ALAIN RESNAIS : Une des grilles qui m’intéressent dans le film, c’est celle des univers parallèles. Il est fort possible que tous les personnages aient raison

Alain Resnais, à propos de son film, L'Année dernière à Marienbad (1961) :

"Quand je vois un film, plus qu’aux personnages, je m'intéresse au jeu des sentiments. Je pense qu’on peut arriver à un cinéma sans personnages psychologiquement définis, où le jeu des sentiments circulerait comme, dans une toile contemporaine, le jeu des formes arrive à être plus fort que l’anecdote."

"Une des grilles qui m’intéressent dans le film, c’est celle des univers parallèles. Il est fort possible que tous les personnages aient raison. Nous voulions mettre en jeu un autre mécanisme que celui du spectacle traditionnel, une espèce de contemplation, de méditation, d’allées et venues autour d’un sujet. Nous voulions nous trouver un peu comme devant une sculpture qu’on regarde sous tel angle, puis sous tel autre, dont on s’éloigne, dont on se rapproche."

"Pour moi, le film est une enquête sur différents points, comme de savoir ce qui est une impasse et ce qui est au contraire un chemin. Il est certain qu’il doit y avoir dans le film les deux à la fois."

"C’est un film sur les plus ou moins grands degrés de réalité. Il y a des moments où la réalité est parfaitement inventée, ou intérieure, comme lorsque l’image correspond à la conversation. Le monologue intérieur n’est jamais dans la bande sonore, il est presque toujours dans l’image, qui, même lorsqu’elle représente le passé, correspond toujours au présent dans la tête du personnage. Ce qui est présenté comme présent ou passé est donc purement une chose qui se déroule pendant que le personnage parle. Par exemple, je discutais l’autre jour avec une fille qui revenait de l’Inde, et je l’ai vue tout à coup devant le temple d’Angkor avec une robe bleue, alors qu’elle n’était jamais allée à Angkor et que la robe bleue était simplement celle que je lui voyais porter."

ALAIN RESNAIS,
entretien avec André S. Labarthe et Jacques Rivette,
CAHIERS DU CINEMA N°123, septembre 1961

En couverture du numéro : Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais, film sorti en 1961

Delphine Seyrig : A, la femme
Giorgio Albertazzi : X, l'homme

 

 

"Qui a raison ? Qui ment ?"
 

Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais
CAHIERS DU CINEMA N°123, septembre 1961 En couverture du numéro : Delphine Seyrig dans L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD d'Alain Resnais

 

 

 

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