Jean-Pierre Beauviala :

"En vérité le contrôle tout à fait immédiat ne sert pas à grand chose, si ce n'est pour quelques metteurs en scène d'intérieur aux jambes lourdes. Mais en revanche, pouvoir contrôler en fin de journée ce qui doit être éventuellement recommencé le lendemain est rassurant pour le réalisateur loin de ses bases. (...) 

sur un tournage, parler ensuite, le soir venu, après l’évé­nement en regardant les bandes vidéo enregistrées, c'est bien ; mais faire intervenir en permanence le miroir de la vidéo, en fait c'est illusoire, parce que ça coupe justement la transe de création. Et à la rigueur, à trop se regarder tout de suite, sans laisser le temps distancier faits et gestes, on corrige, on rogne, on ramollit l'expression, jusqu'à se mettre à mentir." 

(Entretien avec Jean-Pierre Beauviala, 2,
- Les machines du cinéma : La sortie des usines Aäton -
propos recueillis par Alain Bergala, Jean-Jacques Henry, Serge Toubiana et Suzanne Rosenberg,
Cahiers du cinéma n°286, mars 1978, page13)

Jean-Pierre Beauviala : à trop se regarder tout de suite, sans laisser le temps distancier faits et gestes, on corrige, on rogne, on ramollit l'expression, jusqu'à se mettre à mentir