Stanislas Nordey : personnages féminins, l'éternelle triade de la mère, la putain et la vierge

Stanislas Nordey :

"Je suis très sensible à l'image de la femme véhiculée dans le théâtre. Je trouve que souvent, les metteurs en scène réduisent les personnages féminins à l'éternelle triade de la mère, la putain et la vierge. C'est une très forte tendance. Je m'étais engueulé une fois - amicalement ! - à ce sujet avec Gildas Milin. Je lui avais dit : Je n'en peux plus de voir dans tes spectacles cinq mecs triomphants, des bons copains, avec entre eux de la camaraderie, de l'amitié, alors que les femmes sont des putes, ou des droguées, ou des nanas qui trahissent les mecs ; on se croirait dans Le Clan des Siciliens de Verneuil ! (rires) Je trouve qu'en tant que metteur en scène, on risque assez vite de condamner les actrices à n'incarner qu'une seule posture, qu'une seule femme. Et ce n'est pas facile pour elles d'y échapper. Cet estompement de la différence [sexuelle] que tu notais chez moi, c'est peut-être une forme de réaction par rapport à ce genre de choses. Et c'est peut-être aussi ma dimension biographique à moi : ma mère a été à la fois la mère et le père, c'est une image qui reste."

Contemporaines ? Rôles féminins dans le théâtre d'aujourd'hui,
OutreScène 12, La revue de La Colline, mai 2011,
extrait des pages 48-49 : Stanislas Nordey, L'amour de changer le monde
- Entretien avec Anne-Françoise Benhamou

Stanislas Nordey : personnages féminins, l'éternelle triade de la mère, la putain et la vierge

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL