Michelangelo Antonioni :

"Ce travail c’est la chose la plus importante de ma vie. Il est superflu de me demander ce qu’il me donne. Il me donne tout. Il me donne la possibilité de m’exprimer, de communiquer avec les autres. Etant donné le mal que j’ai à parler, j’aurais la sensation de ne pas exister, sans le cinéma.

Les autres choses que j’aurais pu faire sont, dans l’ordre, l’architecture et la peinture.

Tout gosse, je ne dessinais pas de petites marionnettes, comme le faisaient la plupart des enfants de mon âge : je dessinais des portails, des chapiteaux, des plans de bâtiments absurdes, je construisais des quartiers de ville en carton et les peignais de couleurs violentes.

Ma mère devait penser que j’étais un enfant curieux ou déficient.

J’ai toujours aimé les couleurs. Les rares fois où il m’arrive de rêver, c’est en couleur. Ce qui me frappe d’abord dans un visage, ce sont les couleurs. Je ne dis pas cela pour me singulariser : c’est simplement une caractéristique comme une autre. Je suis naturellement très impatient de faire un film en couleur."

Entretien de Michelangelo Antonioni avec André S. Labarthe,
CAHIERS DU CINEMA n°112, octobre 1960 (Extrait)

Photo :

Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni

Monica Vitti : Giuliana

Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni  Monica Vitti : Giuliana
Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni  Monica Vitti : Giuliana