Jean-Claude Brisseau : "Je suis hostile à un nouveau style de découpage où la caméra se déplace sans arrêt. Les films de télévision, par exemple, se sont tous alignés au découpage d'une série américaine, NYPD Blues je crois, où tous les cadres sont mobiles. Quand le mouvement devient systématique, j'ai l'impression qu'on ne voit plus rien. On ne sait plus qui parle et comment réagit celui qui écoute. Cela peut être intéressant si on veut travailler sur un sentiment de confusion. Mais, souvent, on n'utilise cette figure que pour donner artificiellement du rythme, pour faire moderne ou virtuose. C'est de la fausse virtuosité et ça contrarie les mouvements d'identification. 
De façon générale, je ne souhaite pas que les mouvements de caméra se voient, ou alors uniquement pour qu'ils prennent un sens particulier. Un mouvement de caméra doit être au service d'un propos profond dans la mise en scène. Ce qui n'empêche pas Choses secrètes d'être très découpé. Le film comporte près de 1200 plans, ce qui est beaucoup pour un film français. Mais je m'efforce de ne montrer que ce qui est nécessaire. Pas le reste. Je travaille souvent sur des émotions délicates complexes, proches du comique, du mélange des genres. Mon cinéma travaille souvent sur des points limites. Alors j'ai besoin que le découpage soit clair, très maîtrisé. Il est nécessaire qu'on voit vraiment ce qui se passe et je dois contrôler totalement le regard du spectateur. Sur cette question de la direction du spectateur par des emboîtements de regard, Hitchcock reste pour moi un modèle." 

(Jean-Claude Brisseau, Le spectacle du mal, entretien recueilli par Hélène Frappat, Jean-Marc Lalanne et Charles Tesson,
Cahiers du Cinéma n°572, octobre 2002, extrait des pages 57-59)

- Pour la sortie de "Choses secrètes", avec Sabrina Seyvecou (Sandrine), Roger Miremont (Delacroix).

-> Autres extraits de cet entretien : 

Jean-Claude Brisseau : Sabrina Seyvecou, très bonne comédienne, a réussi à faire de son personnage quelque chose d'important, il s'est développé | Choses Secrètes

Jean-Claude Brisseau, Le spectacle du mal : On fait un film pour comprendre pourquoi quelqu'un peut tuer quelqu'un d'autre, sinon, ce n'est pas la peine

JEAN-CLAUDE BRISSEAU Choses secrètes - Roger Miremont (Delacroix)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU Choses secrètes - Sabrina Seyvecou (Sandrine)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU Choses secrètes - Sabrina Seyvecou (Sandrine)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU Choses secrètes - Sabrina Seyvecou (Sandrine)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU Choses secrètes - Roger Miremont (Delacroix)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU Choses secrètes - Sabrina Seyvecou (Sandrine)