Philippe Grandrieux : Explorer l’âme humaine à travers des personnages complexes c’est quelque chose qui me guide dans mon cinéma et que je retrouve dans la littérature, en particulier chez Dostoïevski ou Proust

 

MALGRE LA NUIT

Ariane Labed dans MALGRE LA NUIT - En salles le 6 juillet 2016

"Ariane vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle" - Philippe Grandrieux

Malgré la nuit - Réalisation : Philippe Grandrieux - Scénario original : Philippe Grandrieux, Bertrand Schefer, Rebecca Zlotowski et John-Henry Butterworth

SYNOPSIS 

On entre dans le film comme dans un rêve. Paris. Lenz cherche Madeleine disparue mystérieusement. Il rencontre Hélène une jeune femme envoûtée par sa pulsion autodestructrice. Un amour fou naît entre eux. Louis et Léna dévorés par leur jalousie amèneront Lenz à suivre malgré lui Hélène dans le monde souterrain d’un sombre réseau d’exploitation sexuel. Fut-il perdu, d’emblée perdu, l’amour est ce qui nous sauve. 

Qui est exactement Hélène le personnage que joue Ariane Labed ?

PHILIPPE GRANDRIEUX : Le rôle d’Hélène est celui d’une femme qui décide de sa vie. Elle n’est pas masochiste au sens disons « clinique » du terme, elle cherche quelque chose qui lui serait dévoilé par la souffrance, comme un moment d’excès qui ouvre une autre porte en soi. Et d’ailleurs cette souffrance ne lui est pas nécessaire pour vivre pleinement cette histoire d’amour avec Lenz. C’est une histoire qui surgit comme pour la détourner du chemin tragique qu’elle s’apprête à parcourir de son propre fait. On comprend au cours du film qu’elle a pu aimer Paul son mari et bien sûr leur enfant qu’elle a perdu tout petit, un chagrin dont elle ne se remet pas et qui la conduit sans doute vers cette expérience qui lui sera fatale et dont elle a, étrangement, décidé. Explorer l’âme humaine à travers des personnages complexes c’est quelque chose qui me guide dans mon cinéma et que je retrouve dans la littérature, en particulier chez Dostoïevski ou Proust.

Qu’est-ce qui vous guide de manière générale vers le choix d’un comédien ?

PHILIPPE GRANDRIEUXJe ne crois pas à l’idée qu’un acteur joue quelque chose. Cette idée de se mettre dans la peau du personnage me paraît ridicule. C’est ce qu’il est que je filme, ce qu’il est vraiment, profondément. Et plus j’ai accès à sa présence, à sa vérité, plus le « personnage » est là, actif, puissant. C’est ce que j’attends des acteurs avec qui je travaille, qu’ils me laissent filmer ce qu’ils sont, leur vérité humaine en quelque sorte. Alors à ce moment-là j’accède au film par eux, à travers eux. C’est un paradoxe, on pourrait croire que la fiction demande l’artifice, c’est l’inverse, la fiction demande le réel, la présence face à la caméra. C’est la puissance et la beauté du cinéma. Au cinéma la seule vérité c’est ce qui se passe au moment où on tourne, ce qui se passe avant et après c’est la petite histoire.

Ariane Labed aurait-elle pu jouer le rôle que joue Roxane et inversement ?

PHILIPPE GRANDRIEUX : Ce sont des comédiennes puissantes alors oui. Mais pour moi Ariane devait être Hélène et Roxane devait être Léna.

(...) Ariane je l’ai choisie pour sa capacité à ne pas se détourner de ce qu’elle avait à affronter. La peur d’avoir à jouer certaines scènes ne l’a pas affaiblie, au contraire cette peur lui a donné l’accès à ce qu’est Hélène, à sa fragilité et à sa force. Le rôle d’Hélène est celui d’une femme qui décide de sa vie sans concessions, Ariane a cette énergie, cette vitalité. Par ailleurs elle vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle, on pourrait dire que cela passe par ce que demande, d’une certaine manière, la performance. Les danseurs ont un courage et un engagement impressionnant. Je le sais pour avoir travaillé récemment avec quelques uns d’entre eux et Ariane en possède toutes les qualités.

ENTRETIEN AVEC PHILIPPE GRANDRIEUX / 15 MARS 2016 (Extraits)

Philippe Grandrieux : Explorer l’âme humaine à travers des personnages complexes c’est quelque chose qui me guide dans mon cinéma et que je retrouve dans la littérature, en particulier chez Dostoïevski ou Proust
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED vient de la danse, elle n’a pas besoin de la psychologie du personnage pour avancer, tout doit être traversé par son corps, ça passe par la fatigue réelle - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED - Philippe Grandrieux
MALGRE LA NUIT - Ariane LABED - Philippe Grandrieux

 

 

 

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