Crash / Cronenberg / Ballard : La passion sexuelle, chez beaucoup de gens, se développe à un niveau intellectuel plutôt que physique. Tout a lieu dans la tête. Crash oublie toute la machinerie démodée des conventions dramatiques qui limite tant le medium

James G. Ballard, auteur de CRASH, à propos du film de David Cronenberg adapté de son livre :

"La passion sexuelle, chez beaucoup de gens, se développe à un niveau intellectuel plutôt que physique. La froideur dont on a parlé est inscrite dans le sujet même du roman. Mais les émotions des personnages sont toujours très fortes, leur tendresse aussi. Cronenberg décrit son film comme une histoire d'amour, et je partage entièrement son point de vue ! C'est un film magnifique, comme je n'en ai jamais vu, qui dépasse totalement le niveau narratif, un film obsessionnel, et en même temps très contenu. Les films hollywoodiens sont bien plus violents que Crash. La grande majorité des films reposent sur des intrigues traditionnelles héritées du XIXe siècle. Avec Cronenberg, plus d'histoire, plus de psychologie, il joue uniquement sur la poésie. Ce film se dispense d'une exposition, ses personnages pourraient sortir d'une publicité télévisée pour voitures, et pourtant, ils sont si vrais ! Le cinéma a été largement pris au piège des formules et des conventions du roman et du théâtre du XIXe siècle. Le prix à payer a été très élévé, depuis l'avènement du parlant.

Dans Crash, ce qui remplace la dramatisation extérieure, c'est le psychodrame intérieur, la quête obsessionnelle dans laquelle s'engagent les personnages. Ici, le cinéma devient vraiment subjectif, ce qui est extrêmement rare. Les événements extérieurs décrits dans le film n'ont finalement aucune importance, quand la femme du narrateur fait l'amour sur la banquette arrière, ce dont il s'agit, avec la mousse et les brosses du lavage automatique, a plus d'importance que ce qui se passe entre les personnages, tout a lieu dans la tête du narrateur, nous sommes dans un monde poétique, un monde de rêve. (...) Crash oublie toute la machinerie démodée des conventions dramatiques qui limite tant le medium. Je ne nie pas la séduction qu'exercent le sexe et la violence, surtout si on les associe à la voiture, qui est l'objet le plus moderne de notre vie quotidienne, mais ce que nous voyons dans Crash est non seulement un monde intérieur, mais un monde intériorisé."

Extrait d'un entretien avec James G. Ballard, réalisé à Cannes par Serge Grünberg en mai 1996, Cahiers du Cinéma n° 504, juillet/août 1996, pages 31-32. En Une : "Crash : un chef-d'oeuvre de Cronenberg". 

-> Autre extrait de l'entretien : Crash de Cronenberg / J. G. Ballard : Je crois en cette liberté fondamentale qu'est le jeu avec notre psychopathologie. Dans le domaine de la poésie et de la fiction, nous pouvons explorer les domaines qui, en tant que citoyens, nous restent interdits

CRASH - DAVIC CRONENBERG - SEXE DANS LA VOITURE - LAVAGE AUTOMATIQUE
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