Akira Kurosawa, The Idiot - Masayuki Mori : Kinji Kameda, the idiot Yoshiko Kuga : Ayako (Aglaïa)

"Son amour est étrange : ce n'est qu'un sentiment direct sans aucune réflexion. Il ne fait pas de projets, de suppositions : sera-t-elle sa femme ? est-ce possible ? etc. Il lui suffit d'aimer. Si elle épousait un autre, cela le frapperait autrement que l'on ne pourrait s'y attendre : "Qu'elle se marie, je l'aimerai tout de même". Si elle était une putain cela lui serait presque indifférent : "Et moi je l'aime quand même !" Finalement il cesse de voir la réalité."

(Dostoïevski, Les carnets de L'Idiot - matériaux préparatoires au roman - Carnet n°3, 1867, Genève, Pléiade, page 767)

--- Aglaïa Ivanovna Epantchine, au prince Mychkine : "si vous entamez un sujet comme (...) la théorie selon laquelle "la beauté sauvera le monde", eh bien !... j'en serai ravie et m'en amuserai beaucoup, mais... je vous préviens : ne reparaissez plus devant moi après cela ! Vous m'entendez : je parle sérieusement ! Cette fois je parle sérieusement !
Elle proféra en effet cette menace sur un ton sérieux ; même il y avait dans ses paroles et dans son regard une expression inaccoutumée que le prince n'y avait jamais observée jusque-là et qui, certes, ne ressemblait guère à une envie de plaisanter." (L'Idiot, Pléiade, page 639)

--- Hippolyte Terentiev, au prince Mychkine : "Est-il vrai, prince, que vous ayez dit un jour que la « beauté » sauverait le monde ? Messieurs, s'écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que la beauté sauvera le monde ! Et moi je prétends que, s’il a des idées aussi folâtres, c’est qu’il est amoureux. Messieurs, le prince est amoureux ; tout à l'heure, aussitôt qu’il est entré, j’en ai acquis la conviction. Ne rougissez pas, prince ! vous me feriez pitié. Quelle beauté sauvera le monde ?" (L'Idiot, Pléiade, page 464)

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