Pierre Boulez : "Je crois que ces gens qui entendent ne connaissent pas les partitions. Ils connaissent d'autres enregistrements. Ils ne reviennent pas vraiment au texte. Qu'est-ce que signifie un texte, et qu'est-ce qu'il signifie pour nous ? Ce sont les deux choses que je me demande - pas systématiquement sous cette forme-là, je ne me dis pas à chaque fois que je prends une partition : que signifie-t-elle pour moi ? - mais je la fais signifier pour moi. Je me méfie toujours des jugements qui ne sont pas basés sur cet approfondissement du texte. Ce sont des jugements qui sont basés uniquement sur des souvenirs et sur des cartes postales je dirais. ça ne m'intéresse absolument pas, mais ça ne m'intéresse absolument pas, parce que justement, il n'y a rien..."

(Conversations de Pierre Boulez sur la direction d'orchestre, avec Pierre Vermeil, Calmann Levy, extraits des pages 109-110)

Pierre Boulez : "Le marché induit le conservatisme, oui... Mais, vous savez, si vous avez une forte personnalité, c'est vous qui changerez le marché, ce n'est pas le marché qui vous changera."

(Conversations de Pierre Boulez sur la direction d'orchestre, avec Pierre Vermeil, Calmann Levy, extrait de la page 164)

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Cf Stéphane Braunschweig (actuellement directeur du Théâtre national de l’Odéon, s'exprimant ici en 1996) :

"Un bon acteur pour moi, c'est celui qui me fait entendre un texte comme je ne l'ai jamais entendu. Il faut y mettre beaucoup de soi, parce qu'on l'entendra toujours comme on l'a déjà entendu si on ne s'y engage pas. Pour l'entendre de manière nouvelle ou différente, il faut être vraiment engagé, y mettre de soi. Au fond, c'est quand de l'autobiographique de l'acteur rencontre de l'autobiographique de l'auteur, ce qui veut dire que tout se transforme en intelligence sensible."

Entretien avec Stéphane Braunschweig, 27 décembre 1996,
in Sophie Proust, La Direction d'acteurs dans la mise en scène théâtrale contemporaine,
Les voies de l'acteur, L'Entretemps éditions, extrait de la page 465

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