Godard et Bresson, par Claude Mauriac : "En citant Pickpocket, Godard situe son oeuvre à sa vraie place. (...) En quête de leurs voix les plus secrètes et les plus vraies, le Bresson de Pickpocket fait en apparence parler faux ses personnages. Ce ton est celui qu'aurait la conscience s'il était possible d'enregistrer la rumeur de ses cheminements. Jean-Luc Godard procède de la manière opposée pour arriver au même résultat : une des originalités de A bout de souffle tient dans la nature de ses dialogues. Il nous semble que, pour la première fois, nous entendions parler juste à l'écran. Mais ce naturel n'est qu'apparent. Il a été entièrement recréé. Deux bons comédiens : Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo. Mais tels les interprètes de Bresson, ils n'auraient pas d'existence (tout au moins pas celle-là) sans le cinéaste. Et tous les ressassements, les redites, les mots de passe, les cris étouffés, les appels muets de la conversation, telle qu'elle se passe, non dans l'esprit des scénaristes et selon leurs conventions, mais dans la vie. Les voix se recouvrent; elles poursuivent sans se répondre des monologues parallèles; parfois elles coïncident un instant, se complétant dans la brève communion d'une seconde : et c'est de nouveau cette double solitude camouflée par des mots anodins ou grossiers, des phrases qui sont là pour d'autres que l'on n'ose pas ou que l'on ne peut pas dire." (Claude Mauriac, Le Figaro littéraire, 19 mars 1960, extrait)

JEAN SEBERG - A BOUT DE SOUFFLE - JEAN-LUC GODARD
JEAN SEBERG - A BOUT DE SOUFFLE - JEAN-LUC GODARD

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

nouveautés ~ art de l'acteur ~ cinéastes ~ art du théâtre ~ meilleurs films ~ top 100

Antonioni Bergman Bresson Cronenberg Fellini Godard Hitchcock Jouvet Labed Lynch Malick Mnouchkine Portman Rohmer Sautet Scorsese Truffaut Vitez Welles

masters of cinema | films actors directors

a-z videos / new videos / facebook

 

films7 | films actors directors