Paul Schrader (scénariste de Taxi Driver et Raging Bull), explique comment il choisit ses étudiants en écriture de scénario :

"Quand j'ai enseigné à UCLA, il y avait beaucoup d'étudiants qui voulaient s'inscrire dans ma classe. Il fallait que je trouve un moyen de choisir 10 personnes parmi les quelques 200 types qui voulaient entrer. Et je n'avais pas envie de passer un temps fou à lire leur littérature. Le premier jour, quand ils étaient tous réunis, je leur ai demandé d'écrire sur un bout de papier leur nom, leur classe, la ville où ils étaient nés, leur race, leur sexe, etc... Je leur ai expliqué que je faisais ça parce que je voulais choisir dix personnes d'origines différentes. Je ne voulais pas me retrouver avec dix blancs originaires de l'Ohio. Ensuite, je leur ai dit de m'écrire en trois phrases, quels étaient leurs deux problèmes personnels les plus graves du moment. Six phrases en tout. Je les ai lues rapidement, et j'ai choisi dix mômes intéressants. Dix mômes avec des problèmes intéressants. Et je ne me suis pas préoccupé de savoir s'ils étaient capables d'écrire. Parce que je me suis dit que si j'avais dix mômes avec des problèmes intéressants, on allait se retrouver avec un potentiel de dix scripts intéressants. Et moi je m'intéresse infiniment plus à quelqu'un qui est un bon écrivain. Parce que je peux enseigner l'écriture, mais je ne peux pas enseigner à quelqu'un à comprendre le sens de sa vie..."

(Cinématographe n°53, janvier 1980 -- Fragment 4010 page 276 de "Passage du cinéma 4992")

Cf King Vidor : "Ce qu'on ne peut enseigner, c'est que le futur metteur en scène doit avoir quelque chose à dire". ("Récemment, je visitais les sections cinématographiques de deux grandes universités, et je parlais aux jeunes gens qui avaient choisi la carrière de metteur en scène de films, tout comme un garçon se destine normalement à devenir docteur, avocat, musicien ou architecte. A ma grande satisfaction, j'appris que l'on demandait maintenant aux étudiants d'avoir de bonnes notions sur tous les autres arts qui vont de pair avec la mise en scène. Ce qu'on ne peut enseigner, c'est que le futur metteur en scène doit avoir quelque chose à dire.") 

(Cahiers du cinéma n°88, octobre 1958, 
fragment 185 page 347 de "Passage du cinéma 4992") 

Photo :

Taxi Driver, 1976 - Robert De Niro, Martin Scorsese, Cybill Shepherd

Robert De Niro : Travis Bickle
Cybill Shepherd : Betsy

Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Paul Schrader

 

Taxi Driver, 1976 - Robert De Niro, Martin Scorsese, Cybill Shepherd

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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