Pierre Boulez : "Je pense la musique au moins autant dans son ensemble que dans ses détails. Autant quand je la fais, d'ailleurs, que quand je la dirige. A mon avis, la seule façon de conduire est de conduire avec une intention. S'il y a des moments remarquables mais qu'il n'y a pas d'intention générale, ça me laisse sur ma faim. C'est-à-dire que j'entends des moments et je les apprécie, mais si je ne peux pas les relier vraiment à quelque chose qui se continue, ou qui se rapporte d'un moment à l'autre, (...) je cherche toujours à avoir une certaine continuité à travers la discontinuité, c'est-à-dire que quelque chose s'interrompt, oui mais c'est simplement souterrain ce qu'on n'entend pas et ça rejoint quelque chose qu'on entend de nouveau. 
Et pour tout ça, oui, je suis extrêmement sensible à la construction de la musique. Je considère ça comme une architecture et il est vrai que c'est de l'architecture en mouvement, l'architecture étant une musique pétrifiée, mais il faut que dans votre mémoire, ou dans votre esprit, soit présent toujours l'ensemble des moments dont vous privilégiez un, à un certain moment donné, sans oublier les autres. Il faut avoir le sens de la perspective."

(Conversations de Pierre Boulez sur la direction d'orchestre, avec Pierre Vermeil, Calmann Levy, extrait des pages 104-105)

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-> Furio Scarpelli : "Depuis ces quelques années où j'enseigne, je n'ai jamais rien vu sortir de la cervelle de ceux qui voulaient faire de la réalisation s'ils n'étaient pas totalement imprégnés d'une intention".

Pierre Boulez : la seule façon de conduire est de conduire avec une intention