Conversation avec Jean-Luc Godard :

Romain Goupil : On travaille dans l'exigence, on engage des techniciens qui coûtent une fortune, et après le film passe sur un écran télé qui n'est même pas réglé, qui va te mettre trop de bleu, de jaune ou de rouge. Et tout le monde regarde le film comme ça !

Alain Bergala : Mais d'où vient qu'en France, alors que le goût des spectateurs est en baisse, que les gens n'ont plus d'exigences réelles, la barre soit si haute quant aux exigences strictement techniques ?

Jean-Luc Godard : Parce qu'il y a une insuffisance de création.

Jean-Pierre Beauviala : On en arrive à la peinture pompier de la fin du XIXe siècle : pas d'émotion, que du lustre. Le cinéma français d'aujourd'hui c'est un peu la peinture de Meissonier par rapport à la peinture de Cézanne. Les gens qui n'ont pas d'idées ni de doutes font de l'image propre et lisse, des images passoires fabriquées yeux ouverts. Alors que ce qui nous émeut, c'est l'image réinventée au réveil en fin de rêve, plusieurs couches accumulées : la trace des images concoctées les yeux fermés.

(août 1983, Cahiers du cinéma n°350)

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Peintures :

Image lisse, académique : Ernest Meissonier : Un jeu de piquet (1861)

Image réinventée : Paul Cézanne : Les joueurs de cartes (entre 1890 et 1895)

Le cinéma français d'aujourd'hui c'est un peu la peinture de Meissonier par rapport à la peinture de Cézanne

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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