Louis Jouvet :

"Ce monde n'est pas le seul.

L'inconscient est notre être véritable, le conscient n'est qu'illusion, ce que nous croyons être n'est pas, ce n'est qu'une succession de contingences, des sensations superficielles (...) ; ce que nous croyons être n'est qu'une carapace (...).

"Moi n'est jamais que provisoire. Moi se fait de tout. On n'est peut-être pas fait pour un seul moi, dit Henri Michaux, et on a tort de s'y tenir (C'est la justification de notre métier, de notre goût, je ne dis pas vocation). On veut trop être quelqu'un. Il n'est pas un moi, il n'est pas dix moi, il n'est pas de moi. Moi n'est qu'une position d'équilibre."

Sartre : Je ne puis me connaître que par l'intermédiaire d'autrui (le personnage).

Le moi n'est pas tout d'une pièce, il ne se réalise pas sur un seul plan. Il a une nature étagée, dédoublée, partagée entre plusieurs ordres de réalité ; nous n'obtiendrons jamais que des révélations fragmentaires. (...)

Il y a des solutions de continuité, des interférences, des conflits entre ces personnages.

La conscience se partage en plusieurs compartiments, il y a nous et nous-mêmes (...).

Il y a de ce fait au fond de nous le sentiment d'un secret, démarcation entre ces deux vies."

Louis Jouvet,
Intimité,
Le comédien désincarné,
Flammarion, extraits de la page 225

Louis Jouvet : Ce monde n'est pas le seul. On veut trop être quelqu'un. On n'est peut-être pas fait pour un seul moi

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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