Martin Scorsese : "Je n'ai jamais rencontré Ida Lupino, mais j'en ai toujours rêvé. De l'extérieur, elle était dure, fermée, belle avec des allures de garçon, mais ses yeux sombres étaient des fenêtres ouvertes sur une passion brûlante.

Ida Lupino s'efforça de remettre en question l'image passive, souvent décorative de la femme dans les productions hollywoodiennes. Elle était très en avance sur le mouvement féministe.

Star, Ida Lupino méprisait les paillettes ; on peut en dire autant de son travail de metteur en scène. Elle racontait des histoires intimes, toujours situées dans un milieu social bien défini : elle voulait "faire des films sur de pauvres gens complètement perdus, car c'est ce que nous sommes tous".

Ses héroïnes étaient de jeunes femmes dont la vie douillette et bourgeoise avait été détruite par un traumatisme : grossesse non désirée, poliomélite, viol, bigamie, abus sexuels des parents.

L'absolue clarté avec laquelle elle attaquait ces sujets était sans précédent dans le cinéma américain de cette époque. Il y a un sentiment de douleur, de panique et de cruauté qui colore chaque plan de ces films, mais on y trouve aussi la même mesure de précision et de profonde compassion dont elle fit preuve en tant qu'actrice.

Dans Outrage, elle montrait un viol, le pire cauchemar que puisse vivre une femme, non pas de façon mélodramatique mais dans le contexte d'une froide étude comportementale qui parvenait à saisir la banalité du mal dans un milieu provincial.

Ce qui est invariablement en cause dans l'oeuvre d'Ida Lupino, c'est la fragilité du psychisme de la victime. Ses films étudiaient les âmes blessées d'une façon très méticuleuse, et décrivaient le lent et douloureux processus par lequel les femmes tentent de se battre avec leur désespoir, pour redonner un sens à leur vie.

C'est une oeuvre marquée par l'esprit de résistance, avec un sens extraordinaire de l'empathie pour les êtres fragiles ou les coeurs brisés."

(Cahiers du cinéma n°500, numéro spécial dirigé par Martin Scorsese, mars 1996, extraits)

IDA LUPINO - Artists and Models | Martin Scorsese : Ida Lupino s'efforça de remettre en question l'image passive, décorative de la femme dans les productions hollywoodiennes

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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