Jean-Luc Godard : "Le Mépris aurait pu être fait avec des acteurs très différents. Bardot a accentué le côté... dessin. C'est pour ça que j'ai mis un chapeau à Piccoli, je l'ai rendu lui aussi plus schématique. Moi, j'aime bien le film comme ça. J'aurais aimé faire Le Mépris avec Kim Novak aussi, en lui gardant le côté complètement passif de Vertigo. Ce côté passif, placide, correspondant au personnage du roman. Un personnage mou. Son mystère, c'est sa mollesse. ç'aurait été plus insupportable. Une scène de ménage, pendant une heure et demie. Si elle est bien faite, les gens ne supportent pas. C'est comme la guerre. Alors, venant après Les Carabiniers, il fallait que Le Mépris aille dans une autre direction. Et là, Bardot m'a aidé. C'est moins atroce, plus musical. On peut compatir, alors qu'on ne compatissait pas du tout dans Les Carabiniers. Ici on est avec les personnages, très près d'eux."

Entretien avec Jean-Luc Godard, 12 septembre 1963, 
Jean-Luc Godard, par Jean Collet, Cinéma d'aujourd'hui, extrait des pages 106-107

 

 

VIDEO BLOW UP ARTE : Et si Kim Novak avait joué dans Le mépris ?

 

KIM NOVAK - JAMES STEWART : VERTIGO - ALFRED HITCHCOCK
BRIGITTE BARDOT - MICHEL PICCOLI : LE MEPRIS - JEAN-LUC GODARD

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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