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des Choses de la Vie à Vincent François Paul et les autres, Claude Sautet dépeint un univers où le mâle ne se sent pas bien

"des Choses de la Vie à Vincent François Paul et les autres, en passant par Quelques jours avec moi, Sautet dépeint un univers où le mâle ne se sent pas bien.

...

S'il dépeint les évolutions de la société "middle class" et bourgeoise, il s'attache surtout aux universelles relations entre les êtres, à leurs regrets, leurs envies, et tout ce qui les empêche de communiquer.

 Le silence est omniprésent chez Sautet. ce qui lui permet de mieux capter les regards, les gestes, les non-dits.

...

"Si la vie passe dans un film, le film est bon. Si la vie ne passe pas, on peut faire tout ce qu'on veut, c'est très mauvais", aimait-il répéter.

...

Sautet a toujours eu l'intelligence, en bon scénariste, de faire appel aux meilleurs auteurs du 7ème art hexagonal : Jean-Loup Dabadie, Claude Néron, Jacques Fieschi, Jérôme Tonnerre, Michel Audiard, ..."

--> Article: Ecran Noir - Claude Sautet

--> Bande-annonce du film et analyse vidéo (60 minutes):

COURS DE CINEMA : N.T. Binh analyse Vincent, François, Paul... et les autres de CLAUDE SAUTET



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Cécile de France : Il ne faut pas croire qu’on vous appelle un jour en disant « tu veux faire ce film ?» que tu dis « oui » et que voilà, c’est fait ! Non, on s’est tous battus pour qu’il existe

"La logique d’une femme qui doit traverser son fantasme pour se libérer dans la réalité" (Cécile de France)

En salles le 20 mai 2009: Où est la main de l'homme sans tête - Un film de Guillaume & Stéphane Malandrin, avec Cécile de France.

-> Bande annonce du film et photos.

Interview CECILE DE FRANCE :

Comment avez-vous rencontré les frères Malandrin ?

Cécile de France : Ça remonte à loin… Ils m’ont contacté via Philippe Kauffmann, que je connaissais depuis l’époque où je jouais SC35C au théâtre à Namur. Ils m’ont envoyé ce scénario très étrange qui s’appelait Où est la main de l’homme sans tête. Je me souviens, j’étais complètement absorbée par ma lecture, à la fois fascinée et horrifiée, et quand j’ai tourné la dernière page, que j’ai lu la dernière ligne, j’ai décroché mon téléphone et j’ai appelé Guillaume Malandrin pour lui dire que j’allais le faire. L’univers était tellement fort, le personnage tellement complexe, le trajet dans les méandres de son cerveau tellement palpitant, que je me suis dit : «c’est un film que je dois faire ». Je venais de tourner L’auberge espagnole.

C’était donc en 2002.

Cécile de France : Je crois qu’ils ont mis six ans à financer leur film… et trois ans à l’écrire… C’est une grossesse de neuf années.

Et le film ne sort que maintenant en Belgique ! Alors que vous avez reçu, pour ce rôle, le Bayard d’Or de la meilleure comédienne au FIFF 2007, il y a déjà deux ans.

Cécile de France : Il ne faut pas croire qu’on vous appelle un jour en disant « tu veux faire ce film ?» que tu dis « oui » et que voilà, c’est fait ! Non, on s’est tous battus pour qu’il existe, avec passion, avec entêtement, avec la conviction que c’était une nécessité, et il faudra se battre jusqu’au bout, jusqu’à sa distribution. C’est vraiment un film très atypique.

Pourquoi "atypique" ?

Cécile de France : C’est un thriller, un film d’angoisse, avec des choses très concrètes : quelqu’un qui disparaît, un méchant, une poursuite, un assassinat, une énigme… et en même temps, c’est le portrait d’un esprit persécuté, quelqu’un qui imagine des choses atroces, notamment sur son propre père. C’est un film mental… Mental mais flippant… un peu comme Rose Mary’s Baby de Polanski, où la fille imagine qu’elle est persécutée par son voisinage qui veut lui prendre son bébé.

Ici, vous imaginez que votre père a tué votre frère !

Cécile de France : Je l’imagine, mais c’est peut-être vrai. Il faut attendre la toute fin du film pour avoir le fin mot de l’histoire. Je ne peux pas en dire plus. Le film est atypique parce qu’il fonctionne sur plusieurs niveaux. Il y a le thriller… et il y a le film mental. Il y a la peur… et il y a l’invention de la peur.

J’ai lu quelque part : « thriller labyrinthique » ?

Cécile de France : Mon personnage s’enferme dans un système qui la conduit à une évidence : son père est un monstre. Elle est la seule à le savoir. Elle doit prendre les choses en mains pour le révéler aux autres. Mais il y a des murs tout autour d’elle.

Les murs que son père a dressés ?

Cécile de France : Et qu’elle a dressés elle-même. Parce qu’elle est quand même responsable de sa propre vie. Quelque part, son angoisse la force à tout faire péter. C’est une question de survie.

Elle descend au fond pour remonter à la surface… C’est pour ça que votre personnage est une plongeuse olympique de dix mètres ?

Cécile de France : Vous avez tout compris… Mais oui, elle n’en peut plus d’être une championne, de toujours tout réussir, de vouloir absolument gagner des médailles.

Comment vous êtes vous préparé physiquement ? Vous n’avez pas eu peur de monter là-haut, sur cette plateforme de dix mètres ? L’ouverture du film est assez époustouflante !

Cécile de France : Je sortais d’Un Secret, sur lequel j’avais travaillé mon rôle de nageuse avec une coach, Gaëlle Cohen. J’ai poursuivi ce travail avec elle. Évidemment, dans le film des frères Malandrin je suis une plongeuse olympique. Il a fallu moderniser mon jeu, et coller au plus près de la gestuelle des plongeuses : leur façon de sortir de l’eau, de s’essuyer, de se positionner au bord du vide, de placer ses mains, de regarder son coach. J’ai aussi beaucoup observé une championne de France, Odile Arboles-Souchon, qui a travaillé avec nous. Après… pour les plongeons de dix mètres, c’est la magie du cinéma. Mais je peux vous dire que la cascadeuse qui fait un plat sur le dos, au début du film, et qui tombe de dix mètres sans aucune protection, juste sa peau ! Ça, c’est pas du cinéma ! Elle s’est juste jeté dans le vide ! j’ai jamais vu ça.

Il paraît que Jean-François Kahn, au festival d’Angoulême, où il était membre du jury, a fait un malaise à ce moment là. Il s’est évanoui dans le cinéma ! Ils ont dû le transporter dehors pour qu’il reprenne ses esprits !

Cécile de France : Le film est oppressant, mais j’insiste : il n’y a pas une goutte de sang ! Tout est dans la suggestion.

Il y a la scène du sac poubelle, quand même !

Cécile de France : Ah oui, c’est vrai. On a très peur à ce moment. Mais rien n’est montré. On ne sait pas qui est dans le sac.

Votre père ? Votre frère ? Votre grand-père ?

Cécile de France : Ou mon chat ? (elle rit)

Ah oui, car votre chat disparaît.

Cécile de France : Tout commence par le chat. Elle cherche son chat. Puis elle cherche son frère qui devait garder son chat. Puis elle cherche son frère. Puis elle tombe sur ce type qui cherche lui-même sa main.

C’est surréaliste !

Cécile de France : Le film a sa logique propre. La logique d’une femme qui doit traverser son fantasme pour se libérer dans la réalité. Tiens, c’est un bon résumé du film...

C’est un aussi film sur l’amour dévorant des parents.

Cécile de France : C’est le sujet principal, je crois. Derrière le thriller et le film mental, y’a encore un étage !

Qui est l’acteur qui joue le méchant ? Cet homme étrange accompagné du manchot ?

Cécile de France : Jacky Lambert. Je ne le connaissais pas. C’est un acteur qui a déjà joué avec les frères Malandrin, dans le film qu’ils ont fait avant. Son personnage a quelque chose d’envoûtant, de fascinant… Il a une étrangeté lynchéenne qui me plaît beaucoup.

Ce personnage est une autre bizarrerie du film. Il y a beaucoup de gens décontenancés par sa présence, son histoire. Qui est-il ? D’où vient-il ? C’est quoi cette histoire de main ?

Cécile de France : J’espère que vous n’attendez pas de réponse !

Donnez-nous une piste.

Cécile de France : Mais c’est lui la piste ! C’est en le suivant qu’elle arrive à son père. C’est finalement beaucoup plus simple qu’on ne croit.

Ulrich Tukur interprète le rôle du père. Il est également très angoissant !

Cécile de France : C’est un grand acteur, Ulrich Tukur. Je l’avais adoré dans Amen de Costa-Gavras, et quand Guillaume et Stéphane m’ont annoncé que c’était lui qui jouerait mon père, j’étais transportée. Il est non seulement très impressionnant, mais il a un charisme incroyable. C’est le genre de personnes dont la proximité vous fait grandir. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec lui.

Comment s’est passé le tournage ?

Cécile de France : On a tourné avec une petite équipe, en Belgique, avec un petit budget, dans des conditions parfois assez peu confortables : la nuit, en plein hiver, allongée dans la boue, sous la pluie ! C’était vraiment intense, presque éprouvant, en tout cas unique. Toute l’équipe était hyper investie, avec une passion commune pour le cinéma et la fabrication de ce film. C’était dur, mais artistiquement très riche. Et Guillaume et Stéphane travaillent de façon très complémentaire, avec beaucoup d’attention sur les détails, beaucoup de plaisir dans l’invention. J’adore expérimenter, et eux aussi. On s’est très bien entendu. Je crois qu’on a été assez loin dans la recherche. Il faut aussi dire un mot du petit garçon, Edouard Piessevaux, qui joue mon petit frère, et qui s’est impliqué de toutes ses forces dans le tournage, qui a fait un travail remarquable avec un rôle vraiment pas facile, puisqu’il doit jouer des sentiments complexes, comme la peur, le doute, l’effroi. Mais Stéphane et Guillaume l’ont vraiment bien dirigé, avec beaucoup de fluidité et de tact.

Quand est-ce que le film sort en France ?

Cécile de France : Il faut le leur demander. J’espère que les gens pourront le voir, parce que c’est vraiment un film original. J’aurais été malheureuse de ne pas le tourner. Pour moi, c’est un film nécessaire.

(NB : Sortie France : 20 mai 2009)

Photos et bande annonce du film: Interview Cécile de France - Où est la main de l'homme sans tête - Un film de Guillaume & Stéphane Malandrin | FILMS7 PHOTO VIDEO MUSIC CINEMA BANDES ANNONCES TRAILERS TELEVISION PEOPLE VIDEOBLOG YOUTUBE MYSPACE

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I think my wife's poisoning me ! You can laugh but I'm sure

LE VENTRE DE L'ARCHITECTE
The Belly of an Architect
Peter Greenaway 1987
Acteurs : Brian Dennehy (Stourley Kracklite), Chloe Webb (Louisa Kracklite), Lambert Wilson (Caspasian Speckler), Sergio Fantoni (Io Speckler), Vanni Corbellini (Frederico)

-> Extrait vidéo : 1987 - The Belly of an Architect (LE VENTRE DE L'ARCHITECTE) - Peter Greenaway - Music Wim Mertens

"Un Américain à grosse bedaine, obsédé d'urbanisme, vient à Rome, ventre de la culture occidentale, pour organiser une exposition sur Etienne Louis Boullée, cet architecte visionnaire du XVIIIe qui imagina tous ses bâtiments à partir des figures de la sphère, du cube et de la pyramide.

Raillé par l'intelligentsia italienne et rongé par un virus nombriliste, notre Falstaff succombe à une paranoïa galopante. Il se croit trahi par tout le monde.

Cible expiatoire d'une société où tout se vend, s'achète, s'exploite et où l'on ne vénère qu'une procréation impure : celle du profit."

(J.-L.D. TELERAMA TT)

"I think my wife's poisoning me ! You can laugh but I'm sure."

Le DVD :

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Le seul film entièrement raconté en voix off. Sacha Guitry condamne ainsi sans appel le cinéma muet qu'il exécrait. Dans Le Roman d'un tricheur, le texte et la langue sont rois

Extrait vidéo : 1936 Le roman d'un tricheur, Sacha Guitry

"...une surprise attend le spectateur. Cette voix off ne va pas se contenter d'introduire le film, comme souvent. Elle va se poursuivre durant tout le film. Aucun dialogue ne sera entendu de la bouche et par la voix des comédiens : c'est le narrateur qui les dit, non pas à leur place, mais par-dessus eux, en se substituant à leur dialogue.

... Le Roman d'un tricheur est le seul film entièrement raconté en voix off.

... D'une certaine manière, Sacha Guitry condamne ainsi sans appel le cinéma muet qu'il exécrait. Dans Le Roman d'un tricheur, le texte et la langue sont rois.

... Sacha Guitry réhabilite ainsi la technique du commentaire en voix off, qui n'a jamais eu bonne réputation chez les critiques comme chez les auteurs...

... Ce présupposé hollywoodien qui dit que "s'il y a une voix off, c'est que quelque chose ne va pas dans le scénario".

HISTOIRE(S) DE FILMS FRANCAIS - Douin & Couty

Le DVD:

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N'encombrez plus le réseau ! Terminé ! - Dien Bien Phu - Interview de Pierre Schoendoerffer

"N'encombrez plus le réseau ! Terminé !"

- Dien Bien Phu - Pierre Schoendoerffer

Interview de Pierre Schoendoerffer concernant DIEN BIEN PHU

Pourquoi avez-vous fait un film sur la bataille de Dien Bien Phu ?

Pierre Schoendoerffer : Dien Bien Phu est une défaite. La plus grande défaite militaire française outre-mer depuis Montcalm devant Québec en 1759. Je n'ai aucun goût pour les défaites. Je connais trop le cortège de honte, d'humiliation, d'amertume, de désespoir, de lâche soulagement aussi, qui les escorte. Cela n'était pas mon propos en faisant ce film, croyez-moi. Non, Dien Bien Phu, c'est autre chose. Dien Bien Phu, c'est le moment fatidique de la fin d'une ère, un adieu déchirant à une époque, à une certaine idée révolue de la France du Grand Large, à son rôle, à sa place dans le monde, à son héritage du XVIIIème et du XIXeme siècle, à un certain rêve français.

Là encore, mon propos n'est pas de porter un jugement sur ce passé, je ne fais ici que le constater. Dien Bien Phu est la dernière bataille livrée par la France avec les soldats de son vieil empire colonial moribond. Pour la dernière fois des Nord-Africains, des Africains (qu'on appelait alors Sénégalais), des gens de toutes les îles des Antilles, de l'Océan Indien et du Pacifique, des Indochinois vont se battre, et mourir, côte à côte avec des Français de souche et des Européens de la Légion.

 Et chose plus étonnante encore, tous ces hommes pressentent confusément que c'est la dernière bataille et qu'elle sera perdue. Il y a là un mystère !

Il y a un autre mystère : pourquoi tous ces hommes se sont-ils battus au fond d'une vallée perdue du bout du monde, sur le sol du Vietnam, d'un pays indépendant, qui n'était plus une possession de la France, avec le même acharnement, les mêmes sacrifices que leurs grands-pères à Verdun, sur le sol de la France. Oui, il y a là un grand mystère !

Grâce à tous ces jeunes hommes, la guerre d'Indochine a su bien mourir. La partie raisonnable de mon cerveau ne peut ni le comprendre, ni l'expliquer. La partie émotionnelle de mon cerveau peut y adhérer, y deviner un sens, comme on ressent un sens aux grandes symphonies de Beethoven. Mon film "Dien Bien Phu" se veut semblable à une symphonie.

Vous avez tourné ce film au Vietnam. Cela a-t-il été facile pour vous ?

Tout au début, j'étais un peu réticent de retourner au Vietnam, pour les raisons que vous pouvez imaginer. Quand les Vietnamiens ont donné leur accord à Jacques KIRSNER, le producteur, en 1989, pour le tournage chez eux, dans le Nord, j'ai pensé que c'était une main qu'ils nous tendaient, 35 ans après l'adieu déchirant de la bataille. Et j'ai décidé de prendre et de serrer cette main. C'est sans doute une des meilleures choses que j'ai faites dans ma vie.

J'aime le Vietnam et j'aime particulièrement le Nord, le Tonkin, comme nous disions alors. C'est le pays où je suis devenu adulte, le pays de ma deuxième naissance si je peux dire. Je suis Tonkinois, comme je suis Alsacien. J'aime viscéralement cette terre, ces nuages de mousson, cette pluie et ce soleil, le vent, l'odeur, la rizière et la jungle ; j'aime le peuple Tonkinois grave et rieur, à la vie intérieure si riche et si intense. Je suis là-bas chez moi. Je ne revendique rien, mais je sais que je suis chez moi.

Je le leur ai dit en arrivant. "Votre sol a reçu un peu de ma sueur, un peu de mes larmes, un peu de mon sang, j'ai éprouvé chez vous mes premiers émois amoureux. Je me sens chez moi !" Ils ont très bien compris ce que je voulais dire.

Le fait d'accepter de tourner ce film au Vietnam avec les Vietnamiens donnait soudain une gravité supplémentaire à notre projet. J'ai eu le besoin de mettre les choses au point avec eux. Je leur ai dit :"Si je fais ce film ici, avec vous, ce n'est pas pour raviver de vieux ressentiments, de vieilles aigreurs, de vieilles amertumes. Je veux tourner avec vous une page d'un passé commun douloureux, et contribuer à renouer des relations chaleureuses avec vous".

 Tournant ce film là-bas, au Tonkin, j'ai eu en permanence le sentiment que j'avais trois missions à remplir.

D'abord faire un grand spectacle, un divertissement dans le sens pascalien du mot, c'est ma responsabilité professionnelle, c'est mon métier ; ma première préoccupation !

Ensuite, rendre un juste tribut à mes camarades morts dans cette bataille, à tous ces hommes qui ont achevé la formation de mon caractère, de mes convictions ; de renvoyer l'écho de tout ce que j'avais reçu d'eux. Je suis un survivant, je suis donc débiteur.

Enfin, cela n'était pas la moindre de mes responsabilités, j'ai senti immédiatement que j'avais un devoir d'espérance vis-à-vis des Vietnamiens. Je me devais de dire ce que je crois être la vérité, je me devais aussi de ne pas offenser l'avenir.

Comme vous le voyez, le tournage de ce film était une affaire d'amour. Je pense aussi que la bataille, étrangement, était une affaire d'amour.

La collaboration avec les Vietnamiens, avec mes anciens adversaires, a été une expérience bouleversante, pour eux comme pour moi, pour nous. Ce fut une des plus nobles aventures humaines qu'il m'ait été donné de vivre. Vietnamiens, "Vietminh", et Français, main dans la main, refaisant ensemble cette bataille, fut un évènement unique, exceptionnel, historique, je pense. C'est à l'honneur de nos deux nations.

Un soir, le 7 mai 1991, le directeur du cinéma vietnamien (ancien cameraman à Dien Bien Phu du côté Vietminh) m'a pris par le bras et m'a dit :"Je me demande ce que pourraient éprouver les hommes qui sont toujours là-bas, les morts, mes camarades et vos camarades, de ce que nous faisons aujourd'hui?..." Et, après un silence, il a ajouté :"Je crois qu'ils doivent être heureux". Cet homme a dit la vérité.

Je crois, je pense, je souhaite, j'espère qu'il a dit la vérité. Ce soir-là, le 7 mai 1991, jour anniversaire de la chute de Dien Bien Phu, sur notre champ de bataille reconstruit pour le film, j'ai eu le sentiment qu'il avait dit la vérité. Dans peu de temps, je vais retourner à Hanoï, avec le film sous le bras pour le leur présenter, comme je leur avais promis.

Je pense aux derniers mots de la Hire, le compagnon de Jeanne d'Arc, à son confesseur :

"J'ai fait tout ce qu'un soldat a l'habitude de faire. Pour le reste, j'ai fait ce que j'ai pu".

Je dirai à ces amis vietnamiens qui ont travaillé avec moi :"J'ai fait tout ce qu'un cinéaste a l'habitude de faire. Pour le reste, j'ai fait ce que j'ai pu".

Votre film est-il une évocation historique ?

Oui. Et non ! C'est une fresque, une saga. Le destin d'une multitude de gens qui subissent et exécutent les ordres, qui se rebellent, qui se dépassent, qui souffrent et qui rient. Beaucoup disparaissent, d'autres survivent ; je vous l'ai dit, c'est une symphonie, ce n'est pas une étude didactique sur la politique, la stratégie ou la tactique.

C'est l'essence même de Dien Bien Phu que j'ai voulu rendre. Quand le scénario a été écrit, avant même de tourner, nous avons enregistré la musique.

Georges DELERUE a composé un concerto, "Le Concerto de l'Adieu", magnifique, prémonitoire de ce que devait être l'âme du film. Un concerto est un dialogue entre un instrument et un orchestre. Dans le film, l'instrument, un premier violon, une femme (Ludmila MIKAEL), est la voix de la France, l'orchestre de Hanoï est le Vietnam.

La musique de DELERUE, noble, rigoureuse, chargée d'émotion retenue, participe elle-même à un concerto plus vaste, dialogue avec la terrible musique de percussion que sont les bruits et les fureurs de la guerre. Je sais que la bande sonore du film est exceptionnelle, à nulle autre pareille. Tous les sons ont été reconstitués, réorchestrés pour créer cette symphonie visuelle et auditive qui est la finalité de ce film.

 La musique suggère l'indicible. Elle s'adresse à la part d'émotionnelle et mystérieuse de l'homme.

Jean NOLI

-> Extrait vidéo du film : Dien Bien Phu - Pierre Schoendoerffer - Concerto de l'adieu - Georges Delerue

Le DVD :

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Le principal sujet de Robert Bresson : les formes multiples, et souvent inattendues, de la beauté du mal

"...Ce qui est sans doute le principal sujet [de Robert Bresson] en tant que cinéaste: les formes multiples, et souvent inattendues, de la beauté du mal.

...Au monde du faux-semblant des visages, où chacun semble d'ailleurs épier et soupçonner l'autre, la caméra de Bresson oppose le monde caché des mains, des sacs et des billets de banque où se livrent des drames silencieux, capables de faire basculer des vies.

...L'incroyable force du film de Bresson est d'empêcher toute synthèse entre ces facettes de Michel. Visages et mains, corps et âmes semblent autonomes les uns par rapport aux autres, pour mieux faire sentir la complexité tragique de cette figure humaine."

Extrait de Fabien Boully, 1959 : Pickpocket de Robert Bresson,

dans HISTOIRE(S) DE FILMS FRANCAIS Réalisateurs, acteurs, scénaristes… (Jean-Luc Douin et Daniel Couty, Bordas, 2005)

VIDEO : ROBERT BRESSON, PICKPOCKET : la scène de la Gare de Lyon

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LAURENT BOUHNIK, Q : Le sexe est l’issue... - Présentation du film et casting





--> HELENE ZIMMER : Q LE FILM (Laurent Bouhnik)


Laurent Bouhnik (réalisateur de 24 heures de la vie d’une femme) présente son prochain film, Q, pour lequel il lance un casting recherchant des "acteurs/actrices de 20 à 40 ans professionnels ou amateurs qui acceptent de tourner des scènes avec des actes sexuels non simulés."

Sortie prévue : Mai 2010 - Site officiel du film, présentant le projet et le casting : www.q-lefilm.com

Synopsis

" Dans un paysage social dégradé par une crise économique que traverse le pays, la vie de plusieurs personnes va être bouleversée par la rencontre avec Cécile qui, comme le personnage de "Théorème" de Pasolini, symbolise le désir.

À croire que les sentiments exacerbés dans une époque trouble amènent l'homme à vouloir exprimer sa profonde envie de vivre par une sexualité débridée, et un amour charnel passionné. "

A propos du casting…
Par LAURENCE WAYSER:

"Pour ce film sur le plaisir et le désir, nous recherchons acteurs/actrices de 20 à 40 ans professionnels ou amateurs qui acceptent de tourner des scènes avec des actes sexuels non simulés.

Nous voulons offrir à tous la possibilité de postuler pour les rôles principaux. Amateurs, professionnels venant du théâtre, du cinéma, de la mode, de quelque genre que ce soit ou illustres inconnus qui croient en leur talent. Mais nous ne cherchons ni des gymnastes, ni des obsédés sexuels, et ce n'est pas une star académie du porno.

Ce projet est un vrai film de cinéma et la force du cinéma passe par l'interprétation. Nous cherchons donc pour interpréter les personnages de notre histoire, de vrais comédiens capables de jouer des sentiments, de faire rire, pleurer, d'exciter, capables de faire passer des émotions auprès de spectateurs."

A propos du film… Q

Par LAURENT BOUHNIK, le REALISATEUR

DÉSIR

LAURENT BOUHNIK, FILM Q"Quelle subversion y a t’il à montrer ce que font près de 6 milliards d’individus le soir tombé ?

Le sexe est l’issue probable de toutes les plus belles histoires d’amour. Le sexe est le meilleur moyen d’exprimer cet amour à la personne aimée car enfin, le sexe n’est pas qu’une affaire de plaisir.

Pourquoi certaines femmes, certains hommes couchant avec des rencontres occasionnelles, m’ont avoué qu’il leur est arrivés, au moment crucial de l’orgasme, de se sentir tellement débordant d’amour qu’ils ont crié, hurlé, chuchoté à leur partenaire qu’ils l’aimaient ?

Cela voudrait dire que le partage du plaisir donne une incontrôlable envie d’aimer ? Mais pourquoi, dans la majorité des histoires d’amour, les années affaiblissent le désir entre deux personnes qui s’aiment et vivent ensemble ? La passion serait-elle volage ? Doit-on la réprouver pour cela ? Condamner l’amour à cause de son possible côté éphémère ?

D’ailleurs, y a t’il du désir avant de se sentir amoureux, ou bien est-ce le sentiment qui enflamme le corps ? L’amour est-il le plus efficace des aphrodisiaques ?. En fin de compte, n’y a t’il pas dans tous ces paradoxes une matière extraordinaire pour la création ?

Pourquoi les poètes, les peintres, les écrivains ont pu tremper leurs plumes et leur pinceaux pour décrire, montrer, examiner les corps dans tous leurs états, alors que le cinéma reste très pudibond sur le sujet, provoquant procès sur procès les rares fois où cela a été abordé ?

Le cinéma est il l'Art de la peur ?

PASSION

« Q » est avant tout un film d’amour, un film sur l’amour physique et la perception des sentiments. Pas n’importe quel amour. Cette émotion qui transporte deux personnes et les font chavirer jusqu’à vouloir se fondre, s’emmêler l’un et l’autre jusqu’à s’enchaîner de plaisir. C’est un film sur le désir de s’oublier avec la personne aimée, de se mêler à sa peau, sa sueur, ses humeurs, l’envie de se confondre avec le corps de l’être aimé, de vouloir à travers le plaisir ne faire plus qu’un.

« Q » est un film illustrant un partage idéal, une idée romantique de l’amour, mêlant la chair et le sentiment.

Et parce que je pense qu’il n’y a pas de passion sans sexe, parce qu’il y a un lien étroit entre le sentiment et le corps, où la manière d’exprimer son amour se retrouve dans les gestes de l’amour, dans l’attitude d’un corps par rapport à l’autre, parce qu’il n’y a rien de sale dans l’impudeur, parce qu’il peut y avoir de la beauté dans deux corps qui se cherchent, parce que j’aimerais saisir ces moments intenses où se révèlent l’être dans toute sa nudité, une forme d’honnêteté, parce que je pense trouver de la pureté là où d’autres ne voient que de l’obscénité, parce que mes personnages doivent s’offrir pour recevoir, parce qu’enfin je pense que tout Art ne peut se faire que dans la liberté, « Q » sera un film avant que d’être pornographique.

PROVOCATION

« Notre époque n’est peut-être pas encore mûre pour « entendre et pour « voir. Mais l’espoir justifié de voir venir la maturité est enraciné dans la nécessité. » Wassily Kandinsky

C’est peut-être le moment de crier fort pour se faire entendre.

Aujourd’hui, dans un monde où la plupart des médias étalent et vomissent tout ce qu’il y a de plus superficiel chez l’être humain, où le consommateur a évincé le citoyen, où le temps de pub a remplacé la réflexion, où la peur a plombé l’avenir, où la connaissance a fait place à l’information, où l’image est gangrené par le commerce, où l’être se plonge dans le néant, il est nécessaire de combattre l’apathie générale, le désir contre l’ennui, la vie face à la mort de l’esprit.

Ce siècle sera adulte ou un affreux mausolée."

24 heures de la vie d’une femme - Laurent Bouhnik - Michel Serrault, Berenice Bejo, Agnes Jaoui - STEFAN ZWEIG

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NOTES SUR LE CINEMA

 

HISTOIRE DU CINEMA : CINEASTES, SCENARIOS, MISES EN SCENE, DIRECTION D'ACTEURS...

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