Eric Rohmer, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma.

"La conduite de cette rédaction rohmérienne suit certaines règles (...) Rohmer a édicté lui-même la principale (...) : écrit sur un film celui qui l'aime le plus et le défend le mieux. "J'étais pour la critique des beautés (...) explique Rohmer. Je pensais qu'il ne fallait dire que du bien des films. S'il se trouvait quelqu'un pour dire du bien d'un film, je passais son article. Les autres films, qui ne trouvaient pas de défenseurs - et ils étaient nombreux... - étaient traités en une ou deux phrases en fin de numéro."

(Antoine de Baecque et Noël Herpe, ERIC ROHMER, Stock, 2014, Extraits des pages 116-117)

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Jean-Luc Godard :

"On dit que nous ne pouvons plus, maintenant, écrire sur des confrères. Evidemment, il est devenu difficile de prendre un café avec quelqu’un, si, dans l’après-midi, on doit écrire qu’il a fait un film idiot, mais il y a toujours eu aux Cahiers, ce qui nous différencie des autres, le parti pris de critique élogieuse : on parle d’un film, si on l’aime. Si on ne l’aime pas, on se dispense de l’éreinter. Il n’y a qu’à garder ce principe, c’est tout".

(Cahiers du Cinéma n°138 - décembre 1962)

Rohmer, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma : J'étais pour la critique des beautés : ne dire que du bien des films