"Parmi les trois étendues, il faut compter le temps, l'espace, et le silence" - JOUBERT

"Pathétique destin que celui de Welles. En 1940, il est au faîte de la gloire. Avant même d'avoir donné le premier tour de manivelle de son premier film, il est sacré demi-dieu, intronisé dans un royaume où il peut exercer une puissance réelle. Deux ans plus tard, c’est fini : cette gloire et cette puissance n'ont pas répondu à l'attente d'un public avide de prodiges. Hollywood attendait, de la part de ce grand sorcier, qu'il rééditât son exploit radiophonique. Or, ce sorcier n'est pas un faiseur. Le cirque n'est pas son affaire. A-t-il trompé ses commanditaires ? Il se peut, mais comment faire autrement ? En tout cas, voici Welles dépossédé de sa puissance. La chance a tourné, la méfiance la remplace. Bien entendu, il continue à faire des films. D'ailleurs il est sous contrat. Mais le paradoxe s'installe: cet homme public est un créateur secret, cet homme fêté est un solitaire. Nous touchons déjà ici au centre même du problème de l'art. L'exil, la solitude, le silence — nous le savons depuis Rimbaud — sont le lot habituel de l'artiste moderne. Et comment le cinéma, sans doute l'art des plus grandes contraintes, échapperait-il à la règle ?" 

(André-S. Labarthe, texte extrait des Cahiers du Cinéma, n°117, mars 1961, "My name is Orson Welles") 

My name is Orson Welles | Hollywood attendait, de la part de ce grand sorcier, qu'il rééditât son exploit radiophonique. Or, ce sorcier n'est pas un faiseur. Le cirque n'est pas son affaire

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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