Ermanno Olmi : "Les véritables protagonistes de l'histoire disparaissent toujours dans l'ombre. Je veux raconter l'histoire des personnes qui, pour ceux qui font l'histoire, sont "sans histoire" (...), tous ceux à qui on confie rarement le rôle principal. Bien entendu, je ne veux pas créer le mythe de l'anonymat. Je désire simplement replacer l'être anonyme dans le contexte et à la place qu'il mérite, mais sans bruit, sans manifestation de rue. (...)

Même les idéologies ne sont que des couvertures ; elles masquent des sous-idéologies, au service de l'idéologie privée d'intérêts mesquins. Je trouve anachronique qu'aujourd'hui encore on établisse des distinctions d'idéologies entre les hommes de culture. Les idéologies ont toujours divisé la société de la façon la plus néfaste, parce que cette division s'opère dans le sens vertical : chaque idéologie a sa figure de proue, sa classe dirigeante, sa bourgeoisie et sa base. En revanche, les grandes divisions de l'histoire se sont toujours produites dans le sens horizontal : d'un côté les exploités, de l'autre les exploiteurs. Les exploiteurs, bien qu'appartenant à des idéologies différentes, ont toujours trouvé un terrain d'entente."

Extraits d'un entretien avec Ermanno Olmi, Aldo Tassone, Le cinéma italien parle, Edilig, pages 163-165

Photo : L'Arbre aux sabots, Palme d'Or du Festival de Cannes 1978. Un film de Ermanno Olmi

L'ARBRE AUX SABOTS - PALME D'OR FESTIVAL DE CANNES 1978 - Ermanno Olmi : Les véritables protagonistes de l'histoire disparaissent toujours dans l'ombre. Je veux raconter l'histoire des personnes qui, pour ceux qui font l'histoire, sont sans histoire