Le montage de Casino, de Martin Scorsese, a duré près d'un an. Entretien avec la monteuse du film, Thelma Schoonmaker. (Extraits)

"Le plus dur était de trouver la structure. (...) La dimension épique du film nécessitait beaucoup de travail. (...) Je crois que c'était très différent des précédents films parce que, comme le dit Marty, c'est un film qui a une histoire mais pas d'intrigue. Il a expérimenté beaucoup de choses en essayant de ne pas se reposer sur une intrigue. Le film fonctionne d'ailleurs presque suivant une logique d'épisodes. C'était donc très expérimental d'une certaine manière. (...) Nous avons dû couper 45 minutes de Casino, vraiment merveilleuses. C'était la seule chose à faire pour que le film puisse fonctionner. (...)

Chez Marty, le scénario n'est pas vraiment le reflet de ce qu'il va faire. Les films sont toujours plus complexes et plus profonds que les scénarios. Il y a apporte des détails, une atmosphère. (...) Il aime expérimenter. (...)

Il peut y avoir cinq prises différentes d'une réplique. (Martin Scorsese) prend beaucoup de décisions sur le jeu (des acteurs) au montage. Il ne fait pas cela au tournage, préférant se laisser une certaine marge de manoeuvre au montage... Il peut mieux contrôler les choses, mieux réfléchir. Quand on a quatre prises de la même réplique d'affilée, on peut vraiment faire un choix précis. (...) Il est réellement passionné par le montage, par l'effet que peut donner la juxtaposition de deux images. C'est quelque chose qui l'obsède et que l'on voit dans ses story-boards. On peut s'apercevoir dès ce stade qu'il a un vrai sens du montage. Il a étudié de près Eisenstein. Pour lui, le film se fait à ce stade. Le tournage est comme le chantier du film, ses fondations. Mais le montage lui permet de donner une vie et une forme au film, de modeler le jeu des acteurs, de mettre en valeur certains mouvements de caméra ; d'expérimenter des styles très nouveaux. Il a aussi moins de pression que sur le plateau, où l'heure tourne et des milliers de dollars sont dépensés chaque jour ; la pression est affreuse, la lumière faiblit, un acteur se sent mal, un travelling ne marche pas (Rires). C'est stressant pour tous les réalisateurs. Au montage, ils peuvent vraiment se calmer et se concentrer sur le film."

(Cahiers du cinéma n°500, Numéro spécial : Martin Scorsese rédacteur en chef,
mars 1996, extraits des pages 17 à 19)

ROBERT DE NIRO : CASINO - MARTIN SCORSESE

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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