Vincent Macaigne (2011) : Les femmes font comme les hommes, elles ont la même hargne, elles sont aussi fortes. Pour moi il n'y a pas de différence. Je mets les corps dans le même état

Vincent Macaigne : "Oui, (les femmes) font comme les hommes, elles ont la même hargne. Pour moi il n'y a pas de différence ; et pour les comédiennes, mon aptitude à ne pas voir de différence est sans doute ce qu'il y a de plus dur. Je mets les corps dans le même état. Et je pense que, parfois, on m'en veut."

Leslie Six : "De les traiter d'égal à égal ?"

Vincent Macaigne : "Oui... Pour moi, les femmes sont aussi fortes que les hommes."

Leslie Six : "Le fait que les filles vocifèrent dit-il quelque chose de spécifique sur la femme d'aujourd'hui ?"

Vincent Macaigne : "Non, par contre cela dit quelque chose de la France. Je ne suis pas d'origine française, ma mère est iranienne, elle hurle. Je me dis juste que les Français sont bizarres."

Leslie Six : "Parce qu'ils ne hurlent pas assez ?"

Vincent Macaigne : "Non, parce qu'ils jugent ça étrange. Or, c'est juste une question culturelle, comment tu as grandi... Moi, je n'ai été élevé que par des femmes, qui ont subi beaucoup de choses en Iran. Certaines femmes sont très violentes. Là, je reviens du Chili où j'ai travaillé avec des comédiennes pour qui la question de l'excès de violence sur scène ne se pose pas. Elles sont plus fortes. Ce problème me semble très français, au théâtre comme dans la vie. Je rejoins complètement Dostoïevski quand il parle des Français. La France est le pays qu'il déteste le plus au monde ! Et les femmes qu'il déteste le plus sont les Parisiennes. Tchekhov, c'est pareil. 80% des metteurs en scène se réclament de ces auteurs mais ces auteurs les haïssent. Si Dostoïevski était en face d'eux, il ferait une crise d'épilepsie. Le vrai problème est donc plutôt ce grand mensonge et cette récupération bien-pensante qui tend à vider les grands auteurs de leur fureur. Car ils sont furieux, et il y a une vocifération au centre même de leurs textes. Et la situation de la femme n'y est pas plus étrange qu'une autre. Ce qui est étrange, c'est cette vision petite-bourgeoise et bien-pensante."

(extrait de Pudeur et Vocifération, entretien Vincent Macaigne / Leslie Six, Paris, mars-avril 2011,
OutreScène12, La revue de La Colline, mai 2011,
Contemporaines ? Rôles féminins dans le théâtre d'aujourd'hui, page 62)

Vincent Macaigne (2011) : Les femmes font comme les hommes, elles ont la même hargne. Pour moi il n'y a pas de différence. Je mets les corps dans le même état

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL