Martin Scorsese :

"J'aimerais pouvoir vivre du métier de scénariste. Mais je n'arrive pas à maîtriser l'écriture comme le fait Paul Schrader. Il sait écrire une intrigue. Pas moi. J'aime voir une bonne intrigue au cinéma. Mais ce qui m'intéresse, ce sont les personnages. Je préfère, quand je fais du cinéma, éclater les notions de temps et d'espace. J'essaie de trouver d'autres formes de narration, de m'éloigner de la dramaturgie du XIXe siècle, qui repose sur un découpage en trois actes. J'aime ça mais c'est quelque chose que je n'ai pas envie de faire. A Hollywood, on en est encore à des structures classiques. Des gens peuvent dire "Le film est bon, mais il y a un vrai problème au troisième acte"... Le troisième acte ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Que nous sommes devant une scène et que le rideau va se lever ? Un film - je l'ai souvent répété - est construit sur des séquences, elles-mêmes divisées en scènes. Il y a cinq ou six séquences divisées en cinq ou six scènes. C'est la structure traditionnelle, qu'on peut ensuite essayer de bouleverser. On peut faire comme Godard : dans Le Mépris, la première partie du film, c'est la scène de ménage dans l'appartement. Toute la première partie, vous vous rendez compte ? Il y a plein de manières de faire."

(Martin Scorsese, Notre génération
Cahiers du cinéma n°500, Numéro spécial : Martin Scorsese rédacteur en chef,
mars 1996, page 39, extrait)

Martin Scorsese, scénariste : ce qui m'intéresse, ce sont les personnages. Je préfère, quand je fais du cinéma, éclater les notions de temps et d'espace