Théories binaires du cinéma.  Ou bien... ou bien... 

Jacques Rivette : "Mais c'est vrai que toutes les théories du cinéma qui existent ont tendance soit comme beaucoup des théories anciennes, à privilégier l'espace, c'est-à-dire les valeurs plastiques, et du coup ça a mené à surestimer des films qui n'étaient que des catalogues de belles images, et du coup les gens confondaient Ford et Emilio Fernandez (toute une époque...). Et d'autres qui voulaient privilégier le temps, c'est-à-dire en ce temps-là le montage considéré de la façon la plus mécanique, et Poudovkine devenait l'égal d'Eisenstein... Et maintenant, où la valeur-temps, depuis Leenhardt et Bazin, jouit d'une cote faramineuse, et d'ailleurs justifiée, sur des bases élargies et moins sommaires, le risque est de ne plus voir le cinéma que comme pur et simple déroulement narratif, et donc sous les catégories du romanesque, de l'histoire, de la fiction, toutes choses d'ailleurs justifiées, mais du coup en oubliant que ça concerne toujours des images projetées, des images photographiques reproduisant des lieux, des corps, des gestes, et que ça n'est pas de l'ordre du "récit par les mots"." 

(Jacques Rivette, Le secret et la loi, 6 janvier 1999,
La Lettre du cinéma n°11, automne 1999,
Fragment 5769, page 951 de "Passage du cinéma, 4992")

Ou bien... ou bien... KIERKEGAARD