Milos Forman, la fomation du cinéaste :

"Aussi important, sinon plus, que d'enseigner la technique ou autre chose - est d'inspirer et de provoquer la réflexion et l'imagination personnelle. Lorsque j'étais étudiant à Prague, trois professeurs m'ont beaucoup marqué, et un seul enseignait quelque chose de concret en rapport avec le cinéma. Les deux autres faisaient des cours d'art et de littérature. Ce sont eux qui ont stimulé en moi le désir d'être meilleur que Balzac, qu'Einstein, qu'Einsenstein ! Etudier dans une école de cinéma retarde le moment où l'on devra porter le poids de la responsabilité professionnelle et ça, c'est capital : si vous la subissez trop jeune, cela vous brouille les idées plutôt que de vous les clarifier. Pour parler de ma propre expérience, je n'ai pas eu d'idées précises sur le cinéma avant vingt-huit, vingt-neuf ans. Si vous êtes jeté dans l'industrie très jeune, et que vous ayez des obligations envers la compagnie, envers le réalisateur, si vous devez sans cesse deviner ce que pensent les autres pour répondre à leurs besoins, vous n'avez plus le temps de savoir qui vous êtes, ce que vous pensez, ce qu'est votre imaginaire. De ce point de vue, il est très sain pour l'esprit d'être étudiant car on est alors seulement responsable de soi-même."

(New York, 17 avril 1979, Positif n°220-221

-- Fragment 3618 page 348  de "Passage du cinéma 4992")

Photo :

HAIR, Miloš Forman, 1979

Photo :  HAIR, Miloš Forman, 1979