Nouvel Observateur - La modernité, c'est la jupe ou le pantalon ?
Isabelle Adjani. - Ce fut le pantalon, c'est devenu la jupe. On est loin des acquis féministes. On est dans la nécessité de revenir à une féminité vivable. Féminine égale pute, c'est quand même embêtant. C'était inimaginable avant le phénomène de l'intégrisme islamique. Il est étrange que le pantalon soit vécu comme un voile.
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N. O. - Vos élèves dans le film restent sourds aux charmes de Molière. Que vous inspire la frigidité du président la République pour «la Princesse de Clèves» ?
Isabelle Adjani. - Voyez mon accablement... Tant pis pour lui. Si Carla Bruni pouvait lui lire ce livre chaque soir au coin du feu sur un air de guitare... Personnellement, je ne sais pas comment j'aurais vécu ma vie amoureuse si je n'avais pas lu «la Princesse de Clèves».
[--> Le texte intégral de Madame de La Fayette : La Princesse de Clèves
--> La version audio gratuite : La Princesse de Clèves livre audio]
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N. O. - Pour parler d'une rumeur moins tragique, qu'est- ce que c'est que ce maquillage que vous portiez à la cérémonie des Globes de Cristal (--> voir vidéo) ?
Isabelle Adjani. - Vous voulez l'histoire de l'histoire ? Jean-Paul Lilienfeld et moi venions recevoir la Pépite de Cristal pour «la Journée de la jupe». C'était au Lido, dans un climat déjanté. Jean-Luc Delarue, par son attitude étrange, plongeait ses invités dans un état de sidération. Jusqu'à parler de ses lolos à Yamina Benguigui... Jean-Paul Lilienfeld me dit : «Delarue ne fait pas dans la dentelle.» La maquilleuse me dit : «Je sais faire des maquillages en dentelle.» Jean-Paul décide de se mettre en jupe, il trouve un vieux jupon. Je dis à la maquilleuse : «Soit, faisons dans la dentelle.» Ce maquillage, ce n'était rien qui mérite de s'y attarder. Un petit truc kitsch, pop, funky, au Lido. Je me suis rendu compte que je n'étais pas Björk. Je n'ai même pas le droit de m'amuser. Je le prends comme un indicateur de l'imaginaire social. Dans la salle, un ami a failli casser la figure à son voisin parce qu'il disait : «Oh, ça va, on les connaît ses origines, c'est pas la peine qu'elle se foute du henné sur la gueule...» Et, avec tout ça, le jupon de Jean-Paul est resté inaperçu.
Entretien complet:
Fabrice Pliskin
Le Nouvel Observateur - 2315 - 19/03/2009
Le coup de boule d'Adjani
Bande annonce:
LA JOURNEE DE LA JUPE - SUR ARTE ET AU CINEMA - VIDEO BANDE ANNONCE - ISABELLE ADJANI - JEAN-PAUL LILIENFELD