Fabrice Luchini et Jean-Laurent Cochet

"Le mythe de l'autodidacte est un mythe assez bourgeois finalement. L'autodidacte, y'a des limites. Ma vie ça a été un miracle le jour où j'ai été dans un cours de théâtre et que j'ai vu l'immensité du répertoire. J'avais rien entendu. Je ne comprenais rien. Et le jour où Jean-Laurent Cochet entre... Y'avait un élève qui passait une scène de Labiche, et puis après une fable de La Fontaine, et après une scène de Molière. (...) Un petit extrait des Deux Timides : il entre dans un salon bourgeois, il hurle :

"Madame, Monsieur, j'ai bien l'honneur..."

Il regarde, le salon est totalement désert. Il se tourne vers le public et il dit :

"Tiens, personne... Oh, tant mieux ! Ce que je redoutais le plus c'était de rencontrer quelqu'un. Je frissonne à l'idée de me trouver en présence de ce père qui sait que j'aime sa fille. Oh oui je l'aime, depuis ce dîner où j'ai cassé un verre, je viens tous les jours à Chatou pour faire ma demande..."

... ça m'a rendu dingue, ça m'a rendu complètement dingue." 

(Fabrice Luchini, Arte, 28' spéciale langue française)

Photo : Jean-Laurent Cochet et Fabrice Luchini - Charly - waliki.fr

 

 Jean-Laurent Cochet et Fabrice Luchini - Photo : Charly - waliki.fr