Pierre Boulez : ce qui m'intéresse, c'est de revenir sur les choses : quand elles sont à un degré de profondeur tel qu'on peut revenir dessus et s'enrichir chaque fois

Pierre Boulez : "C'est le manque de profondeur (qui me gêne). Je ne peux pas m'attacher beaucoup à Puccini, parce qu'on a tout de suite compris, ce qui n'a pas grand intérêt, enfin pour moi. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de revenir sur les choses. Non qu'on ne les ait pas comprises. Je veux dire : quand elles sont à un degré de profondeur tel qu'on peut revenir dessus et s'enrichir chaque fois... C'est la différence entre Wagner et tout le reste du XIXe siècle, au théâtre, j'entends." 

(Conversations de Pierre Boulez sur la direction d'orchestre, avec Pierre Vermeil, Calmann Levy, extrait de la page 55)

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Paul Valéry : "Les amateurs exclusifs de nouveau ne songent pas à la qualité de pouvoir être répétée, réentendue, repensée, revue - à la valeur Re - des oeuvres. 
C'est ce en quoi une oeuvre devient fonctionnelle - devient forme - une fois qu'elle a franchi le seuil des étonnements bruts. 
Conserver la merveille dans l'accoutumance. Ceci est une valeur rare dans les oeuvres. Une femme dont la possession répétée accroît le désir de l'amant est une valeur infinie."

(1929 - Cahiers Art et Esthétique, Pléiade II, 954)

Paul Valéry :"(Les grands artistes) ne s'étudiaient point à se faire remarquer, mais à se faire longuement regarder, - ce qui est fort différent.
Etonner dure peu ; choquer n'est pas un but à longue portée. Mais se faire redemander par la mémoire, instituer un grand désir d'être revu, c'est là viser, non l'instant de l'homme qui passe, mais la profondeur même de son être. Une oeuvre qui rappelle les gens à elle est plus puissante que l'autre qui n'a fait que les provoquer. Ceci est vrai en tout : quant à moi, je classe les livres selon le besoin de les relire qu'ils m'ont plus ou moins inspiré."

(Pièces sur l'art, Pléiade Oeuvres II, 1349)

Pierre Boulez : ce qui m'intéresse, c'est de revenir sur les choses : quand elles sont à un degré de profondeur tel qu'on peut revenir dessus et s'enrichir chaque fois

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL