Emir Kusturica

"Ce que je sais du montage, je l'ai appris chez Fellini. Quand j'étudiais le cinéma à Prague, je regardais ses films et je voyais comment il utilisait le montage parallèle pour raconter une scène dans un lieu unique. Il travaille davantage dans une structure épique que dans une structure dramatique, ce qui veut dire qu'il doit donner une vitesse à la scène, par les signaux qu'il envoie. L'énergie qu'il insuffle en menant de front trois ou quatre récits crée une dynamique qui vous entraîne à la scène suivante. Il le fait à sa manière, en peintre, en méditerranéen, en ironiste distancié, mais comme beaucoup de grands artistes de la vieille génération, il croit que nous ne sommes pas obligés de suivre le type de construction héritée d'Ibsen et des dramaturges du XIXe siècle. J'ai tout appris des néo-réalistes italiens et du réalisme poétique français." 

(New York, 9 novembre 1992, Positif n°383, janvier 1993
- "Passage du cinéma, 4992", fragment 5451, page 501)

Emir Kusturica : Ce que je sais du montage, je l'ai appris chez Fellini. Il travaille davantage dans une structure épique que dans une structure dramatique