Gilles Deleuze : Les gens qui disent "il n'y a plus d'auteurs aujourd'hui" supposent qu'ils auraient été capables de reconnaître ceux d'hier, au moment où ils n'étaient pas encore connus. C'est très vaniteux

Gilles Deleuze : "Les gens qui disent "il n'y a plus d'auteurs aujourd'hui" supposent qu'ils auraient été capables de reconnaître ceux d'hier, au moment où ils n'étaient pas encore connus. C'est très vaniteux. (...)

Un art produit nécessairement de l'inattendu, du non-reconnu, du non-reconnaissable." (...)

"Quand on dit que le cinéma est mort, c'est particulièrement stupide, parce que le cinéma en est au tout début d'une exploration des rapports son-visuel, qui sont des rapports de temps (...)"

(Le cerveau,  c'est l'écran, entretien avec Gilles Deleuze, Cahiers du cinéma n°380, février 1986, extraits des pages 31, 29, 32)

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Marcel Proust : "Ce temps du reste qu'il faut à un individu – comme il me le fallut à moi à l'égard de cette Sonate – pour pénétrer une oeuvre un peu profonde, n'est que le raccourci et comme le symbole des années, des siècles parfois, qui s'écoulent avant que le public puisse aimer un chef-d'oeuvre vraiment nouveau. Aussi l'homme de génie pour s'épargner les méconnaissances de la foule se dit peut-être que les contemporains manquant du recul nécessaire, les oeuvres écrites pour la postérité ne devraient être lues que par elle, comme certaines peintures qu'on juge mal de trop près. Mais en réalité toute lâche précaution pour éviter les faux arguments est inutile, ils ne sont pas évitables. Ce qui est cause qu'une oeuvre de génie est difficilement admirée tout de suite, c'est que celui qui l'a écrite est extraordinaire, que peu de gens lui ressemblent. C'est son oeuvre elle-même qui, en fécondant les rares esprits capables de la comprendre, les fera croître et multiplier. Ce sont les quatuors de Beethoven (les quatuors XII, XIII, XIV et XV) qui ont mis cinquante ans à faire naître, à grossir le public des quatuors de Beethoven, réalisant ainsi comme tous les chefs-d'oeuvre un progrès sinon dans la valeur des artistes, du moins dans la société des esprits, largement composée aujourd'hui de ce qui était introuvable quand le chef-d'oeuvre parut, c'est-à-dire d'êtres capables de l'aimer."

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Nietzsche, septembre 1888  : "Qu'est-ce que cela me fait, si les Allemands ne me lisent pas ? (...) - Et, qui sait ? peut-être me liront-ils après demain"
("Was macht es mir, wenn die Deutschen mich nicht lesen? (...) — Und, wer weiß? vielleicht lesen sie mich übermorgen").

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Photo : Les films les plus sous-estimés de 2016 : Knight of Cups, Terrence Malick - Avec Natalie Portman et Christian Bale

THE MOST UNDERRATED FILMS : KNIGHT OF CUPS - TERRENCE MALICK
Nietzsche, septembre 1888  : Qu'est-ce que cela me fait, si les Allemands ne me lisent pas ? (...) - Et, qui sait ? peut-être me liront-ils après demain (Was macht es mir, wenn die Deutschen mich nicht lesen? (...) — Und, wer weiß? vielleicht lesen sie mich übermorgen)
Gilles Deleuze : Les gens qui disent - il n'y a plus d'auteurs aujourd'hui - supposent qu'ils auraient été capables de reconnaître ceux d'hier, au moment où ils n'étaient pas encore connus. C'est très vaniteux

 

ARIANE LABED

ARIANE LABED

"Je crois que le cinéma peut tout se permettre, il peut tout inventer, et c'est des gens qui le savent (ceux avec qui j'aime travailler), et qui s'en servent, et qui créent des nouvelles formes. Moi c'est la raison pour laquelle je fais du cinéma. C'est un des arts les plus jeunes qui soit, et qui peut intégrer toutes les formes d'expression, il me semble... Après on se limite à se dire que c'est juste là pour refléter une réalité, moi je pense que ça peut être beaucoup plus que ça, le cinéma... ça peut offrir un milliard de langages et un milliard de formes possibles, il n'y a absolument rien d'inscrit. Je pense qu'on peut tout se permettre et qu'on peut tout chercher. Et moi, en tant qu'actrice, j'ai ce passé-là de danseuse, et c'est quelque chose que j'aimerais pouvoir aussi vivre et traverser à travers le cinéma... (...) J'aimerais bien garder une logique de danseur plutôt que d'acteur, dans mon travail d'actrice... parce que je ne travaille pas de façon psychologique, mais je fais tout passer en priorité par le corps." (Ariane Labed, de la danse au cinéma, extraits d'un entretien vidéo avec Ludovic Denizot, octobre 2015, UniversCine.com)