Martin Scorsese. Film, rêve et réalité :

"Le véritable défi qui se posait à moi en faisant ce film, c'était de partir de la réalité banale, de ce qui semble normal, et, en tournant autour, de mélanger les choses, de les rendre confuses : sans qu'on s'en rende compte, des choses tout à fait irrationnelles se produisent, tout à fait semblables au rêve, mais avec toutes les apparences de la réalité. C'était là l'idée : transporter les gens au-delà du réel, dans une situation proche du rêve, et le faire d'une manière tout à fait réaliste. Car on aurait pu le traiter autrement, donner une autre dimension aux personnages, les rendre plus fous et pousser l'exagération, mais nous sommes restés un ton en-dessous, pour tout rendre vraisemblable. Chacune des scènes de ce film, chaque réplique est plausible : cela aurait pu arriver. Mais tout n'aurait pas pu arriver ensemble, comme dans le film. Le seul moyen de faire cela, c'est d'utiliser Paul comme guide, les choses lui arrivent une par une, et il admet à chaque fois leur réalité. Quand il dit : "Mon Dieu, le barman a la même petite amie..." Allons donc ! Quand j'ai lu cela dans le scénario, je me suis dit : "Ou bien c'est la meilleure chose que j'ai lue depuis des années, ou bien c'est la plus mauvaise". Et cela continuait ainsi, tout était admis comme faisant partie de la réalité. Et en fait, c'est comme un rêve." 

(Martin Scorsese, A propos d'After Hours,
- Into the Night, entretien avec Martin Scorsese, par Bill Krohn, Cahiers du Cinéma n°383/384, mai 1986, page 92)

AFTER HOURS - MARTIN SCORSESE : Film, rêve et réalité. Partir de la réalité banale, et mélanger les choses, les rendre confuses