JEAN-LUC GODARD à MICHELANGELO ANTONIONI, à propos du Désert rouge :

— Les dialogues sont plus simples, plus fonctionnels que ceux de vos films précédents ; est-ce que leur rôle traditionnel de "commentaire" n’est pas pris par la couleur?

MICHELANGELO ANTONIONI à JEAN-LUC GODARD :

— Oui, je crois que c’est vrai. Disons qu’ils sont ici réduits au minimum indispensable, et que, dans ce sens, ils sont liés à la couleur. Par exemple, je n’aurais jamais fait la scène dans la baraque où l’on parle des drogues, des excitants, sans employer le rouge. Je ne l’aurais pas faite en noir et blanc. Le rouge met le spectateur dans un état d’esprit qui lui permet d’accepter ces dialogues. (...)
Vous savez qu’il existe une psycho-physiologie de la couleur; des études, des expériences ont été faites à ce sujet. On a peint l’intérieur de l’usine que l’on voit dans le film en rouge ; quinze jours plus tard, les ouvriers se battaient entre eux. On l’a repeint en vert pâle, et tout le monde a vécu en paix.

Cahiers du cinéma n°160, novembre 1964

Photo :

Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni

Monica Vitti : Giuliana

Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni  Monica Vitti : Giuliana
Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni  Monica Vitti : Giuliana
Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni  Monica Vitti : Giuliana
Le Désert rouge (Il deserto rosso), 1964, premier film en couleur de Michelangelo Antonioni  Monica Vitti : Giuliana