Robert Bresson à Jean-Luc Godard :

"Quand je pense qu’on me dit parfois que dans mes films on parle faux ! Moi, je ferais parler faux ! Mais qu'est-ce qui leur fait croire qu'ils parlent juste, eux ?"

"Je dis moi, au contraire, que la mécanique est la seule chose, comme au piano. ... C’est en jouant de la façon la plus régulière et la plus mécanique qu’on attrape l’émotion. Ce n’est pas en cherchant à plaquer une émotion, comme font les virtuoses. Voilà : les acteurs sont des virtuoses. Qui, au lieu de vous donner la chose exacte, pour que vous la ressentiez, vous plaquent leur émotion dessus pour vous dire : voilà comment il faut que vous ressentiez la chose."

"Les êtres que je prends dans mes films (...) n’ont pas joué une seconde. Pour rien au monde ils ne seraient acteurs, pour la bonne raison qu'ils n'ont jamais été acteurs. Je ne leur demande pas d'éprouver tel sentiment qu'ils n’ont pas. Je leur explique simplement la mécanique. Et cela m'amuse de la leur expliquer. Ainsi je leur dis, par exemple, pourquoi je fais un plan rapproché plutôt qu'un autre, et comment.
Mais quant à les faire jouer, ça, je ne le leur demande pas une seconde. Vous voyez la différence ?"

(Entretien Jean-Luc Godard - Robert Bresson,
CAHIERS DU CINEMA N°178, mai 1966,
extraits)

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Photo :

"Il y a en vous quelque chose de ridicule qui vous donne l'air comique. Je me marrerai de vous toute ma vie. Je m'en vais."

(Laetitia Carcano : Edwige,
Le Diable probablement,
un film de Robert Bresson, 1977)

Photo : Laetitia Carcano : Edwige  Le Diable probablement, un film de Robert Bresson (1977)

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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