Sophie Marceau chez Antonioni : une jeune femme à bout de souffle qui voit soudain la mort revenir au galop et qui essaye de la détourner, de lui parler, de l’adoucir.

"« Je crois au bonheur, mais je ne le crois pas durable », déclarait Antonioni en 1959. Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des fragments d’amour." (Télérama)

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Sophie Marceau : "Je crois que les metteurs en scène qui vous aident le plus sont ceux qui provoquent chez vous non pas une réflexion mais un état. Antonioni, qui n’avait pas tourné depuis plus de dix ans, était lui même dans un état d’urgence, accentué par sa difficulté à communiquer. Sa fièvre intérieure, il nous la transmettait. Il me plaçait en état de malaise, d’énervement... parce qu’il voulait mon personnage ainsi: une jeune femme à bout de souffle qui voit soudain la mort revenir au galop et qui essaye de la détourner, de lui parler, de l’adoucir. Je me suis posé la question sur le tournage: ces préoccupations sont-elles vraiment celles d’une jeune femme de 20 ou 30 ans? Non, mais ce sont sans doute celles d’Antonioni. Alors, pour respecter son monde, je me suis laissée aller. Pour lui, j’ai fait un effort sur moi-même. Habituellement, de façon très égoïste, je pense que me rendre service, c’est rendre service aux autres. Là, je me suis mise entre parenthèses et j’ai pensé avant toute chose à Antonioni."

(Propos recueillis par Philippe Piazzo)

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"Toujours, les femmes partent, s'échappent, renoncent. Roland Barthes parlait de la fragilité des films d'Antonioni. Dans son [presque] dernier film, cette fragilité s'est teintée d'ironie douloureuse. Et de sensualité jusque dans le renoncement." (Télérama)

Le presque dernier film d'Antonioni, après son attaque cérébrale, secondé par Wim Wenders :

Par-delà les nuages (Al di là delle nuvole), 1995
John Malkovich : Le directeur
Sophie Marceau : La fille

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Michelangelo Antonioni : "Je regarde la jeune fille appuyée au comptoir. Elle ne sait pas que je suis ici pour elle. Elle ne sait même pas que je suis ici, si l'on peut dire. Un imperméable fatigué qui entre dans une boutique est avant tout un imperméable. La jeune fille n'imagine pas un seul instant qu'une mystérieuse circonstance puisse la jeter dehors dans la circulation insolite et bruyante. J'essaie d'imaginer si le visage est photogénique. Il n'y a pas de règles pour cela. En général un grand front, des yeux écartés, un petit nez, un menton régulier donnent de bons résultats. Mais l'histoire des stars de cinéma est si pleine d'exceptions qu'on éprouve des doutes sur cette règle. Mentalement, j'essaie de la doubler en adaptant au mouvement de ses lèvres une phrase de scénario pendant qu'elle donne un coup de téléphone : - J'ai vingt-quatre ans et derrière moi il y a un rideau vert. Que veux-tu savoir d'autre ?"

(Antonioni, La jeune fille et le crimeRien que des mensonges, JC Lattès)

Sophie Marceau - John Malkovich : La fille - Par-delà les nuages (Beyond the clouds, Al di là delle nuvole) - Michelangelo Antonioni - Wim Wenders - Film 1995

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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