lui serait d'arrêter de calquer sa vie sur celle de cette pendule.

133 Retour en force Ring-a-Ding Girl

Une star de cinéma voit sa vie basculer après avoir reçu un étrange bijou...

134 Prends le volant You Drive

Oliver Pope, un automobiliste distrait, renverse un cycliste. Persuadé que personne ne l'a vu, il préfère prendre la fuite. Mais sa voiture se met à lui jouer des tours...à moins qu'il n'aille avouer son crime à la police, Pope n'a aucune chance de survie.

135 Un lointain lendemain The Long Morrow

Un spationaute décide de désactiver la capsule cryogénique qui l'empêche de vieillir afin de retrouver son épouse au même âge que lui quand il rentrera sur Terre. Mais lorsqu'il revient, il a la désagréable surprise de voir sa femme (jeune) lui expliquer qu'elle avait décidé de rester dans une capsule cryogénique espérant voir revenir son mari dans un âge encore jeune.

136 Le Recyclage de Salvadore Ross The Self-Improvement of Salvadore Ross

Salvadore Ross connaît des déboires sentimentaux : sa fiancée Leah (dont le père est handicapé moteur) ne veut pas de lui. Désespéré, Salvadore se casse la main en voulant taper dans une porte. À l'hôpital, un vieil homme souffrant d'une maladie respiratoire et partageant sa chambre lui suggère d'échanger sa maladie avec la sienne. Mais cela fonctionne ! Le lendemain, Salvadore, qui est dans sa chambre d'hôtel, réussit à échanger sa richesse avec celle d'un de ses clients, mais se retrouve également très vieux. Il parvient également à retrouver sa jeunesse par l'intermédiaire d'un groom.

Plus tard, Leah semble avoir retrouvé Salvadore , mais refuse toujours de sortir avec lui, parce qu'il n'est pas assez affectueux. Salvadore achète alors la compassion du père de Leah, en lui faisant croire qu'il va lui assurer la sécurité pour le restant de ces jours. Leah devient amoureuse de Salvadore mais il doit demander la main de sa promise à son père. Celui-ci, désormais sans cœur, le tue.

137 Portrait d'une jeune fille amoureuse Number Twelve Looks Just Like You

Dans cet épisode où tous les acteurs jouent plusieurs personnages différents, une femme refuse de devenir parfaite, comme le reste de la société où elle vit.

138 Les Blousons noirs Black Leather Jackets

Trois extra-terrestres envahissent la Terre dans le but d'empoisonner les réservoirs d'eau. Mais l'un d'eux tombe amoureux, ce qui complique la mission.

139 Appel nocturne Night Call

Une vieille femme est terrorisée par des appels qu'elle reçoit la nuit. Elle pense que tout n'est qu'illusion.

140 Très affectueusement, Agnès From Agnes - With Love

Un informaticien remplace un de ses collègues devenu subitement fou. Mais son ordinateur tombe amoureux de lui.

141 L'Espace d'un moment Spur of the Moment

Une jeune femme vêtue de blanc rencontre lors d'une promenade à cheval, une autre jeune femme qui lui ressemble et qui est vêtue de noir. Elle parvient à lui échapper, mais nous découvrons que cette jeune femme est en fait le double de celle vêtue de blanc, et qu'elle voulait l'empêcher de gâcher son mariage.

142 La Rivière du hibou An Occurrence at Owl Creek Bridge

La Rivière du hibou (An Occurrence at Owl Creek Bridge en anglais) est un court métrage de fiction (28 mn, noir et blanc) réalisé par Robert Enrico et co-produit par Marcel Ichac et Paul de Roubaix en 1962. Il est tiré d'une célèbre nouvelle de l'écrivain américain Ambrose Bierce (1842-1914), Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek.

Ce film de portée philosophique, est une réflexion sur la subjectivité du monde intérieur et l'objectivité de la vie réelle, l'opposition entre les capacité d'évasion infinie de l'esprit et la réalité.

Le film a été diffusé à la télévision américaine dans le cadre de l'émission La Quatrième Dimension, en tant que cent-quarante-deuxième épisode, le 28 février 1964.

143 La Reine du Nil Queen of the Nile

Un journaliste tente de séduire une actrice dont il veut absolument connaître le secret de beauté...

144 Qu'est-ce qu'il y a à la télé ? What's in the Box

Un chauffeur de taxi du nom de Joe Britt se voit à la télévision en train de tuer sa femme. Il lui en parle dans un premier temps mais celle-ci ne le croit pas...

145 Les Masques The Masks

Un millionnaire gravement malade convoque sa fille, son gendre et ses petits-enfants, un jour de carnaval. Le fils est un être irrespectueux, la mère et la fille n'ont que faire du mourant et le gendre est quant à lui complètement désintéressé mais tous sont obligés de porter un affreux masque afin de recevoir leur héritage. Le millionnaire porte quant à lui un masque mortuaire. Finalement, lorsque minuit sonne, les quatre individus s'aperçoivent que les marques des masques qu'ils portaient se sont imprégnées sur leurs visages.

146 Un matin noir I Am the Night - Color Me Black

Un homme va être pendu pour avoir tué un raciste. Étrangement, ce matin là, le soleil ne se lève pas et les autorités locales reçoivent une information leur communiquant que d'autres villes ont également été frappées par ce mystère.

147 Chut ! Sounds and Silences

Un officier amateur de bruits se retrouve divorcé. Mais depuis le départ de sa femme, il obtient une ouïe surdéveloppée. Lorsqu'un ORL et un psychanalyste lui suggèrent que cela ne peut exister que dans son esprit, l'officier se retrouve sourd.

148 César et moi Caesar and Me

Un ventriloque au chômage est obligé par sa marionnette à commettre des méfaits.

149 La Chambre de la mort The Jeopardy Room

Deux policiers réussissent à piéger un agent du KGB dans une chambre forte. Celui-ci a trois heures pour s'échapper ou être tué...

150 Étape dans une petite ville Stopover in a Quiet Town

Un couple se réveille un matin dans le lit d'une chambre d'une maison qu'ils ne connaissent pas et se demande ce qui leur arrive.

151 La Rencontre The Encounter

Un jardinier japonais raconte sa vision de la guerre à son employeur.

152 La Résurrection Mr. Garrity and the Graves

Monsieur Jared Garrity et son assistant arrivent dans une petite ville et se vantent de pouvoir ressusciter les morts. Il bluffe le village et s'enfuit à la tombée de la nuit, ignorant qu'il a vraiment réussi à faire revivre les morts.

153 Automation The Brain Center at Whipple's

Un chef d'entreprise décide de limoger tous ses employés et de les remplacer par des robots. Mais comment réagira t'il lorsque à son tour il sera mis à la porte ?

154 L'Homme à la guitare Come Wander with Me

Sans trop savoir dans quoi il s'engage, un artiste raté décide de s'approprier la chanson d'une jeune fille à la carrière prometteuse.

155 Qui a peur de qui ? The Fear

Un soldat et une jeune femme sont effrayés lorsqu'ils voient un extra-terrestre géant dans un parc.

156 La Piscine ensorcelée The Bewitchin' Pool

Deux enfants découvrent que leur piscine familiale mène à un autre monde rempli d'enfants de leur âge vivant avec une vieille dame appelée Tante T. Dans un premier temps, ils se sentent exclus et veulent rentrer chez eux. Mais décident de rester avec Tante T parce que leurs parents, en pleine instance de divorce, les négligent.

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