"Antonioni resta peintre toute sa vie, de plus en plus fasciné par les horizons, la substance inanimée des frontières, l'au-delà des nuages.

Ce qui le passionna de prime abord fut le rapport que les hommes entretiennent avec les lieux, leurs nids, leurs maisons. Le rapport entre l'intimité et le cosmos.

« Les maisons ne m'intéressaient pas seulement de l'extérieur, dit-il en architecte, mais aussi de l'intérieur. Souvent, je grimpais jusqu'à une fenêtre pour voir qui et quoi il y avait dedans. »

Privilégiant « les images et les sentiments » (...) il est captivé par ce que l'on appellera le « néoréalisme intérieur » : « Regarder en l'homme quels sentiments, quelles pensées le font agir, dans son chemin vers le bonheur ou la mort. »

Antonioni filme l'actrice Lucia Bose en femme fatale accumulant les parures voluptueuses. Chronique d'un amour (1950) peut apparaître comme une histoire d'adultère au sein de la haute bourgeoisie milanaise. C'est pourtant bien autre chose que filme le cinéaste : l'âme des personnages dans le décor qu'ils arpentent. Ce faux thriller cherche à identifier une femme par l'impalpable, le flou de son quotidien, l'excès de ses toilettes. Et déplace le politique dans l'espace privé."

(Jean-Luc Douin : Michelangelo Antonioni
Le Monde, article paru dans l'édition du 02 août 2007
- Extraits -)

Photos : Chronique d'un amour, 1950, avec Lucia Bosè

Lucia Bosé | Chronique d'un amour | ANTONIONI 1950
Lucia Bosé | Chronique d'un amour | ANTONIONI 1950

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

nouveautés ~ art de l'acteur ~ cinéastes ~ art du théâtre ~ meilleurs films ~ top 100

Antonioni Bergman Bresson Cronenberg Fellini Godard Hitchcock Jouvet Labed Lynch Malick Mnouchkine Portman Rohmer Sautet Scorsese Truffaut Vitez Welles

masters of cinema | films actors directors

a-z videos / new videos / facebook

 

films7 | films actors directors