- Jeanne Moreau, c'est un peu anti-Actors Studio ce que vous dites.

- Jeanne Moreau : "Je n'en ai rien à foutre de leur truc, je ne sais pas ce que c'est. Je crois que chacun va chercher son miel où il peut. Moi, je n'ai pas de méthode, je vis. Si quelqu'un a besoin d'une méthode... mais, au bout d'un moment, la méthode, ça n'a plus de sens. (...) 
Ce n'est pas parce qu'on fréquente des gens qu'on les connait. Qu'est-ce que ça veut dire ? Regardez les mères des criminels : "C'est un enfant adorable", ben oui, c'est un enfant adorable, n'empêche que c'est un serial killer. (...) On croit savoir. Je suis tombée sur une phrase qui est terrifiante, mais qui me plaît : plus on dit des choses sur soi, justes, vraies, plus le mystère s'épaissit. (...) Le privilège de l'âge et de cette spécialisation qui est la mienne, c'est d'aller à la découverte. (...) Cette recherche dans les abysses. Face à certaines personnes, ce n'est pas que je devine, mais je vois tout de suite le masque, (...) ce qu'il y a derrière le masque. (...) S'intéresser aux lapsus, ainsi qu'aux lapsus gestuels, aux actes manqués, c'est ça, pour moi, être actrice."

- Selon vous, pour une comédienne, le plus important est-il de savoir dire non ? 

- "ça dépend des moments. Parfois, de jeunes comédiennes disent : "Non, je ne peux pas faire ça." Mais il y a des périodes où il faut dire oui à tout, il faut découvrir, il faut aller à l'aventure, il faut voir, savoir, se mettre à l'épreuve. Puis arrive un moment où l'on a une intuition très profonde - mais il faut être arrivé à un point où l'on peut vivre avec soi-même sans avoir ce besoin éperdu d'être entourée, de savoir qu'on vous filme, qu'on joue. On ne perd jamais son temps, qu'on soit sous le regard des autres ou qu'on ne le soit pas : à partir du moment où on le sait, on ne dit pas oui à tout. (...) 
On ne sait pas très bien qui on est, il faut attendre un sacré bout de temps. C'est un savoir indéfinissable. Ce ne sont pas deux vies parallèles ou séparées, c'est un tout, c'est une continuité."

(Jeanne Moreau, quelques extraits d'un long entretien avec Charles Tesson, réalisé en trois fois, les 6 et 13 décembre 2001, et le 13 juin 2002, entretien intégral dans les Cahiers du cinéma n°570, juillet/août 2002, pages 49-61)

Jeanne Moreau : Cette recherche dans les abysses. Plus on dit des choses sur soi, justes, vraies, plus le mystère s'épaissit

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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