L'ART ET LES FILMS DE ROBERT BRESSON
Anne Wiazemsky : Marie est perdue dès le départ, à cause de cette passivité [A propos de BALTHAZAR, de BRESSON]
Anne Wiazemsky parle de son rôle dans le film de Robert Bresson, Au hasard Balthazar,
le personnage de Marie.
"Marie c'est... Au début du film c'est une petite fille. Et à la fin du film c'est encore une petite fille. C'est quelqu'un qui ne pourra jamais être adulte, qui ne sera jamais capable d'un choix, d'un acte raisonné, posé. Elle agit uniquement par instinct, elle se laisse faire, elle subit, quand elle ne subit pas son père c'est parce qu'elle subit Gérard. Et à mon avis elle est perdue dès le départ, à cause de cette passivité. "
François Lafarge parle de son personnage dans le film, Gérard :
"Gérard, devant Marie, trouve une personne qui ne fait pas partie de son univers. Il ne la comprend pas, mais il la désire, pour la détruire. Il veut la détruire parce qu'elle représente quelque chose de relativement pur, et lui-même voudrait bien détruire cela, parce que c'est une image qui lui est insupportable."
ROBERT BRESSON - Entretien sur le cinéma
ROBERT BRESSON - Entretien sur le cinéma
- Il semble que vous cherchiez une anti-expression. Vous ne voulez pas que les comédiens jouent la comédie, mais vous ne les laissez même pas être comme on serait dans la vie. On dirait que vous les effacez, et que vous les faites moins significatifs qu'ils seraient dans la vie.
Robert Bresson : Je ne crois pas. J'essaie de les livrer à un automatisme, automatisme qui je crois occupe une très grande place dans notre vie.
ROBERT BRESSON : entrevue sur Jeanne d'Arc - Avec Jean Guitton
VIDEO : entrevue sur Jeanne d'Arc, ROBERT BRESSON
Robert Bresson et Jean Guitton - Le Procès de Jeanne d'Arc - 1962
Pierre Klossowski à Anne Wiazemsky, Robert Bresson : La vie n'est qu'un champ de foire. Le billet de banque suffit

Pierre Klossowski à Anne Wiazemsky :
"La vie n'est qu'un champ de foire. Le billet de banque suffit."
"On apprend vite qu'on peut tout se permettre,
et avoir en même temps l'estime et la considération des gens.
C'est une question de culot, d'aplomb".
VIDEO : AU HASARD BALTHAZAR, ROBERT BRESSON
Mouchette / Au hasard Balthazar - Coffret 2 DVD :
Visconti avait privilégié le rêve, Bresson retient plutôt le réel - ROBERT BRESSON, QUATRE NUITS D'UN REVEUR
VIDEO : QUATRE NUITS D'UN REVEUR, ROBERT BRESSON

"...Jacques peint les jolies femmes qu'il suit dans Paris. (...)
Bresson donne le sentiment de cerner l'absence même."
(TELERAMA, Guide cinéma)
Le récit "Nuits blanches" de Dostoïevski qui décrit la lutte du rêve et de la réalité avait déjà donné lieu en 1957 à une première adaptation cinématographique de Luchino Visconti (Le notti bianche) qui avait surpris par sa théâtralité et son onirisme accusé. Avec son décor de studio, Visconti avait donc privilégié le rêve.
Bien que son titre fasse explicitement référence au sous-titre du court roman "Souvenirs d'un rêveur", Bresson retient plutôt le réel, ce qui était sans doute inévitable de la part de cet acharné du vrai.
(...)
Aussi éloignée de la dramaturgie classique que de la rigueur habituelle du système bressonien, la construction du film est proche de la modernité d'un Godard ou d'un Antonioni."
Extrait des pages 99-101 de "Robert Bresson. L'aventure intérieure",
par René Prédal. Numéro spécial L'Avant-Scène Cinéma, nº 408/409, Janvier Février 1992
1971 : Quatre nuits d'un rêveur (Four Nights of a Dreamer)
Réalisateur Robert Bresson
Scénario Robert Bresson
Auteur de l'oeuvre originale Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Dialoguiste Robert Bresson
Société de production Albina Productions (Paris)
Société de production Victoria Films
Société de production I Film Dell'Orso (Roma)
Directeur de production Georges Casati
Distributeur d'origine Imperia Films
Directeur de la photographie Ghislain Cloquet
Directeur de la photographie Pierre Lhomme
Ingénieur du son Roger Letellier
Mixeur Jacques Carrère
Compositeur de la musique Michel Magne
Décorateur Pierre Charbonnier
Assistant-réalisateur Mylène Van der Mersch
Assistant-réalisateur André Bitoun
Assistant-réalisateur Jean-Pierre Ghys
Assistant-réalisateur Munni Kabir
Monteur Raymond Lamy
Scripte Irène Lhomme
Guillaume Des Forêts (Jacques)
Isabelle Weingarten (Marthe)
Jean-Maurice Monnayer (le locataire)
Jérôme Massart (le camarade des Beaux-Arts)
Patrick Jouané (le gangster du film incorporé)
Lydia Biondi (la mère de Marthe)
Giorgio Maulini
Vincent Amiel : “Notes sur le cinématographe” de Robert Bresson (Cours de cinéma)
présenté par Vincent Amiel, au Forum des Images, vendredi 20 novembre 2009
Critique à Positif et professeur à l’université de Caen, Vincent Amiel a publié plusieurs essais dont “Robert Bresson” avec Gérard Pangon (Éd. Arte, 1997) et “Le Corps au cinéma : Keaton, Bresson, Cassavetes” (Éd. PUF, 1998).
“Le cinématographe est une écriture avec des images et des sons”. Robert Bresson précise dans ce recueil sa vision du cinéma sous forme de conseils adressés autant à lui-même qu’aux autres cinéastes. Le refus de la psychologie, l’acteur comme modèle, Bresson défend le “cinématographe” contre “le cinéma”, qui ne serait que du théâtre filmé.
Video Interview Donald Richie : Robert Bresson, Au Hasard Balthazar
Interview film scholar Donald Richie : Robert Bresson, Au Hasard Balthazar
