Federico Fellini :

"Je crois que pour un artiste ou un créateur, une conscience excessive du processus de réalisation de ses oeuvres n'est pas bénéfique. Une connaissance excessive du processus me semble néfaste, être un obstacle, et elle risque d'interrompre cette énergie fondamentale, vitale et indispensable qu'on appelle la spontanéité. La spontanéité, le secret de la vie. 

Le seul critère esthétique valable selon moi pour juger une oeuvre d'art n'est pas tellement de dire si c'est beau ou laid, suivant certains paramètres ou canons des différentes esthétiques établies au fil des siècles, en fonction des points de vue et des différentes cultures, mais de savoir si elle est vitale. Il me semble que c'est la définition qui me correspond le mieux et qui me permet d'entrer en contact avec l'expression artistique d'un artiste, d'un créateur, quel qu'il soit..." 

Roberto Benigni :

"Freud explique tout, et Fellini n'aimait pas ceux qui se contentent d'expliquer. "C'est comme ci, ou comme ça..." Il aimait beaucoup Jung car il était tel un fermier, un paysan, un magicien. C'était quelqu'un qui vous emmenait... Jung vous prend par la main, jusqu'au bord de l'abîme, du cauchemar, de l'inconnu et dit : "Regarde"."

(Extrait de Fellini, Je suis un grand menteur, Damian Pettigrew, Arte)

Cf Paul Valéry, note de 1900, la spontanéité : "Il est clair que l'augmentation, l'approfondissement d'une pensée au delà d'un certain point s'oppose à la vie. Si on soustrait à celle-ci son imprévu elle gauchit. Transformer tout en problème ou en loi, c'est vouloir s'opposer à certains effets qui nécessitent surprise, capture, apparition, spontanéité. Certaines choses ont besoin du silence de la pensée - Comme la pensée a besoin du silence de certaines choses -" (Paul Valéry, 1900, Cahiers Affectivité, Pléiade II p. 337)

Et Michel Audiard : "Si je réfléchis trop, je n'ai plus envie de faire le film". ("Je résous les problèmes en commençant à écrire. Mon seul dopping, c'est la page blanche. Parfois je commence sur n'importe quoi : "Bonjour, comment ça va ? Va te faire foutre". Je sais que ça va se décanter, il ne faut pas se demander comment démarrer, il faut le faire. Même mal : aucune importance puisque vous mettrez tout ça à la corbeille. Mais vous avez démarré votre scène, les gens ont parlé, ils vivent. Et sur cette feuille, il y a peut-être deux phrases de bonnes, que vous garderez. Si je réfléchis trop, je n'ai plus envie de faire le film." - Le cinéma des scénaristes, L'Ecole de la malice, entretien avec Michel Audiard, Cahiers du cinéma 371/372, Cinéma français, l'enjeu scénario, mai 1985, page 57)

Fellini, Je suis un grand menteur, Damian Pettigrew

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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