Ingmar Bergman : "Dès ma plus tendre enfance, j'ai eu envie d'exhiber mes talents. J'éprouvais un vif besoin d'attirer l'attention des grandes personnes sur ces manifestations de ma présence au monde. Je trouvais que les autres ne s'intéressaient jamais assez à moi. Et puis, la réalité ne suffisant plus, j'ai commencé à imaginer, à entretenir ceux de mon âge d'histoires inouïes autour de mes exploits secrets. C'étaient des mensonges gênants qui se brisaient irrémédiablement face au scepticisme réaliste de mon entourage. Je finis donc par me retirer de la communauté et je gardai pour moi mon monde de rêves. C'est ainsi qu'un enfant avide de contacts et obsédé par son imagination se transforma assez rapidement en un rêveur blessé et rusé. Mais un rêveur n'est artiste que dans ses rêves. Il alla de soi que le cinématographe devînt mon moyen d'expression. J'avais soudain une possibilité de correspondre avec le monde autour de moi dans une langue qui se parle littéralement d'âme à âme..." (Ingmar Bergman, Images, Gallimard)

Ingmar Bergman : comment je suis devenu cinéaste

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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