Johnny Hallyday, acteur :

"Moi j'ai un exemple, quelqu'un que j'adore. En général, il ne parle pas beaucoup. Tout est dans son visage, sa façon de bouger. ça lui suffit pour exprimer ce qu'il a dedans. Aujourd'hui, l'acteur que je préfère, c'est Clint Eastwood. D'abord, c'est un grand metteur en scène. Ensuite, c'est un acteur qui n'en fait pas et pourtant, tout passe. Il n'y a pas besoin de faire des milliards de gestes pour exprimer ce qu'on a à faire, il suffit d'avoir ce qu'il faut dans le visage pour tout comprendre. Ou dans la main, à un certain moment. Inutile d'en faire trop."

"En voyant L'homme du train, j'ai oublié que c'était moi qui jouais et je suis rentré dans l'histoire de ces deux personnages. J'ai pu regarder Johnny Hallyday. J'avais oublié que c'était moi d'ailleurs. J'ai regardé un film avec une histoire, avec un Milan (Johnny Hallyday) et un Manesquier (Jean Rochefort). Dans le film, il n'y a aucune allusion, dans l'histoire, à la musique. Le type que je joue, on ne sait même pas s'il a écouté de la musique." 

"Je ne m'habillerais pas dans la vie comme je m'habille dans certains films."

 "Il n'y a pas longtemps, je revoyais le film merveilleux de Claude Sautet avec Yves Montand et Romy Schneider, César et Rosalie. J'adore la scène de la plage quand Montand vient alors qu'elle est avec Samy Frey, qu'il s'impose en disant "je passais par là" - comme si on passait par là en Bretagne ! -, qu'il s'assoit sur le sable pour manger... c'est extraordinaire. J'ai beaucoup d'admiration pour Yves Montand, c'est un de mes acteurs préférés. (...) Quand on me dit toujours que c'est difficile pour un chanteur d'être acteur, il ne faut tout de même pas oublier que la plupart des acteurs, des grands, sont venus du music-hall. Il y a Gabin, Bourvil, Fernandel, Serge Reggiani... (...) Je voulais être plutôt acteur que chanteur, au début. Et puis la vie a fait que j'ai commencé par la chanson. (...) (Le) cinéma, c'est une des rares choses qui me fait rêver. Dès que le film démarre, on se met dans le film, on s'évade dans l'histoire, dans les personnages ou dans son ambiance. Il n'y a rien de mieux." 

(Johnny Hallyday, Mon premier vrai rôle, entretien avec Charles Tesson, Cahiers du Cinéma n°572, octobre 2002, extraits)

CLINT EASTWOOD - JOHNNY HALLYDAY

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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