Alain Bergala, Vérités et Mensonges - Le vrai, le faux, le factice (1983) : "(...) Elle est peut-être là, la différence : entre ceux qui aiment le faux pour le faux, et qui en viennent souvent très vite à aimer le toc et le factice, et ceux qui ont choisi d'entrer dans la spirale du faux comme leur façon à eux, vertigineuse, de tourner avec leur cinéma autour de la question de la vérité. Quand Welles, qui est sans doute le cinéaste vivant qui a joué le plus magistralement avec les puissances du faux au cinéma, ne cesse de répéter, de film en film et de déclaration en déclaration, qu'il ne saurait y avoir de dernier mot de la vérité, c'est pour dire du même coup que cette question de la vérité, autour de laquelle il tourne maintenant depuis plus de quarante ans, est sans doute la seule question qui l'ait véritablement hanté dans tous ses films (...). Les grands cinéastes du faux, ceux pour qui le travail de l'illusion est une nécessité esthétique et non une simple stratégie de séduction, sont sans doute ceux qui ont éprouvé le besoin impérieux de mettre en oeuvre les puissances du faux que leur apportait le cinéma pour tourner autour de la question de la vérité, de décor en décor, de masque en masque, sans espoir de jamais la toucher, mais fascinés et exaltés par sa trop vive lumière, bien loin du cynisme triste des manipulateurs d'illusions désabusés. (...)"

(Extrait de la page 8, Cahiers du Cinéma n°351, septembre 1983)

ROSEBUD - CITIZEN KANE - ORSON WELLES

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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