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Mort de Claude Laydu, le curé d'Ambricourt du Journal d'un curé de campagne de Robert Bresson





Claude Laydu est mort vendredi 29 juillet 2011.

Il était le curé de campagne dans le film de Robert Bresson.

(Le curé d'Ambricourt dans Journal d'un curé de campagne, d'après le roman de Georges Bernanos)

Vidéo : Scène de Claude Laydu avec Nicole Ladmiral






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Fabrice Luchini : "On le déteste, voilà ce qui peut me le rendre intéressant: j'aime bien les gens qui n'ont pas la cote."

Fabrice LUCHINI, Le Figaro : "Si quelque chose m'intéresse dans la figure du bourgeois, c'est qu'il n'a rien pour lui. Il est nanti, il a des petits états d'âme, des émotions de tiroir-caisse, des certitudes sur tout et, comme disait Flaubert, «la rage de conclure ». On le déteste, voilà ce qui peut me le rendre intéressant: j'aime bien les gens qui n'ont pas la cote. Le culte de l'antibourgeois, c'est le côté facile et convenu de la révolte. Mais je ne joue jamais la condition sociale, je joue la condition humaine."

...

«N'oublie pas, disait Jouvet, que le public ne vient pas te regarder jouer, il vient jouer avec toi.» S'il ressent cette métamorphose d'un type terne et triste et s'il ressort content, à l'aise, c'est gagné. Notre métier, c'est de plaire, Molière le disait. C'est génial et épouvantable à la fois. On donne notre énergie pour que le spectateur s'amuse, s'émeuve, s'enchante. Il faut plaire au public, mais sans pactiser, sans trahir la tessiture soit de la langue, soit de l'émotion, soit du climat. Pas faire des turlutes de racoleuse du bois. Je vous fais un peu de Thomas Bernhard? «Il y a quelque chose de haïssable chez les acteurs du Burgcenter qui pactisent avec le public. Je hais les acteurs. Les acteurs sont ignobles, répugnants. Ma répugnance pour les acteurs est définitive. Surtout pour les acteurs du Burgcenter, etc. » Je pourrais continuer longtemps ! On ne pastiche que ce qu'on admire. Bon, alors, laissons-le, l'acteur. Michel Bouquet m'a dit un jour: « Pourquoi les gens viennent voir ton spectacle ? Parce qu'ils sortent renseignés sur eux-mêmes.»

--> A lire intégralement dans Le Figaro

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Fabrice Luchini : seul émeut l'acteur quasi impassible, qui retient sa peine et ses larmes

Fabrice Luchini: "Le grand comédien est celui qui sait se faire infiniment disponible, vide, comme absent, pour que le monde tout autour vienne l'impressionner, telle une plaque photographique. Michel Bouquet me disait toujours: Il faut que tu deviennes normal, apathique. Là, le public peut rentrer dans l'histoire que tu lui racontes. Un acteur n'a pas le droit d'être pittoresque. Jouvet aussi recommandait la même chose à ses élèves du conservatoire... Mais le mystère, c'est que ces deux maîtres qui chérissent la dépersonnalisation sont en fait des acteurs à la personnalité écrasante... Sans doute n'est-il pas possible d'énoncer une théorie, un mode d'emploi du jeu de l'acteur: il n'y a que des pratiques d'acteurs singulières."
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D'où vous est venu ce goût de lire seul en scène ?
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"Comme aucun metteur en scène réputé talentueux du secteur subventionné ne m'a jamais fait signe - de Vitez à Chéreau - je suis bien obligé de me lancer seul si je veux avancer."
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"Si je ne m'enrichissais pas, si je ne m'éprouvais pas moi-même constamment au contact des grandes oeuvres sur scène, je n'aurais sans doute rien à donner au cinéma"
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"Le but d'un acteur, ce n'est jamais sa propre émotion mais celle qu'il provoque chez les autres. Et il ne la provoquera qu'avec la plus absolue légèreté. C'est le paradoxe de Diderot: seul émeut l'acteur quasi impassible, qui retient sa peine et ses larmes. Celui qui pleure fait au contraire sourire."
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"Si le comédien veut descendre dans le profond, il se noie, disait Jouvet. Il faut dans sa participation qu'il reste en surface. C'est là qu'il a plus de chances et de facilités pour peser sur l'âme et l'esprit du spectateur."


La suite : Ecran Noir

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Michel Bouquet : Je n'ai pas un public énorme mais il n'est pas là par hasard. Ils savent très bien qu'il va falloir ouvrir ses oreilles

Michel Bouquet : "Je n'ai pas un public énorme. Maintenant que je vais bientôt disparaître - et j'en suis content - je peux l'évaluer entre 70 000 et 120 000 personnes pour le théâtre et au cinéma entre 400 000 et 600 000.
...
C'est un public fidèle. Il n'est pas là par hasard. Je peux leur balancer Ionesco ou Beckett ou Molière ou Thomas Bernhardt, ils savent très bien qu'il va falloir ouvrir ses oreilles. Mais ça me suffit amplement. Je n'ai pas besoin de millions et de millions. Ca ne m'intéresse pas."

Long entretien avec Michel Bouquet et Fabrice Luchini à lire dans L'Express : Bouquet / Luchini, l'interview croisée, Par Laurence Liban

Voir aussi : Fabrice Luchini : En trente ans, je n'ai fait qu'une seule action : lire les grands textes. Non mais vous entendez comme c'est écrit !

MICHEL BOUQUET - Le Malade imaginaire, Théâtre de la Porte Saint Martin Paris (Xème). Jusqu'au 4 janvier.
http://www.portestmartin.com/

FABRICE LUCHINI - Le Point sur Robert, Espace Cardin, Paris (VIIIème).
Du 20 décembre au 20 janvier.
http://www.pierrecardin.com/Dculture/espace_cardin_gb.html

Le Malade imaginaire de Molière
Mise en scène Georges Werler Avec Michel Bouquet

Michel Bouquet est le malade imaginaire

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Fabrice Luchini : En trente ans, je n'ai fait qu'une seule action : lire les grands textes. Non mais vous entendez comme c'est écrit !

Fabrice Luchini Le point sur Robert
Espace Pierre-Cardin Paris - 3, avenue Gabriel 75008 Paris
du 22/12/2009 au 31/12/2009 dimanche: 17h00

FABRICE LUCHINI - CELINE BAUDELAIRE PROUST FLAUBERT NIETZSCHE

Long entretien avec Fabrice Luchini à lire dans L'Express.

Extrait :

"Prenez La Fontaine :

"Une tortue était, à la tête légère, qui, lasse de son trou, voulut voir le pays..."

Si ce texte n'éveille pas en vous tout ce qu'il y a de burlesque, d'inquiétant, de prodigieux... Mais c'est le texte de La Fontaine qui fait ça, pas la diction de Luchini ! Moi, je ne fais que le faire résonner.

(...)

En trente ans, je n'ai fait qu'une seule action : lire les grands textes. Mais il faut avoir une nature suffisamment ébranlée et douloureuse pour être acteur.

(...)

Revenons à La Fontaine :

"Certain ours montagnard, ours à demi léché."

Ours à demi léché. Formidable ! On ne sait pas : il n'est pas mal léché, il n'est pas bien léché, il est "à demi" léché. Ça a l'air de rien mais c'est une nuance.

"Certain ours montagnard, ours à demi léché, [...] Nouveau Bellérophon vivait seul et caché. Il fût devenu fou, la raison d'ordinaire n'habite pas longtemps chez les gens séquestrés. Il est bon de parler, et meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés."

Non mais vous entendez comme c'est écrit ! Ce n'est pas écrit, c'est autre chose !... Là où les écrivains écrivent, La Fontaine, lui, est dans le nerf ! C'est du miracle. Il n'y a aucune rhétorique.

En ce moment, je travaille Baudelaire. Je prépare un spectacle sur la musique classique et Baudelaire, qui sera un spectacle hyper-pointu, avec du piano, une chanteuse d'opéra, etc... Je ne suis pas fou de Baudelaire mais je suis fasciné par la belle oeuvre, le bel ouvrage :

"Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; adieu vive clarté de nos étés trop courts ! J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres le bois retentissant sur le pavé des cours. Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère, haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé, et, comme le soleil dans son enfer polaire, mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé. J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ; l'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd."

Ça, c'est une forme prodigieuse. Mais La Fontaine est supérieur ! La Fontaine est supérieur à Baudelaire parce que ce n'est pas la forme mais l'éblouissement. Baudelaire, c'est le génie de la forme, une ciselure qu'on peut simplement suivre. Mais je crois qu'il faut se méfier du génie de la forme. La Fontaine, on peut l'aborder sans cette méfiance. Sans aucune méfiance :

"Il est bon de parler mais meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'ours habitait, si bien que tout ours qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie."

Vous rendez-vous compte ? "Si bien que tout ours..." D'ailleurs, on ne doit pas dire le s de "ours" :

"Si bien que tout our qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie. Il est bon de parler, meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'our habitait."

A chaque fois il nous en envoie une ! Il y a tout Raymond Devos, en une phrase. Voilà : d'un côté, on a Baudelaire qui est un génie de la forme, de l'autre, on a La Fontaine qui est un génie tout court."

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La diction chez Robert Bresson - L'égalisation des syllabes - l'abîme neuf qu'accuse ce retrait de l'énonciation sur les contenus

Vidéo : Extrait d'Une femme douce, de Robert Bresson.
Avec Dominique Sanda.
La diction des comédiens chez Shakespeare.

La diction chez Robert Bresson.

"L'égalisation des syllabes, c'est-à-dire la soustraction de la signification intentionnelle du texte lui-même, l'absence de destinataire dans l'élocution - "se parler à soi-même" [conseil de Bresson aux modèles], la répétition des phrases, encore reprise à la postsynchronisation, vise une absence de réverbération dans la voix, identique à celle de l'image de soi dans le tournage.

...

On parle beaucoup de ce qu'enlève une telle technique, moins de ce qu'elle apporte :

... l'abîme neuf qu'accuse ce retrait de l'énonciation sur les contenus."

Robert Bresson, de Philippe Arnaud, page 77

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