"Meryl Streep. Le cinéma américain ne donnait plus à ses actrices qu'un éventail de rôles assez limité, allant du rigolo-sexy-décoratif à l'édifiant-fonceur-vulnérable. Parce qu'elle a accepté de jouer l' "autre femme", la maîtresse, la traitresse, la pécheresse, et de recréer le risque de la misogynie, Meryl Streep est devenue, sauf erreur, la seule actrice américaine sur laquelle un réalisateur, des spectateurs puissent faire aujourd'hui une projection romanesque, même quand elle joue des rôles contemporains. Avec l'inclassable Gena Rowlands, mais sans doute plus populaire, plus "roman-photo" qu'elle, restera-t-elle la seule à pouvoir endosser des rôles à la carrure quasi-mythologique, et à pouvoir se draper dans des capes noires au bout d'une jetée battue par les vagues, telle une sorte de Lilith ressuscitant l'univers de la tentation?"

(Michel Chion, Portraits pour treize acteurs,
Cahiers du cinéma "MADE IN USA",
numéro spécial 337, juin 1982, page 68)

Meryl Streep | Jouer l' "autre femme", la maîtresse, la traitresse, la pécheresse